Auteur : Afifa Dassouli
C’est avec une réelle fierté et une satisfaction visible que M. Othman Benjelloun, Président du groupe BMCE Bank, a ouvert la conférence dédié à la presse (nationale et internationale) et aux analystes financiers mercredi 19 mars au siège de la banque. Et pour cause, le Président Benjelloun avait plusieurs bonnes nouvelles à annoncer, notamment et en premier, le renforcement du partenariat avec le groupe français Crédit Mutuel-CIC. En effet, ce partenariat se manifeste désormais sous deux formes, le renforcement de la participation de CM-CIC au capital de BMCE Bank qui passe de 10 à 15% et la création d’une joint venture avec la banque française à travers la création d’Eurafric Information dans le domaine de la technologie de la bancassurance. Cette joint venture est donc l’expression d’une association entre BMCE et RMA Watanya d’une part, et le CM-CIC et ses assurances (ACM ), d’autre part . Ce partenariat vise à capitaliser sur l’expérience du groupe français dans ce domaine. Il faut savoir que le système d’information du CIC est un exemple en France et en Europe. C’est aussi le fer de lance du groupe français et il n’est pas incident de noter que le président du Groupe, M. François Lucas était, avant de devenir un grand banquier, un excellent informaticien.. Le CIC est donc numéro un en France en matière de bancassurance vie et numéro quatre en Europe. C’est Euro Information, sa filiale spécialisée dans les systèmes d’informations qui interviendra dans la mise en place du nouveau système au Maroc, mais c’est à partir du siège casablancais d’Eurafric Information que ce même système sera exporté en Afrique où la BMCE Bank jouit d’une implantation conséquente à travers plusieurs filiales. C’est ainsi que le rapprochement entre les deux banques continue à se concrétiser. Mais, avant de rentrer dans le vif du sujet et de présenter les résultats du groupe BMCE Bank, le Président Benjelloun a annoncé la cooptation de M. Adil Douiri au Conseil d’Administration en tant qu’administrateur de la banque, rappelant au passage ses qualités intellectuelles, son parcours professionnel et l’antériorité des relations de la BMCE Bank avec CFG Group qui date de la privatisation de la BMCE en 1995. Pour ce qui est des résultats au 31 décembre 2007 du groupe BMCE, M. Othman Benjelloun les a qualifiés d’emblée d’historiques et d’exceptionnels du fait des performances financières de la banque et de ses filiales. En effet, en 2007, le résultat consolidé avant impôts atteint 2,14 milliards de dirhams, en accroissement de 60 % et le résultat net 1,4 milliard de dirhams en augmentation de 55%. Le PNB (produit net bancaire), qui traduit son chiffre d’affaires, a crû de 24%, à 4,5 milliards de dirhams révélant l’accélération de la croissance interne de la banque basée sur l’extension de son réseau, soit 70 agences créées au cours de l’année dernière et l’ouverture de 200 000 nouveaux comptes. En fait, entre 2003 et 2007, les performances financières et commerciales du groupe ont doublé. C’est le cas également du total bilan, du fonds de commerce et du bénéfice, ainsi que que du nombre d’agences et de comptes bancaires. La contribution des filiales au résultat net du groupe montre que BMCE Bank Maroc participe pour 1,161 milliard de dirhams et 85,8%. Les services financiers spécialisés, (notamment Salafin qui a augmenté ses résultats de 33 % à 84,14 millions de dirhams et Maghrebail, +23,7% à 59,14 millions de dirhams), participent quant à eux pour 8,3. La gestion d’actifs et autres activités de banque d’affaires (dont BMCE Capital Bourse qui a multiplié ses résultats par 1,5 à 53 millions de dirhams et BMCE Capital Gestion dont le résultats a cru de 22,5% à 32,4 millions de dirhams), particpe pour 7,1%. A travers ces résultats le Président Othman Benjelloun affirme consolider un modèle qu’il applique en Afrique subsaharienne. A cet effet et en matière de croissance externe, son objectif est clair, celui de s’installer dans les 10 ans qui viennent dans les 55 pays du continent africain qui compte aujourd’hui pas moins d’un milliard d’habitants et d’énormes opportunités. Pour cela, son arme est de renforcer les capitaux propres de la banque pour financer cette croissance. C’est ainsi que la banque utilise la possibilité donnée par Bank Al-Maghrib de développer ses fonds propres par des emprunts subordonnés à concurrence de 50% des fonds de la banque. BMCE Bank a donc levé récemment au Maroc 1 milliard de dirhams sur 10 ans, 70 millions d’euros auprès de la SFI sur une durée indéterminée et se propose d’emprunter 50 autres millions d’euros sur 10 ans à Proparco, la filiale de l’Agence Française de Développement, soit un total de 2,4 milliards de dirhams de fonds propres complémentaires. Ceux-ci atteignent désormais les 5 milliards de dirhams avec le fruit de la cession des 5 % du capital de BMCE au CIC qui s’est faite à quelques 2 milliards de dirhams. On comprendra, à travers ces performances et faits chiffrés que le groupe bancaire de M. Othman Benjelloun a les moyens de sa politique d’autant qu’il n’y inclut pas les résultats de sa « société mère » RMA Watanyia qui se montent à un milliard de dirhams pour 2007…
|