Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Entretien avec M. Hassan Bernoussi, à la veille des “Intégrales de l’Investissement” : La mobilisation des hauts potentiels expa

Auteur :

La Nouvelle Tribune : M. Bernoussi, comme chaque année vous organisez les Intégrales de l'Investissement qui se dérouleront à Skhirat  la semaine prochaine. Cette fois encore, le thème choisi est très pertinent. Pouvez-vous nous l’ expliquer ?
M. Hassan Bernoussi :
«Les Investisseurs marocains du Monde, Acteurs de la Diplomatie économique» est une thématique d’actualité pour notre pays ; la mobilisation des hauts potentiels expatriés est essentielle pour stimuler l’investissement étranger dans un pays émergent, renforcer sa compétitivité sur la scène internationale et, in fine, favoriser le développement économique du pays.
Comme durant les quatre éditions précédentes, cette Conférence sera le rendez-vous des investisseurs étrangers au Maroc, un événement réunissant près de 1500 participants du monde politique, économique et universitaire du monde entier. 
Il favorisera un débat de niveau international sur le rôle des diasporas dans le monde, leur intégration au sein de leur pays d’origine et permettra de poser les bases d’un réseau marocain de hauts potentiels, ambassadeurs économiques efficaces.
De nombreuses personnalités internationales viendront échanger leurs expertises et débattre entre autres sur l’impact des flux migratoires sur le développement économiques des pays émergents, les transferts de fonds des expatriés en investissements productifs dans le pays, les politiques de coordination à mettre en œuvre avec les pays d’accueil, la structuration d’une politique cohérente de mobilisation des réseaux de hauts potentiels expatriés ou encore les enseignements à tirer des expériences locales et internationales de mobilisation des diasporas.
Enfin, les migrations internationales et leur impact sur le développement des pays du Sud ont été récemment l’objet de nombreux ouvrages, études, débat et conférence. Devant cette situation favorable à l’émergence d’un débat entre spécialistes et au sein même de la société marocaine, il a paru opportun au gouvernement de le proposer comme thématique des Intégrales de l’Investissement.

Considérez-vous les Marocains du monde  comme des investisseurs étrangers au Maroc et réciproquement les entreprises marocaines qui commencent à s'externaliser, à l'instar des banques ou des sociétés d'informatique,  comme des MRE ?
Du tout, les MRE sont chez eux au Maroc.  Nous sommes bien conscients du poids des transferts des MRE, mais en accord avec des clauses juridiques et des principes de droit international, nous ne pouvons pratiquer de préférence quant à l’origine des IDE. Les IDE des MRE sont ainsi considérés comme des IDE et bénéficient des conditions particulièrement favorables créées par le pays. Néanmoins, le Maroc a le projet de mettre en place une stratégie particulière visant à inciter les MRE à investir davantage dans leur pays d’origine et à les diversifier.

Si les Marocains qui résident à l'étranger ont vu leur rôle évoluer, puisqu'ils sont passés du transfert de fonds vers leur pays d'origine à celui d'investisseurs directs au Maroc, sont-ils pour autant des acteurs de la diplomatie économique du Royaume?
Les MRE effectuent des transferts de fonds d’un montant en constante croissance. Il a plus que doublé en 10 ans, passant de 18 milliards Dhs en 1997 à près de 48 milliards Dhs en 2006.
Le rapatriement des fonds des MRE contribue efficacement au financement de l’économie marocaine. Les 4,4 milliards Euros de recettes réalisées en 2006 ont représenté le quart des recettes courantes de la balance des paiements et 9% du PIB. Sur la période 2001-2005, ils ont également permis de couvrir 2/3 du déficit commercial du pays et 22,8% des importations.
Conscient du réel potentiel que laissent entrevoir ces chiffres, le Royaume du Maroc a mis en place depuis plusieurs années une stratégie efficace d’attraction des capitaux étrangers au Maroc. Elle a également pour objectif de favoriser l’implication directe des investisseurs marocains à l’étranger dans le développement économique de leur pays.
Concernant les secteurs, pour les première et deuxième générations de MRE, l’immobilier constitue le principal secteur d’investissement, avec une moyenne qui varie de 65 % à 72 % du total des investissements reçus.
Le secteur tertiaire attire particulièrement les investissements des MRE de deuxième et troisième générations. Ces jeunes MRE se tournent vers le tourisme et la restauration (également blanchisserie et sous-traitance). En effet, il semble comporter plus de projets capitalistiques et d’opportunités, contrairement aux secteurs agricoles et de commerce, où prédominent essentiellement de petits projets.

En cas de réponse affirmative à la question précédente, auriez-vous des exemples ou des chiffres à nous présenter?

 * Quelques chiffres clés
- 3 millions de Marocains vivent à l’étranger, soit 10% de la population nationale

- La grande majorité est établie dans des pays européens (à plus de 83%), principalement en France et l’Espagne

* L’impact des transferts de fonds sur l’économie marocaine

- Le montant des transferts de fonds est en constante croissance : il a doublé en 10 ans : 18 milliards Dhs en 1997, 48 milliards Dhs en 2006

- Tendance qui se confirme en 2007, car en septembre, 41 milliards Dhs ont déjà été transférés, soit + 14,7% par rapport à la même période 2006

- Le rapatriement des fonds des MRE contribue efficacement au financement de l’économie marocaine : il représente 4,4 milliards Euros de recettes réalisées en 2006 ont représenté le quart des recettes courantes de la balance des paiements et 9% du PIB

- Sur la période 2001-2005, ils ont également permis de couvrir 2/3 du déficit commercial du pays et 22,8% des importations
* L’investissement des MRE

- La part de l’investissement des MRE est faible par rapport à l’ensemble des IDE (1,5% en 2006 et 1,1% en 2005)

- Les projets d’investissement des MRE : petits projets dont le montant ne dépasse pas les 500 000 Dhs (40 % du total des projets des MRE), les grands projets qui requièrent plus de 5 milliards Dhs d’investissement, ne représentent que 14 % (enquête réalisée par la Fondation Hassan II)

- Principaux secteurs d’investissement des MRE : immobilier et tourisme. Le reste des investissements des MRE se répartit entre les autres secteurs : 70% pour les services et 30% pour l’agriculture, l’agroalimentaire et l’industrie

- Secteurs d’investissement en fonction des générations : pour les première et deuxième générations de MRE, l’immobilier constitue le principal secteur d’investissement (avec une moyenne de 65% à 72% du total des investissements reçus). Le secteur tertiaire attire les investissements des MRE de deuxième et troisième génération, qui se tournent vers le tourisme et la restauration (plus de projets capitalistiques et d’opportunités)

- Ils choisissent souvent leur région d’origine, sauf pour les projets de haute technologie, liés à l’enseignement, à la communication et à la publicité qui s’installent dans les grandes villes du pays
 
Le frein mis actuellement à l'immigration par les pays occidentaux n'induit-il pas le risque de voir une diminution du rôle économique et financier de nos compatriotes installés à l'étranger?
Pensez-vous encore que leurs apports, financiers ou en investissements, pourront avoir un effet multiplicateur?

Il existe une multitude de réseaux de MRE dans les principaux pays d’émigration, mais aucun ne recensait les hauts potentiels économiques dans le monde. La Direction des Investissements pose la première pierre à cet édifice puisque à la fin de la conférence internationale, le 14 décembre, les premiers membres du ce nouveau réseau seront désignés.
Les opportunités de réussite à l’étranger ont été particulièrement attirantes pour nos diplômés à une certaine époque. Mais aujourd’hui, le Maroc met tout en œuvre pour offrir un avenir sur son sol à tous ses étudiants et actifs. Grâce à ces différentes initiatives en matière d’attractivité des investissements, d’éducation, d’emploi et de formation, le Maroc est considéré aujourd’hui comme un des pays en développement le plus dynamique.
Son taux de croissance soutenu en témoigne (7,5%), le nombre d’entreprises étrangères implantées ne cesse de croître et d’inciter d’autres à faire de même. Une réelle dynamique de développement s’est mise en place. De nouvelles perspectives se présentent aux Marocains qui pourront se créer, chez eux, des opportunités professionnelles particulièrement intéressantes.

Pouvez-vous nous exposer votre vision de leur retour au pays à travers l'expérience d'autres pays ?
Plusieurs éléments ont été constatés dernièrement. Tout d’abord, la volonté manifeste de nombreux entrepreneurs/investisseurs marocains de l’étranger, appartenant notamment à la deuxième génération, de revenir dans leur pays natal pour s’impliquer complètement dans son développement économique. Deuxièmement, l’émergence de compétences marocaines, reconnues pour leur formation et leur expertise et acteur de la promotion de leur pays d’origine.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com