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Un mois de décembre qui s’annonce animé à la Bourse

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Malin est celui qui saura prédire l’évolution du marché boursier au cours du mois de décembre. Depuis quelques semaines déjà les indices du marché n’arrivent pas à suivre une tendance bien déterminée. Ce n’est point la crise des crédits hypothécaires risqué américains, le fameux «subprime», qui fragilise les places financières étrangères qui inquiète, mais le comportement des investisseurs vis-à-vis des nouvelles mesures fiscales du projet de la loi de finance 2008, justes soient-elles.
Globalement, tout le monde semble convenir que le marché connaîtra un mouvement vendeur. Outre les prises de bénéfices, on avance le souci des investisseurs d’éviter de supporter des taxes supérieures sur les plus values de valeurs mobilières à même d’amoindrir leurs gains. Cela est aussi bien valable pour les personnes physiques qui voient la taxe sur les produits des cessions de valeurs mobilières (TPCVM) passer de 10 % à 20 % que les institutionnels, notamment les compagnies d’assurance, qui perdent l’abattement transitoire de 25 % ou 50% -selon la durée de détention des titres- appliqué sur les plus values de cession de valeurs mobilières. Pour les personnes physiques, la réponse aux nouvelles mesures va se traduire par des cessions de titres détenus et ce avant la fin du mois de décembre pour éviter payer une TPCVM de 20 %, à partir du 1 er janvier 2008, contre 10 % actuellement. Globalement, il s’agira surtout d’opération de ventes suivies d’achats sur le marché qui permettront non seulement de sortir les plus-values mais aussi de marquer le cours boursier. Pour les institutionnels, notamment les assureurs qui ont un horizon de placement fondé sur le long terme, la situation est un peu plus complexe. Il n’en demeure pas moins qu’entre l’impôt avec abattement et l’impôt sans abattement, le choix est vite fait. Comme pour les particuliers, il est plus intéressant de sortir les plus-values et revenir sur le marché pour marquer les cours du portefeuille pour d’éventuelles cessions futures. Reste que si les particuliers ont généralement en leur possession de petits volumes faciles à liquider et/ou à acquérir sur le marché, pour les institutionnels, cela peut poser quelques difficultés. En gros, deux modes de cessions sont utilisées par ces derniers dans ce cas de figure, les allers-retours et les allers simples. Pour les institutionnels appartenant à des groupes, les allers-retours se font en intragroupes via le marché de blocs. Pour les autres, c’est un peu plus compliqué et ce d’autant qu’il faut du cash. Certains seront peut-être tentés par la sortie du marché pour dégager de conséquentes plus-values accumulées depuis la reprise du marché boursier. Ils pourront ainsi être tentés par des placements au niveau du marché obligataire qui commence à devenir un peu intéressant avec le retournement de la courbe des taux depuis le début de l’année, ne serait-ce que le temps que les cours boursiers reviennent à un niveau plus attrayant.

Baisse ou consolidation
Dans ces conditions, il est certain que le marché boursier sera très animé durant le mois de décembre et certains craignent que le mouvement vendeur ne se traduise par un repli des indicateurs boursiers.
Il n’en demeure pas moins que pour nombre d’observateurs,  plusieurs facteurs militent surtout pour la consolidation du marché boursier dans les mois à venir.  D’une part, les vendeurs, qu’ils soient personnes physiques ou institutionnels, sont obligés de se repositionner rapidement sur le marché du fait de l’absence actuellement d’instruments de placement à même d’offrir une rentabilité (plus-value et dividende) élevée. D’autre part, le mouvement baissier sera atténué par les programmes de rachats initiés par plusieurs sociétés cotées (Addoha, Maroc Telecom, BMCE Bank, CGI, Samir, etc.) dans le but de réguler leurs cours en Bourse. Par ailleurs, la confirmation des bons résultats semestriels de certains secteurs d’activité (Ciments & Matériaux de Construction, Banques, Distribution, etc.) devrait contribuer à entretenir le mouvement haussier des cours boursiers. En outre, bien que la place casablancaise enchaîne d’excellentes performances depuis 2002 -25 % en 2005, 71 % en 2006-, il n’en demeure pas moins qu’elle garde un potentiel de croissance indéniable avec un PER 2007e qui tourne autour de 25x les bénéfices attendus. Un niveau de valorisation qui peut attirer davantage d’investisseurs étrangers inquiets de la crise du «subprime», notamment les pétrodollars qui ne cessent d’engranger d’excellentes rentes pétrolières avec la flambée des cours du pétrole. Enfin, les introductions en Bourse qui ont été les véritables moteurs de la croissance du marché au cours de ces dernières années seront aussi au rendez-vous l’année prochaine. Après 10 et 9 nouvelles recrues respectivement en 2006 et 2007, la place connaîtra aussi une faste année 2008 avec l’arrivée de nouveaux émetteurs dont trois de Ynna Holding (dont Chaabi Lil Iskane), le Crédit Agricole du Maroc et une kyrielle de PME. Seulement à ce niveau, certaines mesures doivent être prises par le CDVM pour éviter une fois pour toutes les inflations enregistrées lors des opérations de souscription et qui commencent à décourager les investisseurs. Bref, le marché boursier semble aujourd’hui atteindre une certaine maturité et une profondeur accrue pour amortir les effets du mouvement vendeur que suscitent les nouvelles mesures fiscales du projet de loi de finances 2008.
En attendant, le marché continue à se cramponner solidement sur ses performances. Les indices MASI et MADEX accumulent des gains annuels respectifs de 33,06 %, à 12 614,22 points, et 34,13 %, à 10 387,11 points, et une capitalisation boursière de 581,12 milliards de dirhams. 

Moussa Diop



 

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