Auteur : MD
Outre l’attribution au Maroc de la note «Investment grade», l’année 2007 a été marquée, d’une part, par la sortie du Trésor sur le marché financier international (MFI) avec une émission de 500 millions d’euros cotée avec un spread de 55 points de base pour une durée de 10 ans, et d’autre part, par l’inversion de la tendance de l’évolution de l’encours de la dette extérieure publique qui enregistre, pour la première fois, depuis 1993, une augmentation 5,5 %, soit 6,4 milliards de dirhams. Cette hausse s’explique essentiellement par l’accélération des financements extérieurs mobilisés aussi bien par le Trésor que par les établissements et entreprises publiques (EEP) et qui s’est traduite par un solde positif des flux nets des financements extérieurs de 7,0 milliards de dirhams. Ainsi, l’encours de la dette extérieure s’établit, à fin 2007, à 122,3 milliards de dirhams (15,9 milliards de dollars ou 10,8 milliards d’euros) correspondant à 20,3 % du PIB. Le Trésor reste le principal emprunteur avec un encours de 66 milliards de dirhams, soit 54 % du total de la dette extérieure publique, le reliquat, soit 53 milliards de dirhams, composé notamment de la dette extérieure garantie, est détenu notamment par l’ONE, ADM, RAM, ONEP, ONCF, etc. A notre que la part de la dette du Trésor dans le total de la dette extérieures publique ne cesse de baisser au cours de ces dernières années s’établissant ainsi à 54 % en 2007 contre 63 % en 2003 et 70 % en 1999. En valeur absolue, la dette du Trésor a diminue de 8 % en moyenne annuelle sur la période 1999-2007, alors que celle des EEP a augmenté de 1 % durant la même période. Cette forte baisse s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs dont le recours maîtrisé du Trésor aux financements extérieurs contre le recours accru des EEP, la mobilisation de ressources importantes sous formes de dons (250 millions d’euros par an au cours de ces dernières années auprès de l’Union Européenne) et les opération des gestion active de la dette extérieure (conversions en investissements publics et privés et remboursements par anticipation).
Portefeuille cible atteint Les institutions internationales (BIRD, BAD, BEI, FADES, etc.) demeurent les premiers créanciers du Royaume avec un encours de 61,9 milliards de dirhams, devant les créanciers bilatéraux (44,6 milliards de dirhams) et les banques commerciales (15,8 milliards de dirhams). Le service de la dette extérieure publique, amortissements et intérêts réglés, s’est établi à 19,9 milliards de dirhams en 2007, en hausse de 1,3 milliard par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, l’amélioration de la structure de la dette par devises visant à atténuer l’exposition au risque de change tout en limitant l’impact des fluctuations des différentes monnaies s’est poursuivie en 2007 permettant ainsi au Trésor d’atteindre la structure du portefeuille cible de la dette extérieure (benchmark). Ainsi, la part de l’euro dans la dette extérieure du Trésor s’est renforcée de 11 points pour atteindre 77 % du total alors que celle du dollar américain a diminué de 10 points pour se stabiliser à 12 %. Cela a été rendu possible grâce, d’une part, au refinancement de la dette rééchelonnée à l’égard du Club de Londres libellée en dollar à partir de l’émission obligataire émise sur le marché financier international de 500 millions d’euros, et d’autre part, au choix de l’euro pour les nouveaux engagements du Royaume notamment auprès de la BIRD et de la BAD. Enfin, notons que le coût moyen de la dette extérieure publique s’est établi à 3,9 % en 2007 pour une durée de remboursement moyenne de l’ordre de 7,5 ans, signant une hausse de 30 points de base par rapport à l’année précédente. Cette appréciation étant essentiellement le fait du renchérissement des taux d’intérêt sur l’emprunt lancé sur le marché international durant le second semestre 2006 et le premier semestre 2007.
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