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CIH, une banque assainie et en expansion

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“Le CIH est aujourd’hui une banque assainie“ a indiqué M. Alioua, Président du Directoire du CIH, lors de la présentation des résultats semestriels du Crédit Immobilier et Hôtelier le 3   octobre dernier. La situation de «quasi faillite» qu’avait trouvée M. Alioua à son arrivée à la tête du CIH en 2004 «est derrière nous». Et ce, «grâce à l’action des pouvoirs publics, des actionnaires - anciens et nouveaux et de l’ensemble du management et du personnel du CIH. Le CIH est sorti de la convalescence et est pourvu de suffisamment de capitaux propres pour le marathon.» Une situation, qui selon le Président est désormais structurelle.
Les deux changements qui ont marqué ce semestre sont l’adoption d’un business modèle triennal, porteur d’une volonté d’expansion et celle d’un nouveau mode de gouvernance qui privilégie la séparation des fonctions de gestion de celles de Contrôle et de Surveillance. «Un mode de gouvernance qui assure la transparence totale de la gestion » et qui a signé l’arrivée dans le management du Groupe Caisse d’Epargne. Conformément au pacte d’actionnaires, la direction générale est désormais franco-marocaine, M. Laftit étant chargé des finances, risques et ressources et M.  Therry du développement et de l’exploitation. Selon M. Alioua, il n’y a pas eu de «perturbations liées à ce changement de gouvernance» qui s’est accompagné d’une restructuration de la banque avec un suivi détaillé de chacun des métiers. La sortie réalisée sur une grande partie du portefeuille malade a permis d’améliorer le total bilan du CIH.  Cet assainissement se retrouve au niveau du taux de créances en souffrance sur les crédits à l’économie qui est passé à 30,32% au 30 juin 2007. Quant au taux de couverture des créances en souffrance, il est de 67,36% aujourd’hui et démontre la capacité de la banque à dégager des cash flows. En outre, le CIH a provisionné toutes les créances à risque ; «il ne peut donc y avoir que des bonnes surprises en ce qui concerne le portefeuille malade.» Le CIH qui avait bénéficié des dérogations de BAM, est aujourd’hui «totalement en ligne avec les ratios prudentiels», comme son ratio de solvabilité Cook qui se situe au delà des 8% réglementaires. Cette amélioration est liée selon M. Alioua, à des «facteurs strictement endogènes au CIH».

Une hausse du PNB de 122%
Le CIH a enregistré des résultats très encourageants ce semestre, résultats qui s’inscrivent dans un contexte de croissance du marché immobilier et d’expansion du secteur bancaire liée à la faible bancarisation du pays et à une plus grande prise de risque des banques. La banque a affiché un Produit Net Bancaire de 632MDH au 30 juin 2007 contre 540MDH l’an passé et 368MDH en juin 2005. Cette amélioration du PNB s’explique essentiellement par l’augmentation de la marge d’intérêts (qui est passée de 290MDH en  juin 2005 à 560MDH en juin 2007). De nouveaux espaces de production restent donc à conquérir, «le CIH n’ a pas encore épuisé les ressources qui peuvent se dégager du portefeuille bancaire.» Ces résultats, accompagnés d’un effort de maîtrise des charges ont permis une amélioration sensible du résultat net de la banque passant de -737MDH en juin 2005, à +247MDH au 30 juin 2006 et à +551MDH ce semestre. Ce résultat net qui a plus que doublé par rapport au premier semestre 2006 est considéré comme un «challenge qui présente le cap pour les prochaines années.»
Du côté des ressources, la collecte des dépôts a enregistré une hausse de 9% pour s’établir à 12,31MDH au 30 juin dernier. Il s’agit d’un point stratégique pour le CIH afin de refinancer son activité et révéler sa personnalité bancaire (le CIH qui est à l’origine un établissement spécialisé a été autorisé en 1988 à recueillir des dépôts et est devenu à ce titre une banque comme les autres).
Du côté des emplois, le montant des crédits approuvés a augmenté de 0.22% mais celui des crédits débloqués de 13%, ce qui représente un montant de 2,21MDH et une expansion supérieure à celle du marché du crédit immobilier estimée à 8% pour ce semestre par le management. Ces bons résultats s’expliquent selon le Président par «un retour réussi dans le marché et la compétitivité du CIH.»

Vers une banque universelle ?
Selon l’un des principaux responsables de la banque, la stratégie principale du CIH, actuellement en phase de restructuration, est d’être une banque généraliste de premier plan à partir de son métier de base l’immobilier (en amont avec les promoteurs immobiliers et en aval avec les crédits acquéreurs) et à direction du particulier et de la famille.
Le CIH entend ainsi maintenir sa position stratégique dans son métier de base, le crédit immobilier et souhaite continuer à «contribuer à la politique nationale d’accès au logement» et notamment de ceux qui étaient exclus du système bancaire. Le CIH a été en effet «le premier à croire au Fogarim» qui, selon le Président ne présente pas de risque majeur. En outre, ce dernier ne croit pas à un retournement du marché immobilier puisque la demande continue d’être importante. M. Alioua a ajouté qu’il lui semblait anormal que les crédits immobiliers soient taxés lorsqu’il s’agit du financement du premier accès à la propriété ; «l’Etat devrait faire un effort en fiscalité et non pas seulement en matière de garanties».
Le CIH souhaite ainsi accompagner la politique publique dans la bancarisation du pays. Après avoir lancé en 2006 une campagne «Droit au Compte» qui répondait à la stratégie du CIH de se développer en matière de collecte des dépôts, ce dernier souhaite aujourd’hui «contribuer à une politique nationale d’épargne nouvelle» et se prépare à faire des propositions pour la prochaine équipe gouvernementale concernant la mise en place d’incitations à l’épargne de longue durée. Le CIH souhaite devenir une banque généraliste et compte à ce titre développer ses activités de marché (en partenariat avec le CDG, actionnaire de référence du CIH); développer le partenariat banques-assurances et les crédits à la consommation (des discussion sont en cours avec des établissements pour offrir un service complet aux particuliers) et proposer des produits innovants.
Le CIH continue également la mise en oeuvre de partenariats et de synergies avec le GCE, à l’instar de l’accord conclu en juin dernier avec la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse pour le produit de compte à compte destiné aux MRE.
Quant aux produits alternatifs, ils seront pour le CIH une activité complémentaire et contribueront à améliorer le taux de bancarisation ; même si M.  Alioua a précisé qu’il ne sentait pas une véritable demande pour ces produits au niveau des agences.

Alix Fourier



 

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