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Liban : Le Hezbollah maîtrise sa victoire

Auteur : AP

Le Liban a enfin un Président, le général Michel Sleimane qui était à la fois le commandant en chef de l'armée et le candidat "acceptable" par toutes les parties. Mais l'homme fort du pays est plus que jamais Hassan Nasrallah, chef du tout puissant Hezbollah. Comme prévu le compromis de Doha, conclu au Qatar entre la majorité pro-occidentale soutenue par l'Arabie Saoudite et l'opposition appuyée par l'Iran et la Syrie, s'est fait à l'avantage de cette dernière. Il ne pouvait en être autrement car cet accord tient compte de la pression militaire exercée par la milice du « Parti de Dieu » qui avait balayé les partisans sunnites du gouvernement à Beyrouth Ouest. L'opposition dispose désormais d'une minorité de blocage qui peut lui permettre de paralyser l'action gouvernementale. En revanche Fouad Siniora, qui a symbolisé la résistance au Hezbollah et à la main-mise syrienne, a été à nouveau investi par la majorité pour le poste de Premier ministre.
Une fois encore Hassan Nasrallah a fait preuve de réalisme politique en maîtrisant sa victoire. " Les armes de la résistance, a-t-il promis, servent à combattre l'ennemi, à libérer les terres et les prisonniers, à défendre le Liban et rien d'autre", faisant référence à la résistance du Hezbollah contre Israël qui s'était retiré du Liban Sud après une longue occupation et à la dernière confrontation en 2006 avec l'État Hébreu. Mais le chef chiite a également mis en garde tous ses adversaires martelant qu’il ne désarmera pas. Inutile de préciser que le système militaire de communication du Hezbollah, véritable état dans l’état, qui avait mis le feu aux poudres ne sera pas démantelé. Sa redoutable puissance militaire, autrement plus sérieuse que celle d'une armée gouvernementale impuissante et minée par ses clivages confessionnels, reste l'atout maître d'Hassan Nazrallah . Ce dernier a affirmé ne pas vouloir le pouvoir au Liban "pays multiple et varié" où les Druzes et les Chrétiens très divisés ont également leur mot à dire. Indiscutablement le chef politique du « Parti de Dieu » maîtrise sa victoire et sa position incontournable le satisfait ainsi que ses alliés. Pour l'heure, il n'entend pas aller plus loin alors que l'Arabie Saoudite et l'Égypte, traditionnels protecteurs des sunnites, sont inquiets de l'influence grandissante au sein des opinions publiques des pays arabes du Hezbollah, d'obédience chiite. Un peu partout dans le pays des tirs de joie ont salué le discours de Nazrallah, montrant une fois encore, où se situe le rapport de force. L’avenir dira combien de temps ce compromis va résister aux forces centrifuges qui s’exercent sur le Pays du Cèdre.   


 

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