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La gestion collective n’aura pas pâti de la baisse des taux Les anticipations du chèque d’Altadis

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Publier le : July 10, 2003

La Nouvelle Tribune :  L'annonce de la privatisation de la Régie des Tabacs pour 14 milliards de dirhams s'est accompagnée d'une baisse des taux d'intérêt. Quel est votre commentaire ?
M. Abdeslam Boumehdi :
Les anticipations de baisse des taux d'intérêt basées sur une recette de privatisation de 6 milliards de dirhams, caractérisent le marché depuis le début de l'année, en dépit des tensions du 1er trimestre qui s'expliquent par des besoins momentanés du Trésor. La tendance s'est,  certes, accentuée avec l'annonce des 14 milliards de dirhams qui seront décaissés à la fin du mois de juillet. Et ce, malgré les décisions d'affectation annoncées par M.Oualalou, le Ministre des finances.
En effet, le Trésor devrait rembourser 1,3 milliard de dirhams avancé par la CDG pour l'externalisation de la Caisse de retraite des salariés de la Régie, puis jusqu'50% des recettes totales iront au fonds Hassan II. Par ailleurs Altadis devrait lever 3 autres milliards de dirhams au Maroc pour financer son acquisition, ce qui constitue un effet limitatif.
Donc, en termes de liquidités, seuls 11 milliards de dirhams viendront de l'extérieur et entre 5 et 6 milliards iront au budget de l'Etat.
Toutefois, cette entrée d'argent reste importante et explique le comportement des intervenants. Les taux d'intérêts ont dégringolé au cours du mois de juin, perdant selon les maturités entre 50 et 150 points de base, ce qui a conduit le Trésor à revenir sur le marché des adjudications pour marquer les taux.

Concrètement, comment cela s'est-il traduit ?
Sur le marché primaire, ce sont les taux des obligations sur deux ans qui ont le plus perdu, mais toutes les maturités ont corrigé à la baisse avant de se stabiliser ces jours derniers. La baisse des taux à court terme a été au-delà de la limite instaurée par le taux d'intervention de Bank Al-Mahrib de 3,25%. Cette situation s'est répercutée sur le marché secondaire qui a connu une très forte baisse. En effet, les opérateurs craignaient que le Trésor ne revienne plus sur le marché de façon régulière compte tenu des recettes de privatisation qu'il doit encaisser à la fin du mois. Mais le phénomène aggravant chez nous provient du fait que tous les opérateurs agissent de la même manière, quelle que soit la durée de leur placement, en tablant sur des gains rapides.
Il n'est pas normal que les compagnies d'assurances et les caisses de retraite qui ont un horizon de placement plus long que celui des gestionnaires de fonds se comportent de la même façon que ces derniers, en voulant profiter de gains immédiats.

Qu'elle a été la répercussion de ces évolutions sur la gestion collective ?
Bien sûr, la baisse des taux profite aux performances des OPCVM obligataires. Nous avons donc réalisé de bonnes performances qui nous ont permis de rattraper la baisse que nous avons subie en début d'année à la suite d'une remontée des taux. En effet, entre janvier et mars, le Trésor revenait très régulièrement sur le "52 semaines", pour faire face à des remboursements d'emprunts nationaux et des dépenses exceptionnelles, poussant à la hausse le taux.
Depuis le début de l'année, la courbe de taux a connu un moment de hausse qui s'est répercuté négativement sur nos valeurs liquidatives. Mais, elle a été très largement compensée par la dernière baisse.  D'où l'importance des souscriptions en obligataire que nous avons eues au cours du mois de juin pour profiter de la baisse des taux d'intérêt.

Comment se porte la profession de la gestion collective ?
Sur 68 milliards d'actifs gérés, 20 sont placés en monétaire, 32 en obligataire moyen et long terme, 8 en obligataire court terme et à peine entre 3 et 5 milliards en actions. Cela, alors que l'appréciation de l'indice boursier en juin a contribué à gonfler un peu les fonds actions sans qu'il y ait eu de nouvelles souscriptions pour autant.
Toutefois, il faut espérer que le principe des vases communicants commence à  jouer sur le marché des capitaux en réorientant les investissements du marché obligataire, peu rémunérateur comme on le constate actuellement, vers celui des actions qui est comparativement plus profitable. En effet, l'essentiel de l'effort de provisionnement sur les plus fortes capitalisations ayant été fait par les gros investisseurs et les comptes des sociétés cotées ayant été pour plusieurs assainis, les résultats semestriels risquent de dépasser les attentes des investisseurs.
Ceux-ci pourraient se repositionner sur le marché boursier, à la recherche donc de rendements sous forme de dividendes, et/ou de plus-values boursières.
Ainsi, ceux qui ont acheté les valeurs SAMIR ou Aluminium du Maroc en janvier ont réalisé un rendement de pus de 10 % en six mois du simple fait du dividende distribué par ces deux sociétés. Cela dit, le manque de liquidité et de profondeur du marché boursier du fait de l'insuffisance de l'offre, constitue un handicap et un frein au passage d'un compartiment du marché des capitaux à l'autre en arbitrant sur le rendement et le risque.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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