Après le succès qu'avait enregistré le Fonds de Placements Collectifs en Titrisation (FPCT) Crédilog I, Crédilog II a connu un accueil très favorable auprès des investisseurs (Compagnies d'assurances et Caisses de Retraite, OPCVM, Établissements de crédit, etc). La titrisation effective de 9 232 créances hypothécaires d'un montant de 1 milliard de dirhams au profit du Fonds Crédilog II a eu lieu le lundi 23 juin dernier avec l'émission de FPCT. Les parts du fonds ont tous trouvé preneurs auprès des investisseurs institutionnels de la place. Si tous les parts du fonds ont été souscrites, il n'en demeure pas moins qu'un engouement particulier a concerné la part P1. Les souscriptions portant sur cette catégorie ont connu un engouement de sorte que le montant de la part a rapidement été dépassé de 44,5 millions de dirhams poussant à la suspension des placements des parts P1 avant la fin de la période de souscription. Cet engouement des différents investisseurs pour les parts P1 s'explique par un certain nombre de facteurs. D'une part, la durée courte de ce placement 2,65 années, offre une grande visibilité aux investisseurs. D'autre part, les parts P1 sont très biens rémunérées. En effet, avec un spread de 40 points de base, les placements P1 se retrouvent avec un taux de rémunération de 5,11 %, un niveau attrayant, d'autant que la détente des taux a de fortes chances de se poursuivre dans les mois à venir (chèque d'Altadis oblige). Par ailleurs, l'engouement des investisseurs s'explique également par les garanties qu'offre la part P1. Pour rappel, celle-ci bénéficie en priorité des flux de remboursement des créances sous-jacentes. En plus, elle est couverte, à travers la ristourne, par une garantie de l'état pour le paiement de plus de 100 % des intérêts, ainsi que du matelas de sécurité d'environ 400 millions de dirhams constitué de parts spécifiques, d'un fonds de réserve, du différentiel d'intérêts et d'une ligne d'avances de liquidité. Les garanties adossées à la part P1 font de celle-ci le placement le plus sûr après les Bons du Trésor au niveau de la place.
Maturité des investisseurs
Les placements P2, ayant une vie moyenne de 8,72 années, et les Parts S, d'une durée de vie de 5,81 années, ont été également entièrement souscrites avant la fin de la période de placement. Les parts P2 et S ont bénéficié des spreads respectifs de 65 pbs et 150 pbs ramenant leur taux respectif à 6,39 % et 6,85 %. Pour ce qui est de la fixation des spread, "pour chaque part, le spread a été défini par rapport à une série de points à risque neutre sur la courbe des taux sur toute la durée de vie de la part, permettant ainsi de déterminer un spread par rapport à la courbe des taux", fait remarquer M. Souhail Khallock, Directeur Structuration de Maghreb Titrisation. A travers cette opération, le CIH a pu lever un milliard de dirhams à moyen et long termes, sous la signature de Crédilog II, à des conditions de financement très avantageuses. La réussite de cette seconde opération ouvre la porte aux autres établissements de la place qui souhaitent se lancer dans la titrisation des créances.
Outre le succès de Crédilog II, M. Fouad Bendi, Directeur de Gestion de Maghreb Titrisation souligne que "les investisseurs ont fait preuve d'une grande maturité en faisant la séparation entre le Fonds et le cédant (CIH), basant leur décision uniquement sur la qualité du montage et du portefeuille titrisé". In fine, le succès de Crédilog II prouve que le marché a intégré parfaitement la titrisation en tant qu'instrument de placement financier attrayant pouvant jouer le rôle de substitut naturel aux bons du Trésor pour les investisseurs qui souhaitent diversifier davantage leurs portefeuilles.
Moussa Diop