Auteur : MD
Rare sont ceux qui pronostiquaient sur un excédent budgétaire 12,1 milliards de dirhams au premier trimestre 2008. Il faut dire que tout le monde avait les yeux rivés sur la flambée des prix du baril de pétrole, qui bat quotidiennement ses records, et la hausse des cours des produits alimentaires, et par ricochet sur la facture que supportera la Caisse de Compensation qui devient de plus en plus un goulot d’étranglement pour l’Etat. Et la surprise, s’il en est, est venu des recettes fiscales qui ont fortement progressé durant le premier trimestre 2008, par rapport à la même période de l’année précédente, comme l’atteste les données de Bank Al-Maghrib. Les recettes ordinaires ont ainsi augmenté de 30,3 % (en glissement annuel) à 59,1 milliards de dirhams, tirées exclusivement par l’amélioration des recettes fiscales qui se sont établies à 57,1 milliards de dirhams. L’IS (impôt sur les sociétés), l’IR (impôt sur les revenus) et la TVA ont tous concourus à cette performance avec des hausses respectifs de 85,3 %, 29,9 % et 22,8 %. Parallèlement, les dépenses courantes ont augmenté de 20,7 % à 40,3 milliards de dirhams. Outre la hausse des charges de fonctionnement de 13,4 % à 28,2 milliards de dirhams, on notera la forte progression du poids de la compensation avec une facture qui est passée de 2,4 milliards de dirhams au premier trimestre 2007 à 6,6 milliards à fin mars 2008, soit une évolution de 175 %. Partant, les performances réalisées au niveau des recettes ont permis de dégager un excèdent du solde primaire de 24,3 milliards de dirhams. En tenant compte des investissements de 10,6 milliards de dirhams et du solde positif des comptes spéciaux du Trésor de près de 4 milliards de dirhams, le budget général affiche un excédent de 12,1 milliards de dirhams. Reste qu’il faut être très prudent pour le second trimestre. Plusieurs ingrédients risquent de faire pencher la balance dans l’autre sens. Pour beaucoup, la question est surtout de savoir si le déficit dépassera ou non les prévisions établies. En effet, la flambée des cours du pétrole et des produits agricoles risque d’alourdir considérablement les charges de compensation, et partant les dépenses budgétaires. Et pour cause, alors que le baril du brent tournait autour de 65 dollars au second trimestre 2007, il dépasse aujourd’hui la barre des 133 dollars. Sachant que la loi de Finance 2008 avait retenu comme hypothèse un baril de pétrole à 75 dollars, il est clair que la facture sera très salée et ce d’autant que le blé aussi poursuit sa flambée. Ce faisant, certains observateurs avancent que la facture de la Caisse de Compensation risque de dépasser la barre des 40 milliards de dirhams au titre de l’année en cours, alors que seulement 20 milliards ont été budgétisés. Reste à savoir si les recettes fiscales continueront à tenir la dragée haute à l’évolution des dépenses. Ce n’est pas sûr au moment où les enquêtes font ressortir un léger ralentissement de l’activité économique et de la consommation.
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