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Banques : Le secteur est assaini, mais…

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Le secteur bancaire marocain est aujourd’hui un secteur assaini, solide  et performant. Reste que, de par la nature de leurs activités d’intermédiation financière, les banques continuent, comme partout ailleurs, à être exposées à une série de risques de marché, de crédit et opérationnels- dont les survenances, parfois brusque et brutales, sont dès fois difficiles à prédire. Si aujourd’hui, aucune des trois catégories de risques  citées ne semble menacer le secteur, il n’en demeure pas moins que les avertissements répétés du Gouverneur de Bank Al-Maghrib à l’adresse des banquiers du Royaume lors de chaque rencontre donne une idée sur la nécessité de les prévenir dans un contexte sectoriel particulier marqué, entre autres, par l’intensification de la concurrence et donc de l’effritement des marges, l’accélération de la cadence du développement d’extension des réseaux bancaires avec ce que cela nécessite comme investissement matériel et humain, l’appel faite à une clientèle de la périphérie moins solide financièrement et donc plus risquée, le développement à l’international à la recherche des relais de croissance et le risque qu’il présente, etc. Et d’ailleurs, aujourd’hui, une certaine unanimité semble se dégager sur les dangers que peuvent représenter la course aux parts de marché que se livrent les banques sur le segment lucratif du crédit immobilier. Sur ce marché, les taux ont atteint leurs niveaux planchés et les banques rivalisent les arguments pour attirer les clients (remboursements flexibles, quotité de financement atteignant 120 % du coût de l’acquisition, etc.). Une situation qui risque de fragiliser le secteur à un moment où les crédits à l’économie sont de plus en plus tirés par les crédits immobiliers. D’ailleurs, lors de la présentation des résultats semestriels du Groupe Banques Populaires, M. Noureddine Omary, le PDG du Groupe a révélé que «le taux de sinistralité dans l’immobilier tourne actuellement autour de 5 % à 6 %», et que la situation risque de se corser en cas de retournement au niveau de la courbe des taux. En effet, les taux fixes ayant atteint des niveaux bas, une hausse significative des taux aura certainement un impact négatif sur les banques. De même, elle impactera négativement sur les taux variables et alourdira le loyer mensuel des bénéficiaires de crédits des crédits immobiliers qui ont opté pour cette formule de taux. La situation est d’autant plus préoccupante que les banques devront bientôt respectée de nouvelles contraintes imposées par Bâle II et qui se traduiront par des réductions de fonds propres excédentaires des bancaires, notamment celles disposant d’importants portefeuilles de participations. 
Reste que pour nombre d’observateurs, il n’y a pas péril en la demeure. Le secteur pris globalement est bien assaini et solide. Ils justifient les taux particulièrement bas par la chute des coûts de collecte et ce grâce à l’amélioration de la qualité des ressources qui fait aujourd’hui la part belle aux dépôts non rémunérées qui tendent à représenter 60 % des ressources du secteur. Si on prend l’exemple du Crédit Populaire du Maroc, ses coûts de collecte sont passés de 2,46 % en 2001 à 1,36 % en 2006. Cette réduction est aussi valable pour toutes les banques qui ont mis l’accent sur la collecte de ressources en élargissant leurs réseaux rehaussant par la même le taux de bancarisation et en privilégiant les dépôts non rémunérés. Elle leur permet de jouer sur la baisse des taux tout en maintenant leurs marges. Par ailleurs, les banques ont toutes assainis leurs bilans à coup d’efforts considérables de provisionnement (cf. tableau) et respectent presque toutes aujourd’hui les règles imposées par l’institution monétaire. De même, les ratios prudentiels (coefficient de division des risques, ratio de liquidité et ratio de solvabilité) du secteur se sont fortement améliorés. Et grâce aux efforts entrepris pour la gestion des risques crédits, le coût du risque est globalement maîtrisé et cet indicateurs ressort pour le leader du secteur, Attijariwafa bank à 0,22 %.

Moussa Diop



 

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