L’euro s’est échangé contre 1,44 dollars à la clôture de la séance du vendredi 26 octobre 2007, un niveau que personne ne pouvait prédire au début de cette année et encore moins au tout lancement de la monnaie européenne. Les déficits jumeaux américains, les politiques monétaires adoptées par la réserve Fédérale américaine et la Banque centrale Européenne, et tout dernièrement la crise du «subprime» sont passés par là. Si le parcours de l’euro rend les factures des importations pétrolières, mais aussi céréalières, relativement supportables à un moment ou le cours du brut crève le plafond après avoir passé le cap des 92 dollars, les opérateurs économiques, quant à eux sont devant un vrai casse-tête chinois, surtout que la flambée des cours se généralise pour presque toutes les matières premières. La situation est d’autant plus préoccupante que pour les analystes de la Salle des Marchés de BMCE Bank, le dollar devrait continuer à s’affaiblir face à l’euro et ce pour deux raisons fondamentales la crise de «subprime» qui continue a affecté l’économie américaine et dont les conséquences ne sont pas encore mesurable actuellement et la réduction du gap des taux d’intérêt entre les Etats-Unis et la zone euro.
Produits de couverture
Cette donne de l’économie mondiale n’est pas sans effets sur l’économie marocaine. Les entreprises importatrices et exportatrices sont appelées de plus en plus à faire face à une forte volatilité des parités de change qui peut altérer sensiblement leurs marges bénéficiaires. Pour faire face à cette situation d’incertitudes sur les cours de changes, des taux et des matières premières, le mot d’ordre est se couvrir pour atténuer les impacts de ces risques et tirer profit de la baisse du dollar, par exemple. La Salle de Marchés de BMCE Capital offre plusieurs stratégies de couverture du risque de change: change au comptant, change à terme, les options (participative, tunnel, spread, airbag, auto-blaquant, rétroviseur, etc.). Le recours aux instruments de couverture est d’autant plus intéressante que l’Etat, conscient de l’effet de la politique de change sur la compétitivité des entreprises opérant avec l’extérieur, a fini par consentir un sacré soutien aux opérateurs économiques nationaux qui voyaient leur compétitivité s’éroder à cause de ces incertitudes en adoptant plusieurs nouvelles mesures d’assouplissement de la réglementation de changes dans le cadre de la politique de libéralisation du compte capital (voire tableau). Outre le renforcement de la libéralisation financière, ces mesures sont appelées à contribuer au renforcement de l’ouverture de l’économie marocaine sur l’extérieure en vue de faciliter son intégration au train de la mondialisation. C’est dans cette optique que s’inscrit la tournée d’informations et de sensibilisation entreprise par la Salle de Marchés de BMCE Capital pour expliciter le contenu de ces circulaires aux opérateurs économiques. La tournée qui débute à Casablanca, touchera les villes de Fès, rabat, Agadir et Tanger.
Insuffisances
Bien que ces mesures constituent aujourd’hui une avancée significative pour les entreprises, il n’en demeure pas moins que celles-ci peuvent être améliorées pour mieux tenir compte des intérêts des opérateurs économiques, soulignent les analystes de BMCE Capital Markets. Ainsi, et à titre d’exemple, pour la circulaire n° 1 719 relative aux comptes en devises ou en dirhams convertibles au nom des exportateurs de biens et de services, les experts de la Salle des Marchés de BMCE Capital avancent quelques insuffisances: l’absence d’arbitrage de devises hors du Maroc, le fait que les rémunérations de ces comptes et de ces placements par le débit de ces comptes ne sont pas autorisées, etc. Ces faiblesses et tant d’autres relevées par les banquiers et les opérateurs seront débattues lors d’une rencontre entre le GPBM et les autorités de tutelle très prochainement.
Reste, comme le soulignent les analystes, face aux évolutions que connaissent les marchés financiers avec l’adoption prochaine des normes IFRS, les règles de Bâle II pour les banques et les modifications structurelles des frontières commerciales et financier, «le nouvel environnement financier implique le développement de nouveaux instruments financiers tels les options de change exotiques, les dérivées de taux, de crédits et d’actions, etc.».
Moussa Diop