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La Bourse atone, malgré les bons résultats

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Le marché boursier est-il indifférent aux résultats semestriels des sociétés cotées? La question mérite d’être posée eu égard à la molle réaction des indices boursiers et donc des cours des sociétés cotées à la suite de la publications des résultats semestriels. Logiquement, les opérateurs réagissent quasi immédiatement aux informations s’ils ont la capacité de les interpréter avec beaucoup de doigté. Mais très souvent, et afin de mieux tirer profit des évolutions de cours, ils anticipent ces informations. Ces anticipations se basent tant sur la capacité des entreprises à réaliser des bénéfices pour leurs actionnaires que sur la santé de l’économie en général. Et dans ce cas, les variations des cours consécutives à la publication des résultats ne devraient être que le reflet des modifications des anticipations des investisseurs. Ainsi, la molle réaction du marché peut être assimilée à une bonne lecture des investisseurs qui ont su anticiper plus ou moins correctement les résultats du marché. Prises globalement, les sociétés cotées ont vu leur bénéfice croître de 31,5 % et les indices MASI et MADEX ont réalisé des gains respectifs de 36,33 % et 37,42 %. A noter que pas moins de 35 entreprises cotées ont vu leurs bénéfices semestriels croître de plus de 20%, ce qui prouve la capacité des entreprises cotées à générer de la valeur. De la à justifier les performances boursières par les résultats, il n’y a qu’un pas que beaucoup n’hésite pas à franchir. D’un point de vue sectoriel, il est certain que pour nombre d’investisseurs, les bonnes performances affichaient par les sociétés des secteurs Bâtiment & Matériaux de Construire, les Banques, les Télécommunications et les Holdings ne faisaient pas de doutes. Ainsi, les performances de 51,82 % et 60,45 % (05 octobre 2007) enregistrées respectivement par les indices sectorielles du Bâtiments & Matériaux de Construction et des Banques reflètent bien les anticipations des investisseurs qui ont globalement, pour ces deux secteurs, une bonne visibilité pour les années à venir. Le secteur BTP est tiré par une conjoncture des plus favorables et le secteur bancaire, aujourd’hui entièrement assaini, réalise d’excellents résultats en dépit de l’intensification de la concurrence et n’hésitent plus à chercher des relais de croissance sur les marchés régionaux pour pérenniser ses sources de revenus. Ainsi, on comprend aisément les performances réalisées par les titres Sonasid (54,8 % à 3 200 dirhams), Holcim (43,56 % à 2 964 dirhams), Lafarge Ciments (68,02 % à 6 190 dirhams), Ciments du Maroc (36,36 % à 3 000 dirhams), Attijariwafa bank (37,5 % à 3 219 dirhams) et BMCE Bank (140 % à 2 985 dirhams). Ce raisonnement est aussi valable pour Maroc Telecom, seul opérateur coté du secteur des télécommunications. Toutefois, si le cours de l’opérateur sous performe le marché avec un gain annuel de 8,8 %, contre une performance de 37,42 % pour le MADEX, l’explication est à recherché essentiellement de l’ajustement du cours de l’opérateur consécutif aux arbitrages des investisseurs sur les places de Casablanca et de Paris où la valeur est cotée.  

Inefficience du marché
Reste que les anticipations n’expliquent pas tout, sinon comment expliquer que certains titres ayant réalisé de bons résultats enregistrent des performances boursières faibles sinon des contre-performances. Le titre CIH dont le résultat net semestriel a progressé de 122 % à 551 MDH n’a vu son cours évoluer que de 13,04 % à 651 dirhams. La holding ONA qui s’est désengagée des activités non rentables ou ne répondant pas à sa philosophie d’intervention (actionnaires majoritaires), qui s’est renforcée dans d’autres jugées à fort potentiel et montée en puissance dans de nouveaux métiers dont les télécommunications avec Wana a vu son bénéfice net consolidé croître de 72,5 % à 1 091 MDH. Toutefois,ni les options stratégiques ni les résultats ne semblent avoir impacté sur le cours de la holding qui n’affiche qu’une progression de 7,4 % à 1 680 dirhams et un PER de 19x les bénéfices attendus pour 2007. Quant à Fénie Brossette, malgré un excellent semestre marqué par des progressions de son chiffre d’affaires et de son résultat net de respectivement 21,5 %, à 267,5 MDH, et 250,34 %, à 45,5 MDH, le cours boursier de la filiale du groupe Somed a vu son cours boursier se délester de 37 % de sa valeur du début de l’année. Sur certaines valeurs, par contre, les anticipations des investisseurs se sont avérées correctes pour certaines valeurs qui ont enregistré des résultats en baisse. C’est le cas d’Involys (-27,4 % à 307 dirhams), Lydec (-3,85 % à 375 dirhams), La Marocaine Vie (-2,83 % à 300 dirhams), Samir (-0,6 % à 815 dirhams), etc. A l’opposé, le titre Acred, malgré une bénéfice net d’à peine en hausse de 10,1 % affiche une performance boursière de 161,65 % à 1 494 dirhams.
C’est dire que les anticipations des investisseurs n’expliquent pas réellement les comportements de tous les titres. Pour certains observateurs, c’est surtout l’inefficience du marché qui explique certaines performances boursières. L’étroitesse du marché due à une insuffisance relative du papier dans un environnement marqué par la surliquidité explique en partie cette «bulle spéculative» entretenue par les spéculateurs de plus en plus nombreux sur le marché.
Reste qu’au vu des résultats enregistrés par le marché, il est très probable que le mouvement haussier des titres cotés se poursuive pour le reste de l’année. Certains investisseurs ne manqueront pas de réajuster leurs placements en fonction des nouvelles perspectives bénéficiaires du marché. 

MD



 

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