Auteur : Moussa Diop
Le secteur du crédit à la consommation poursuit son développement comme en attestent les dernières données distillées par l’APSF (Association Professionnelle des Sociétés de Financement). Les indicateurs du secteur ont évolué positivement. Ainsi, prise globalement, l’encours du secteur a bondi de 14 % (+3,77 milliards de dirhams) pour s’établir à 30,64 milliards de dirhams. Les créances en souffrance ont atteint 3,9 milliards de dirhams, représentant 12,7 % de l’encours global, en baisse de 2,8 points par rapport à 2006. Cette hausse est tirée aussi bien par les crédits affectés que les crédits non affectés. Les prêts non affectés, qui représentent environ les deux tiers de l’encours total, et constitués presque exclusivement de prêts personnels (19,02 milliards d’encours) ont progressé de 11,6 % à 19,64 milliards de dirhams. Quant aux prêts affectés, ils affichent une croissance plus vigoureuse avec une hausse de 19,8 % à 11,0 milliards de dirhams. Ce segment est tiré surtout par l’automobile avec dont l’encours a progressé de 21,9 % à 9,56 milliards de dirhams.
Quelques incertitudes La LOA, avec un encours en hausse de 23,5 % à 6,43 milliards de dirhams s’en sort bien et ce malgré l’effet des nouvelles disposition règlementaires adoptée dans le cadre de la loi de finances 2007 –suppression de l’exonération de la TVA- qui n’étaient pas encourageantes pour le secteur et qui avaient poussé nombre d’acteurs du secteur à revoir leur production à la baisse. Cette dynamique s’explique surtout par le fait que disposant d’un stock de TVA important au niveau des autres produits, les sociétés du secteur ont continué la commercialisation de cette solution qui présentait un attrait certain auprès de la clientèle. Le crédit automobile classique également connaît une dynamique certaine avec un encours en hausse de 18,7 % à 3,12 milliards de dirhams. L’encours des prêts d’équipement aussi s’est renforcé de 12,2 % à 1,16 milliards de dirhams. Cette branche tire profit du développement de la grande distribution et de l’intensification de la concurrence entre les marques et qui se traduit très souvent par des offres promotionnelles combinées à des formules de crédits avantageuses. Pour 2008, le secteur du crédit à la consommation devrait poursuivre son développement. Toutefois, des incertitudes existent quant au comportement du segment de la LOA. En effet, la croissance de ce segment risque d’être moins vigoureuse du fait que ce mode de financement devient relativement moins attractif pour la clientèle suite aux nouvelles dispositions de la loi de finances 2008 qui ont fait passer la TVA sur la LOA de 10 % à 20 %. En plus, le secteur continuera à faire face à la concurrence agressive du secteur bancaire dont l’encours sain des crédits à la consommation a augmenté de 41,6 % (+5,77 milliards de dirhams) à 19,7 milliards de dirhams.
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