La Nouvelle Tribune : M.Zinoun, la SCR que vous dirigez s’insère de plus en plus dans le marché mondial de la réassurance et est membre à ce titre d’associations internationales, pouvez-vous nous en parler ?
M.Zinoun : Effectivement, la SCR représente le Maroc au niveau de deux associations internationales, l’association des Assurances africaines qui a tenu à Fès en 1999 sa conférence annuelle avec 1200 participants et la Fédération
Afro-Asiatique des assureurs et réassureurs qui tient sa 20ème conférence du 18, 19 et 20 à Marrakech sous le thème des opportunités et menaces en assurances et réassurance dans les marchés de ses pays membres. Je suis moi-même du Comité Exécutif de cette association.
Nous recevons 800 participants contre 500 en Chine et l’Egypte 570. A travers de tels événements, nous assurons une véritable publicité à notre pays, pour ses réalisations en matière de tourisme, d’infrastructures, etc…
Certes, la SCR a évolué et devient comme les autres réassureurs internationaux. Elle cherche donc de plus en plus des clients à l’étranger et oriente ainsi une petite partie de l’épargne étrangère vers le Maroc. Nous travaillons à l’extension de notre clientèle aux pays africains, au Moyen Orient et même en Chine, en Malaisie et en Indonésie. C’est aussi l’occasion pour les assureurs de partager leurs expériences et de démarcher de nouveaux . clients.
Avez-vous donc un plan pour la croissance de la SCR ?
Tout à fait. La SCR se tourne vers les marchés extérieurs qui, compte tenu de l’étroitesse du marché national, est un véritable volet de croissance. Il faut savoir que les souscriptions internationales ont été déficitaires par le passé à la SCR. Nous les avions même arrêtées pour assainir notre portefeuille à un moment donné. Aujourd’hui, on les reprend de façon sélective, mais agressive pour ramener de la bonne prime. En 1995, les souscriptions des affaires internationales ne représentaient que 2% de notre chiffre d’affaires, nous frôlons aujourd’hui les 20%. Il s’agit d’affaires ciblées auprès des compagnies connues d’Afrique de l’Ouest, Afrique du Nord, Afrique de l’Est, du Moyen Orient, jusqu’en Iran , Asie du Sud Est, Inde, Pakistan, Malaisie, Indonésie, Corée du Sud, Vietnam et Cambodge. Nous essayons de devenir une compagnie de réassurance régionale, de référence .
En tant, qu’organisateur de cette conférence qu’elles sont vos attentes ?
Comme je vous l’ai dit, la SCR doit être profitable commercialement. Il nous faut avoir les réserves techniques nécessaires pour faire face à nos engagements. Marrakech sera donc, pour l’ensemble de nos équipes l’occasion de rencontrer les compagnies d’assurances du monde et les démarcher.
Vous savez que la SCR est notée BBB par deux agence de notation A.M. Best et STANDARD&POORS. De ce fait, nous jouissons de la confiance des compagnies étrangères.
A Marrakech, je veux propulser la micro assurance et Takaful (la solidarité) que sont les produits alternatifs ou islamiques dont les assurances vont demander de la réassurance.
L’autre sujet qui me tient à cœur, c’est celui de la notation souveraine et interactive. Les agences de notation ne peuvent donner à une entité quelle qu’elle soit une notation supérieure à celle de son pays. La SCR à travers les analyses de ces agences, se compare aux agences internationales et peut accéder à des notations supérieures.
Enfin, l’autre thème d’importance est relatif aux risques émergents dont nous n’avons pas encore conscience comme ceux de l’environnement qui pèsent sur le monde en entier et qu’il faut prendre en considération suffisamment à l’avance pour ne pas avoir à les affronter sans armes et surtout sans moyens.
Entretien réalisé par
Afifa Dassouli