L’exercice 2006 de la CIMR (Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite) a été marqué par la réalisation de bons résultats comme en atteste les principales évolutions des indicateurs distillés par M. Nour-Eddine Jaoudi, Directeur Administratif et Financier de la Caisse. Au niveau financier, les principaux indicateurs ont enregistré des évolutions positives. Les produits techniques se sont appréciés de 11,2 % à 3 182 MDH. Les charges ayant été contenues avec une progression de seulement 2,7 %, le solde technique s’est ainsi apprécié de 40,1 % à 911 MDH et le taux de couverture technique s’est amélioré passant de 129,4 % en 2005 à 140,1 % en 2006.
Le produit net du patrimoine de la CIMR a enregistré une hausse de 10,7 % à 911 MDH, faisant passer le total des produits de la Caisse à 4 113 MDH. Les charges globales de la CIMR se sont établies à 2 353 MDH (hausse de 2,7 %), dont 2 143 MDH au titre des allocations de retraite et 63 MDH en frais généraux et pertes et profits.
Conséquence, l’excédent d’exploitation est ressorti à 1 760 MDH en hausse de 23,8 %. Grâce à la maîtrise des charges, le taux de frais de gestion, qui représente le ratio entre les frais de gestion de la CIMR et ses produits techniques, s’est ainsi amélioré pour se situer à 1,97 % à fin 2006.
Ces résultats ont permis à la CIMR de renforcer ses réserves totales de prévoyance de 19 % à 10 997 MDH à fin 2006.
Parallèlement à ces résultats financiers, la CIMR a enregistré en 2006 le recrutement de 269 nouvelles entreprises adhérentes pour un effectif de 4 845 nouveaux affiliés au régime, soit un taux de progression des effectifs de 2,1 % des actifs cotisants. Avec un total de 4 071 adhérents, le nombre total des actifs cotisants est passé à 236 489 pour un total de 107 902 allocataires de pensions. Le recrutement de nouveaux adhérents s’est traduit par une hausse de 9,2 % des cotisations qui se sont établies à 3 075 MDH dont 1 632 MDH de cotisations patronales et 1 323 MDH de contributions des salariés. Quant aux allocations servies aux retraités et à leurs ayants droit, elles se sont élevées à 2 142,7 MDH.
Outre les bons résultats, le bilan actuariel de l’exercice 2006, dans le sillage des trois précédents, confirme la pérennité du régime de la CIMR au-delà de l’horizon de projection (60 ans). Globalement, celui-ci fait ressortir un maintien du niveau de l’engagement non couvert à 42,3 milliards de dirhams en 2006 contre 42,1 milliards en 2005, une augmentation du taux de préfinancement qui passe ainsi de 50,4 % en 2005 à 53,2 % en 2006, une amélioration sensible du taux de couverture de 20,5 % en 2005 à 24,1 % en 2006. Parallèlement, l’amélioration du niveau confortable du fonds de prévoyance, qui est constamment positif avec une orientation ascendante en fin de période de projection, confirme la pérennité de la Caisse.
Recruter de nouveaux cotisants
Reste comme l’a bien souligné M. Khalid Cheddadi, Président Directeur Général de la CIMR, «le régime de répartition reste un régime très sensible». Et dans cette optique, et afin de parer à toute déconvenue, des tests de sensibilité sont réalisés annuellement pour voir le comportement de la Caisse à l’horizon de 60 ans. Ces testes ont montré que le régime reste sensible au taux de rendement financier et à l’évolution du nombre des actifs cotisants. Ce qui pousse la CIMR a accordé un intérêt particulier à ces deux indicateurs. En matière de rendement, ces tests montrent qu’avec un rendement à 4 %, le fonds devient négatif en 2045. Toutefois, avec un rendement de 4,6 %, le fonds redevient positif. A noter que pour 2006, le taux de rendement de la CIMR a été de 9,53 %. Par ailleurs, ces tests ont montré que le fonds allait devenir négatif en 2041 an cas de stabilité des effectifs des actifs cotisants. Cependant, un rendement de 5,25 % et un fonds en valeur marché peuvent corriger cette la tendance.
Globalement, «la pérennité de la CIMR est assurée jusqu’à l’horizon 2067 alors qu’avant la réforme de 2003, celle-ci n’était assurée que jusqu’à l’horizon 2012», se réjouit M. Cheddadi.
Reste que pour consolider cette pérennité, il faut continuer à recruter annuellement un nombre de cotisants supérieur à celui des partants à la retraite tout en continuant à dégager de bons taux de rendement. C’est ainsi que la politique de recrutement constitue la pierre angulaire de la stratégie de la CIMR qui a entrepris au début de cette année une «Caravane de la Retraite» qui a sillonné 12 grandes villes du Royaume. A travers cette manifestation de sensibilisation sur l’intérêt d’une retraite complémentaire, la CIMR escompte enregistrer 700 nouvelles adhésions d’entreprises. Pour ce qui est du rendement de ses placements, et partant de la baisse des taux obligataires, de l’euphorie qui prévaut sur le marché boursier et du développement de nouvelles classes d’actifs, la CIMR a entrepris une nouvelle stratégie d’allocation de son portefeuille qui améliore sa position risque/rendement. Celle-ci se traduira par une forte baisse de l’engagement au niveau du compartiment obligataire, un renforcement au niveau des fonds actions et des investissements raisonnables dans l’immobilier, les actifs structurés et les actions en private equity. Notons que le portefeuille CIMR s’est établi à fin 2006 à 18,8 milliards de dirhams en valeur marché et s’est renforcé depuis grâce au bon comportement du marché boursier et donc des placements actions mais aussi des bons résultats enregistrés par les OPCVM gérés en délégation.
Moussa Diop