Après sept mois de bataille pour le rachat de la banque néerlandaise, le consortium européen composé de Royal Bank of Scotland (RBS), Santander et Fortis a obtenu 86 % des titres d'ABN Amro alors que son concurrent Barclays n'en avait obtenu en fin de semaine dernière que 0,2%. Le consortium versera 71,1 milliards d'euros, dont 93 % en cash pour acquérir ABN Amro. Barclays, dont l'action avait fortement reculé à la suite de la crise du subprime et avait placé son offre loin derrière de celle du consortium devra se contenter du dédommagement de 200 millions que lui versera ABN Amro.
Ce démantèlement sanctionne une stratégie d’acquisitions tous azimuts à l'étranger « qui l'a affaiblie faute d'avoir su maîtriser ses coûts. Ses implantations en Italie, avec le rachat d'Antonveneta en 2006, aux États-Unis avec LaSalle, qui vient d'être vendue à Bank of America,et au Brésil, ont dispersé ses forces.» (Le Figaro du 9 octobre).
Le rachat par ces trois banques ouvre la voie au découpage du groupe néerlandais. Les trois banques se partageront les diverses zones où est présent ABN Amro: les Etats-Unis, l’Asie pour RBS qui est également intéressé par la banque d'investissement, les implantations brésiliennes et italiennes pour Banco Santander, le Bénélux pour la belgo-néerlandaise Fortis. Cette dernière reprendra le réseau néerlandais et sera ainsi parvenu à briser le barrage établi autour de leur marché national par les grandes banques néerlandaises.
La victoire du consortium européen pour son offre de rachat de la banque néerlandaise constitue un événement exceptionnel à bien des égards. Cette transaction, la plus importante jamais réalisée entre banques aboutit à une première, le démantèlement d'une grande banque européenne. En outre, c'est l'offre hostile du trio qui l'a emporté face au rapprochement avec Barclays, défendu en vain par les dirigeants d'ABN Amro; les actionnaires de cette dernière ayant préféré l'offre du consortium, plus rémunératrice.
Alix Fourier