Auteur : Fahd Yata
Soudée, pugnace, motivée et crédible, telle est apparue à la presse nationale l’équipe managériale de RISMA, emmenée par MM. Marc Thépot et Jean-Luc Motot lors de la présentation des résultats 2007 du fonds d’investissements touristiques et hôteliers au sein duquel le Groupe Accor joue un rôle important, de concert avec plusieurs grands institutionnels nationaux. Sous les regards attentifs de Mme Souad Benbachir, également membre du Directoire et par ailleurs l’une des chevilles ouvrières de CFG Group, les représentants de Risma, cotée à la Bourse de Casablanca, ont ainsi décliné les performances financières du fonds au titre de l’exercice 2007, ses résultats agrégés aux normes IFRS, mais aussi les projets de développement et d’investissement pour les mois et années à venir. Évoluant dans un contexte national porteur et favorable, Risma a donc réalisé des performances très appréciables confirmant ainsi sa position de premier opérateur hôtelier du Royaume avec une part de marché de 7,2% et 1.219.614 nuitées à son actif l’an passé. D’ailleurs, son chiffre d’affaires a augmenté de 25 % par apport à 2006 pour s’établir à 938 Mdh, alors que la marge de son GOP s’est établie à 39,4%, réalisant une hausse de quatre points par rapport à l’exercice précédent. Une performance honorable est également constatée au niveau du RNPG qui s’établit à 48 Mdh, enregistrant une progression de 13% en comparaison avec 2006. Ces résultats s’inscrivent dans le contexte de l’embellie prolongée de l’industrie touristique marocaine, laquelle a été caractérisée en 2007 par une hausse du trafic aérien international de 19 %, un volume de 59 milliards de dirhams en recettes de voyage (+11% vs 2006) pour l’économie nationale, une progression des nuitées de 3 % et la présence de 7,4 millions de touristes, soit 13 % de plus que durant l’année 2006. Risma bénéficie de la forte croissance qui a caractérisé l’enseigne « reine » du groupe Accor, Sofitel, qui réalise dans notre pays des avancées qui ont conforté l’assise et les résultats financiers du fonds. Présente à Agadir, Marrakech, Essaouira, Fès et Rabat, Sofitel est désormais positionnée en haut de gamme luxe, avec la stratégie « upper-scale », qui lui garantit des recettes plus élevées. C’est ainsi que cette « brand » (pour reprendre le discours passablement teinté d’anglicismes des managers de Risma…), a connu un chiffre d’affaires en hausse de 27 %, marqué notamment par l’augmentation du prix moyen par chambre, PMC, de 21 % (à 1441 DH TTC) et des nuitées de 10 % (420 717). C’est le Sofitel Marrakech qui réalise la plus forte progression du chiffre d’affaires (+10%) suivi de celui de Fès et talonné par Agadir. Pour l’avenir proche, l’enseigne, selon les managers, devrait profiter d’un repositionnement du Sofitel Diwan Rabat qui sera attribué à une autre marque du groupe Accor, et de l’ouverture le 1er janvier 2009, sous la responsabilité managériale du groupe, de l’ ex-Hilton de Rabat, après de profonds réaménagements. Risma prévoit également la mise en chantier du Sofitel de Casablanca au cœur de ce City Center aujourd’hui déjà occupé par un superbe Novotel et un Ibis aux performances des plus satisfaisantes.
Altius, fortius Ibis, la marque fétiche d’Accor dans le segment « économique », tend désormais à concurrencer sérieusement sa « grande sœur » Sofitel, grâce à une implantation réussie dans diverses agglomérations du Royaume. Cette stratégie est développée dans l’objectif de profiter de la croissance de l’économie nationale pour accentuer son maillage territorial en développant l’enseigne au nom d’oiseau dans les zones les plus dynamiques. C’est ainsi qu’en 2007 le parc est passé de onze à quatorze unités, traduisant une hausse du chiffre d’affaires de 35,2%, mais aussi marquant la mise en service des Ibis City Center et Sidi Maarouf à Casablanca et de celui de Marrakech Palmeraie. Les nuitées ont augmenté de 29 % durant cet exercice et les managers d’Accor-Risma, qui excipent d’un taux d’occupation flirtant avec les 70%, se plaisent à souligner le caractère essentiellement national de la clientèle. Ce succès encourage donc les décideurs de Risma à programmer l’ouverture de plusieurs nouvelles unités dans les mois et années à venir et notamment à Tanger, Essaouira, etc. Pour le moyen de gamme, le fonds dévolu à l’investissement touristique a choisi la solution courageuse d’un repositionnement stratégique, sans doute lourd en investissements, mais porteur à moyen terme. C’est ainsi que les enseignes Mercure et Novotel (une seule unité pour cette dernière jusqu’à présent), vont bénéficier de toute l’attention du Groupe, afin de bénéficier d’un développement qui s’inscrit dans la logique d’un marché en plein essor caractérisé par l’absence réelle d’hôtels de qualité à mi-chemin entre l’économique et le luxe. La marque Coralia, jusque-là dévolue au tourisme « cheap » par tour-opérateurs interposés, se positionnera désormais dans la résidence club de qualité, pour familles locales et étrangères aisées, soucieuses de loisirs et de détente à des prix supérieurs à ceux pratiqués auparavant et qui, comme a pu le noter avec pertinence M. Marc Thépot, passent de plus en plus par la réservation directe. Un phénomène d’ailleurs, qui se développe sensiblement pour toutes les unités de Risma et qui a permis de relativiser très fortement la décrue constatée à Marrakech et Agadir au niveau des arrivées de touristes « emmenés » par les TO hexagonaux. Enfin, pour le projet de station touristique Mogador, proche d’Essaouira et réalisé par la SAEMOG (chère à M. Amyn Alami…), même si le bilan d’étape fera l’objet d’une communication ad hoc par son management, les actionnaires de RISMA s’estiment tout à fait satisfaits de son évolution actuelle et des perspectives qu’offrira, dixit M. Motot, « l’une des plus belles réalisations touristiques du pays ». Ce qui signifie, en langage plus clair, que les investisseurs nationaux et étrangers qui composent le tour de table de Risma ne regrettent pas d’avoir souscrit à l’augmentation de capital de la SAEMOG en 2007 !
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