Il faut préciser que ces mesures ont été élaborées en concertation avec le monde des affaires et les banques.
Ces mêmes réformes ont été présentées à la presse mercredi 18 juillet lors d’une rencontre avec les journalistes au ministère des Finances.
Le détail des mesures
La première de ces importantes mesures de libéralisation du régime de change au Maroc concerne l’ouverture d’un compte capital pour les compagnies d’assurances et les caisses de retraite. Désormais, celles-ci pourront, sans demander l’autorisation préalable de la DAPS, comme le prévoyait le Code des Assurances en 2002, investir 5% de leurs actifs à l’étranger. Les banques, considérées comme des institutionnels, pourront bénéficier de cette même mesure de libéralisation de change.
Les OPCVM, quant à eux, pourront dorénavant investir en devises jusqu’à 10% de leurs actifs à l’étranger. On précisera qu’ils le font déjà à travers les produits structurés, mais en dirhams uniquement. Cette mesure n’est peut-être pas très intéressante pour les OPCVM sachant qu’en investissant en devises, ils devront subir le risque de change qui pourrait grever le rendement de leurs placements. Leurs placements en dirhams à l’étranger leur permettent, en effet, de capter la performance sans subir de risque de change et sans qu’ils soient limités en pourcentage de leurs actifs comme ils le seront dans leurs placements en devises. C’est là donc la seconde réforme.
La troisième mesure concerne les opérations de couverture à terme. Elles sont actuellement limitées à un an et seront allongées jusqu’à 5 ans.
En conséquence, une quatrième mesure permet aux banques de placer à l’extérieur leurs excédents de trésorerie pour une durée de 5 ans contre 2 ans autorisés jusqu’à présent, avec, de surcroît, un assouplissant des conditions. En effet, certains papiers étrangers, dont la notation est inférieure au triple A, étaient carrément interdits comme support de ces placements.
La cinquième réforme permet aux exportateurs de conserver jusqu’à 50% du revenu de leurs exportations contre 20% jusqu’à présent, sur leurs comptes en devises. Cet argent devrait leur permettre de financer leurs propres importations.
La sixième réforme s’applique aux importateurs à part entière, qui vont pouvoir, pour leur part, acheter et payer par anticipation leurs importations. C’est ainsi que leurs achats réalisés à intervalles définis se feront dorénavant par anticipation, ce qui leur permettra de mieux profiter des conditions des marchés.
La septième réforme bénéficie aux PME-PMI qui peuvent aujourd’hui investir à l’étranger jusqu’à hauteur de 30 millions de dirhams sans autorisation préalable de l’Office des Changes dans l’objectif de développer leur entreprise ou réaliser une croissance externe. Pour tout montant supérieur, une autorisation de l’Office des Chances s’impose. Cette mesure d’encouragement économique entièrement nouvelle est d’une grande importance et constitue une véritable ouverture de l’économie marocaine à l’international.
Enfin, la huitième mesure, relative au crédit acheteur en devises, en a assoupli les conditions. Il s’agit des crédits en devises accordés par les banques marocaines à des entreprises qui interviennent à l’étranger. Ces crédits, très peu utilisés, pourraient ainsi se développer.
Ces réformes posent tout particulièrement les jalons de la libéralisation des changes dans notre pays. C’est une étape supplémentaire qui est franchie, même si elle reste encore intermédiaire.
Il s’agit d’une grande avancée que M. Khalid Nasr, Vice-Président de BMCE Capital, interprète comme « un signal aux institutions internationales qui montre que le Maroc s’achemine à grands pas vers une plus grande libéralisation de son régime de change pour rendre encore plus attractif le pays pour les investissements directs étrangers ».
D’autres batteries de mesures interviendront progressivement pour que d’ici 2010 on instaure la convertibilité totale de change au Maroc.
Afifa Dassouli