Auteur : Afifa Dassouli
On peut faire, à plus d’un titre, une distinction entre les introductions en bourse de 2006 et 2007 et celles à venir. D’abord, les conditions des OPV précédentes étaient très larges et facilitaient la spéculation sur le marché boursier. Ainsi, les souscripteurs pouvaient utiliser l’effet de levier et donc souscrivaient au-delà de leurs moyens, ce qui les poussait à vouloir un gain immédiat pour rembourser rapidement les éventuels crédits obtenus pour ces acquisitions d’actions en bourse. De plus, ils pouvaient multiplier leurs demandes elles-mêmes en utilisant des cartes nationales récupérées auprès de personnes ne pouvant pas souscrire en obtenant des procurations si bien que les OPV devenaient des occasions de jouer à maximiser l’attribution et une plus-value rapide, ce qui est la définition même de la spéculation. Malheureusement, les introductions en bourse étaient attendues par les porteurs personnes physiques plus que par les institutionnels investisseurs classiques à la recherche d’opportunités. Et, plus grave encore, le marché était entre les mains de ces derniers qui multipliaient les opérations de va-et-vient sur les valeurs nouvellement introduites pour en tirer le maximum d’argent. Une telle situation ne pouvait heureusement pas durer. Le CDVM, autorité de marché soucieux de sa régulation, a travaillé dans le sens de la suppression de l’effet de levier en particulier pour les petits porteurs, les obligeant à souscrire à hauteur de leurs moyens et proscrivant l’utilisation des procurations pour les cartes nationales. Conséquence, la première OPV, celle de Delattre Levivier Maroc, n’a été sursouscrite que 6,4 fois contre plus de 40 fois en moyenne pour les précédentes de 2007. Et le taux de satisfaction est de plus de 13,2 %, ce qui n’a pas été réalisé sur aucune des OPV de 2007. L’autre point nouveau et d’importance, c’est la part de l’OPV accordée à la catégorie des institutionnels qui atteint les 60% dans le cas de Delta Holding alors qu’elle avoisinait les 50% pour Delattre. Les émetteurs le font non seulement pour assurer le placement de l’offre, mais aussi pour s’assurer de l’accompagnement des institutionnels, les invitant même à siéger dans leurs conseils pour les assister de leurs expérience et recommendations, comme le souhaite Hadj Fahim, Président de Delta Holding, dans l’interview que nous publions en page suivante.
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