Auteur : Moussa Diop
Dans un contexte du secteur des télécommunications marqué par l’exacerbation de la concurrence et l’octroi prochain de la 3 ème licence GSM, Méditélécom, le second opérateur des télécoms au Maroc, affine sa stratégie de développement en se concoctant un plan de développement ambitieux pour la période 2008-2010. D’une enveloppe globale de 4,28 milliards de dirhams, ce programme triennal d’investissement vise à atteindre quelques objectifs majeurs dont le développement et le renforcement du réseau 2 G à travers le renforcement de la capacité dans les villes, l’extension de la couverture aux zones touristiques, routes et régions rurales, l’amélioration de la qualité du réseau, l’extension de la 3 G en zone urbaine, le renforcement du backbone avec un dimensionnement pour la demande croissance du trafic international et du transit international visant l’augmentation et la sécurisation des liaisons internationales en fibres optiques, l’extension du réseau commercial, etc. De cette enveloppe d’investissement, Méditélécom autofinancera 3,28 milliards de dirhams et contracte un prêt d’un montant d’un milliard de dirhams auprès d’un consortium bancaire conduit par BMCE Bank et qui comprend les principales banques de la place: Attijariwafa bank, BCP, Crédit Agricole du Maroc, BMCI, SGMB et Crédit du Maroc. En marge du closing du financement de cette opération, M. Othman Benjelloun, Président du Groupe BMCE Bank, a souligné qu’«en tant que banquiers, nous nous engageons, en effet, auprès de Méditélcom, aux termes de cette convention de prêt consortialisé d’un milliard de dirhams, dans ses projets de modernisation des infrastructures technologiques, de dissémination de son réseau, de conquêtes de nouvelles clientèles, de diversification de ses produits et ce, au bénéfice ultime du client et du citoyen marocain», avant d’ajouter que «j’ai l’intime conviction qu’au-delà des contraintes prudentielles qui conduisent à se mettre «autour de la table» pour structurer un tel financement, l’avenir du cœur de notre métier de financement de projets est dans la mutualisation des expertises et expériences, dans celle des connaissances et des savoir-faire, dans le respect de la stratégie de chaque institution”.
20,4 milliards investis C’est comme cela que les montages financiers les plus judicieux ou les plus sophistiqués pourront être trouvés et échafaudés en faveur d’une clientèle souvent commune». Pour le Président du Groupe BMCE Bank, «les besoins d’investissement et de leur financement sont tels au Maroc que la véritable concurrence se trouvera moins parmi nous, banques, qu’à l’extérieur de nos frontières, avec d’autres intervenants et bénéficiaires d’autres régions et Continents, pour attirer des investissements générateurs d’emplois, créateurs de richesses et facteurs de développement et de stabilité sociale». Enfin, rappelons qu’à la veille du lancement de ce programme, l’infrastructure de Méditélécom, riche, entre autres, de 2 337 stations BTS 2 G et 381 stations BTS 3 G, assurait un taux de couverture évalué à 96,3 % de la population. Son réseau commercial dynamique fort de 7 472 points de vente et 3 528 points de publiphones a contribué fortement aux bons résultats de l’opérateur dont le chiffre d’affaires est passé de 822 MDH en 2000 à 4 979 MDH en 2007 pour un parc de 6,665 millions clients contre 0,515 millions en 2000. Ces performances sont également le fruit d’une politique d’investissement dynamique et d’innovations en termes d’offres de biens et services. Pour rappel, les investissements cumulés durant la période 2000-2007 s’élèvent à 20,40 milliards de dirhams. Avec ce nouveau plan d’investissement, Méditélécom, dont le ratio dette/Ebitda s’est fortement amélioré au cours de ces dernières années (10 % en 2003 contre 3 % à fin 2007), pourra faire face à l’intensification de la concurrence, aux mutations du marché mondial au niveau des nouvelles technologies, à la hausse de son portefeuille clients et au développement de nouvelles niches.
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