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La dynamique du marché doit venir des investisseurs domestiques Symposium de la Bourse de Casablanca

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Publier le : July 3, 2003

La Bourse de Casablanca connaît depuis le début de l'année une dynamique certaine comme en témoigne l'évolution des principaux indices du marché. Le principal baromètre de la place, le MASI, a réalisé une performance annuelle de 19,6 %, à 3 564,48 points, et la capitalisation boursière est remontée à plus de 104 milliards de dirhams. Cette reprise étant encore fragile, même si les fondamentaux de l'économie et des sociétés cotées sont globalement solides, il était nécessaire de se pencher sur les voies à même de consolider la place casablancaise et son positionnement au niveau de la région MENA.
C'est dans cette optique que s'inscrit le Symposium des marchés financiers organisé par la Bourse de Casablanca le lundi 30 juin dernier avec comme thème central: "Rôle des investisseurs institutionnels et des investisseurs étrangers dans le renouveau de la Bourse de Casablanca".
Intervenant dans ce cadre, M. Albert Momdjian, Responsable de la zone MENA de Merill Lynch International est revenu sur les investissements étrangers de portefeuilles au Maroc. A ce niveau, M.Momdjian a souligné les points positifs sur lesquels le Maroc peut compter pour attirer davantage d'investisseurs. La réduction de la dépendance de la croissance du PIB du Royaume vis-à-vis de la pluviométrie et le niveau de qualification des ressources humaines des établissements financiers sont des atouts non négligeables. Seulement, aujourd'hui, face à la férocité de la concurrence entre les différentes places financières du MENA et des autres pays émergents et à la montée des risques suite au ralentissement de l'activité économique au niveau mondial, il faut aller au delà de ces avantages. Pour lui, les investisseurs étrangers investissent particulièrement dans des secteurs qu'ils connaissent bien et à fort potentiel de croissance comme l'Énergie, le Tourisme et l'Hôtellerie, les Télécommunications et l'Industrie et les Nouvelles technologies de l'information (NTI), etc. Or, l'absence d'entreprises cotées au niveau du nouveau marché n'encourage pas l'image de la Bourse de Casablanca.

Problème de liquidité

En plus, et c'est un élément non négligeable, les investisseurs étrangers tablent beaucoup sur les places qui offrent des titres très liquides qui leurs permettent de se désengager facilement d'une place pour une autre devenue plus attrayante. Sur ce point, la place casablancaise a enregistré un recul inquiétant comme en attestent les chiffres distillés par M. Mohamed Amrani de BMCI Bourse. La liquidité de la place est passée de 60 % en 1999 à seulement 25 % en 2003, sous l'effet d'une multitude de facteurs dont la baisse significative du nombre de détenteurs d'actions dont le nombre est passé de 50 000 durant les privatisations à moins de 20 000 actuellement, la forte concentration sectorielle du marché ou trois secteurs (Banques, Matériaux de construction et Holdings) représentent plus de 75 % de la capitalisation boursière du marché, la réduction des participations croisées, etc. Au delà, de ces deux facteurs qui jouent en défaveur de la Bourse de Casablanca, M. Momdjian a mis également l'accent sur "le déficit de communication sur le marché international". Ce que confirme Eric Le Blan de Merchantbridge. Pour Le Blan, l'absence d'investisseurs étrangers alors que la Bourse de Casablanca répond parfaitement aux standards des places des pays semblables en matière technique et réglementaire et que l'économie marocaine enregistre des performances économiques appréciables prouve qu'il faut aller chercher l'investisseur là où il se trouve, à l'image de ce que font Tunisiens et Égyptiens. A ce niveau, il faut dire que les "road show" effectués par les dirigeants de la Bourse sur certaines places financières les années passées n'ont rien rapporté d'encourageant.

Priorité à l'investissement local

Reste à savoir si les conditions sont totalement remplies comme ce fut le cas à la moitié des années 1990 lorsque les investisseurs étrangers ont investi la place casablancaise. Pour M. Youssef Benkirane de BMCE Capital Bourse, l'arrivée des investisseurs étrangers s'expliquait par la conjonction de plusieurs conditions favorables: réforme du marché financier, déclenchement du processus de privatisation, niveaux de valorisation très attrayante des sociétés cotées, effet de mode des pays émergents, etc. Voulant profiter de cette conjoncture globalement favorable, les fonds d'investissement étrangers ont investi massivement sur place casablancaise qui réalisait des performances annuelles extraordinaires à l'époque. Ainsi, "entre 1996 et 1997, les capitaux étrangers représentaient 12 % de la capitalisation boursière  et 25 % du volume quotidien des transactions enregistrées au niveau de la place", fait remarquer M.Benkirane. Seulement, avec la crise asiatique, ces capitaux ont quitté le Maroc engrangeant au passage d'importantes plus-values. Concernant un retour éventuel de ces investisseurs, le dirigeant de BMCE Capital Bourse soulignent deux handicaps: le niveau faible de la liquidité au niveau de la place et l'absence de visibilité des investisseurs locaux.
Dans ces conditions, le consensus qui s'est dégagé est que la dynamisation du marché boursier dépendra avant tout du comportement des  investisseurs locaux. Sur ce point, M. Abdessamad Issami d'Upline Securities  regrette que "les financements via augmentation de capital ou émissions d'obligations n'ont pas contribué à la mise à niveau des entreprises nationales". En effet, en dépit des spreads importants entre les taux bancaires et les Bons du Trésor, rares sont les entreprises qui saisissent les opportunités qu'offrent le marché des capitaux. Pour M. Issami, la principale cause de ce phénomène est à rechercher dans "la structure du capitalisme marocain".

Avoir une vision régionale

La reprise du marché boursier redonne un peu d'espoir aux investisseurs. Seulement, l'offre de papier de qualité ne suit pas, comme l'a bien martelé M. Abdeslam Boumehdi de CD2G. Aucune introduction en Bourse n'a été enregistrée en 2002. L'exigence de la transparence et les craintes liées aux pertes de pouvoirs justifieraient en grande partie la réticence des entreprises à s'introduire en Bourse. Du coup, et hors l'ouverture du capital de la BCP, seules les privatisations sont à même de donner du sang neuf à la Bourse. Sur ce point, Mme Najat Saher de la Direction des Établissements Publics et des Participations (DEPP), a fait part de la privatisation au cours de l'année en cours de 8 sociétés. Bien que "le schéma de transferts ne soit pas encore défini", comme elle l'a bien noté, il serait souhaitable qu'une partie de ces privatisations transitent au niveau du marché boursier afin de réconcilier les investisseurs avec la place et contribuer également à l'amélioration de sa liquidité. L'arrivée prochaine de la Banque centrale Populaire (fin 2003), de Maroc Télécom et de la COMANAV (2004) permettront de rehausser le niveau de liquidité dont souffre la Bourse de Casablanca.
Seulement, comme l'a bien fait comprendre Mme Saher, "les privatisations ne doivent pas être considérés comme étant les seuls catalyseurs de la Bourse".
Pour finir, M. Momdjian recommande aux entreprises marocaines d'être actives au niveau régional et ne plus se replier uniquement sur le marché national qui reste étroit. Le niveau du taux d'épargne qui est de 26 % du PIB -contre 10,3% en Égypte, 16,9 % en Afrique du Sud-, conjugué aux compétences des ressources humaines au niveau des marchés financiers, constitue un atout non négligeable. reste que le positionnement du Maroc au niveau régional considéré comme un salut est en partie freiné, selon M. Issami, par le contrôle de change.                  

Moussa Diop

Le Salon de la Bourse se tiendra du 25 au 27 septembre 2003 à Casablanca

Le Salon de la Bourse qui s'inscrit dans le cadre du programme de la vulgarisation de la culture boursière au Maroc se tiendra finalement du jeudi 25 septembre au samedi 27 septembre 2003 à l'Hôtel Hayatt Regency. Cette manifestation, qui se veut biennale, constitue une plate-forme de communication financière qui permet de présenter les différentes opportunités de placement de l'épargne au niveau du marché financier au sens large (valeurs mobilières, OPCVM, produits bancaires, produits d'assurances et de retraite). Ce "Carrefour des Épargnants" sera également un lieu de rencontre et de dialogue entre épargnants, dirigeants des sociétés cotées, banquiers, intermédiaires du marché, gestionnaires de fonds, compagnies d'assurance, caisse de retraite et institutions du marché boursier (Bourse de Casablanca, CDVM, etc).
Le Salon sera également une occasion pour les néophytes de s'initier aux concepts et techniques du marché boursier grâce aux ateliers de formation de l'École de la Bourse.



 

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