Du Rapport annuel de Bank Al-Maghrib, il ressort que l'économie nationale a enregistré une croissance modérée. Le PIB en prix constant n'a progressé que de 3,2 % en 2002, contre 6,3 % une année auparavant. Un niveau très faible pour permettre au Royaume de faire face aux importants déficits sociaux et à la résorption du chômage. Cette faible progression du PIB est la conséquence d'une conjugaison de facteurs défavorables aussi bien au niveau national (faiblesse de la pluviométrie, l'attentisme des investisseurs locaux, etc) qu'international (fortes tensions géopolitiques, instabilité des marchés des capitaux et des changes, faible croissance de la zone euro, etc).
Pour ce qui est de la maîtrise des équilibres fondamentaux, on note qu'au niveau des finances publiques, la progression du déficit budgétaire 2002 qui a dépassé le seuil de 3 % du PIB fixé initialement, pour s'établir à 4,3 %. La hausse des recettes fiscales combinée à une moindre réalisation des dépenses de fonctionnement et de l'allégement des charges de la compensation et des intérêts ont permis de contenir le déficit à un niveau jugé acceptable. Face à ce déficit, le Trésor a recouru essentiellement au marché des adjudications, dans un contexte favorable d'abondance de liquidités et de détente des taux.
Pour ce qui est des échanges avec l'extérieur, l'année 2002 a été marquée par une progression des exportations de l'ordre de 7,4 %, niveau largement supérieur à celui des importations. Cela a permis de réduire le déficit commercial, améliorant par la même occasion le taux de couverture des importations par les exportations, lequel a atteint 66,5 %. La progression des recettes touristiques et des transferts des Marocains résidant à l'étranger a eu un impact positif sur la balance des paiements qui a dégagé un excédent atteignant 4,1 % du PIB.
Fragilités
Concernant les agrégats monétaires, l'évolution a été dans l'ensemble conforme aux prévisions. L'agrégat M1 a connu une hausse de 9 %, supérieure à la norme arrêtée au début de l'année 2002, soit 6,5 % - 7,5 %. Cette forte progression de l'agrégat M1 est toutefois à relativiser du fait qu'elle est plus le résultat des arbitrages effectués entre les différents actifs financiers plutôt que de l'évolution des sources de création monétaire. Quant à l'agrégat M3, qui représente la masse monétaire au sens large, il a progressé de 6,4 %, contre 14,1 % en 2001. Cette faible progression a contribué à la maîtrise de l'inflation qui reste l'objectif prioritaire de la politique monétaire. L'inflation s'est établie à 2,8 % en 2002, contre 0,6% en 2001.
En gros, le bilan économique et financier du pays montre une consolidation des acquis en matière de stabilisation macro-économique, condition sine-qua-none pour assurer une croissance durable créatrice d'emplois. Seulement, comme il est souligné au sein du Rapport, "l'économie nationale demeure confrontée à des fragilités liées principalement à la dépendance des finances publiques à l'égard de recettes non récurrentes ainsi qu'au poids des dépenses courantes, notamment celles du personnel et de la dette, aux difficultés financières que connaissent certaines composantes du secteur financier, au faible développement de l'épargne longue et à la lenteur tant du processus d'assouplissement des conditions de financement des petites et moyennes entreprises que de la mise à niveau du tissu productif". Ainsi, le Rapport souligne la nécessite à ce que les pouvoirs publics et les entreprises mettent un accent particulier sur l'accélération de la mise à niveau et ce en vue d'améliorer la transparence financière et l'attractivité des mécanismes prévus pour accompagner la modernisation du tissu productif.
MK