Beaucoup d'analystes s'attendaient à un recours plus significatif des entreprises au marché de la dette privée pour faire face à leurs besoins de financement. Seulement, la réalité était autre. Et pour cause, "le contexte du marché n'a pas été des plus favorables aux émetteurs de dette privée durant les trois premiers mois de l'année (2003)", soulignent les analystes de BMCE Capital Émissions. Il faut reconnaître que celui-ci a connu une certaine évolution depuis que Bank Al-Maghrib a révisé le taux de sa réserve monétaire et celui des taux directeurs à la baisse, fin décembre 2002. La nouvelle donne avait permis d'assécher le marché et d'inverser l'évolution des taux obligataires, notamment au niveau du court terme. Ainsi, lors des trois premiers mois de l'année en cours, les maturités 13 semaines, 26 semaines et 52 semaines ont gagné respectivement 110 pbs, 121 pbs et 153 pbs. Notons toutefois que cette tendance haussière a commencé à s'inverser à partir du mois d'avril. La privatisation de la Régie des Tabacs a accéléré le mouvement baissier des taux court terme.
Quant aux taux moyens et longs termes, ils ont été relativement stables tout au long du premier semestre 2003. La hausse des taux, notamment en début d'année combinée à l'assèchement du marché a diminué l'attrait du marché pour les émetteurs.
C'est dans ce contexte qu'a évolué le marché de la dette privée dont les émissions des différents compartiments ont atteint plus de 5 650 MDH.
Pour les Billets de Trésorerie (BT), "l'amorce de la tendance haussière en avril a donné un nouvel élan au compartiment de la dette privée", font remarquer les analystes de BMCE Capital Émissions. Durant le premier semestre, les émissions ont atteint 490 MDH. Cet instrument de financement est de plus en plus sollicité par des sociétés non financières. Parmi les sociétés qui s'adonnent le plus à cet instrument de financement, il y a Charaf Corporation qui a levé depuis le début de l'année 40 MDH sur ce compartiment portant le montant cumulé de ses levées depuis le lancement de son programme de billets de trésorerie à 146,5 MDH. Outre Charaf Corporation, Maghreb Steel, ONA S.A et Promopharm ont eu recours aux émissions de BT en levant respectivement 200MDH, 220 MDH et 22MDH.
3 650 MDH d'émissions obligataires
D'autres émissions similaires sont attendues d'ici la fin de l'année en cours.
Concernant les Bons de Sociétés de Financement (BSF), les émissions cumulées depuis le début de l'année ont atteint environ 1 500 MDH, majoritairement effectuées à taux fixe. L'encours des BSF s'est établi à la fin du semestre à 6,7 milliards de dirhams. Wafa Salaf, Eqdom et BMCI Leasing détiennent à elles seules 47,12 % de l'encours des BSF par émetteur. On retrouve à peu près la même concentration du côté des souscripteurs où les établissements de crédit et la Caisse de dépôts et de gestion détiennent 40,47 % de l'encours. Pour ce qui est des Certificats de Dépôts, l'encours s'est établi à 3 097,45 MDH.
Enfin, concernant les Émissions Obligataires émises au premier semestre 2003, elles ont atteint 3 650 MDH. Un niveau appréciable quant on sait que durant toute l'année 2002, ces émissions avaient juste atteint 3 780 MDH. Les émissions les plus importantes de ce compartiment ont été le fait de ONCF et du CIH qui ont levé respectivement 2 400 MDH et 600 MDH. Ces émissions ont bénéficié des spreads de 25 % avec toutefois une garantie de l'État.
Enfin, notons que durant la même période, la présence du Trésor a été prépondérante sur le marché de la dette. Il y a levé 43,5 milliards de dirhams, dont 13,71 milliards ont porté sur les bons du Trésor à 52 semaines. Ces levées lui ont permis de faire face à ses importants besoins de financement et à un programme d'investissement en attente. L'encaissement du chèque issu de la privatisation de la Régie des Tabacs d'un montant de 14 milliards de dirhams laisse présager un moindre recours du Trésor au marché des adjudications pour le trimestre en cours.
MD