L’ouverture grandissante de l’économie nationale, l’afflux de plus en plus important de capitaux étrangers, directs ou en portefeuille et la volonté des grandes entreprises d’aller à la conquête de nouveaux marchés (en Afrique notamment) imposent une nouvelle approche de la politique de change du Royaume. Cette nécessité est parfaitement appréhendée par l’Office des Changes qui, au cours des deux dernières années, a mis en place plusieurs mesures et réformes en ce sens. C’est ainsi que durant les mois précédents, l’Office des Changes a autorisé l’utilisation du dirham à l’intérieur de la zone franche de Tanger, à la condition que les dirhams proviennent de la cession de devises sur le marché des changes et qu’ils soient utilisés pour le règlement de certaines dépenses, tels les salaires, les petites dépenses et autres frais de réparation.
Par ailleurs, durant l’année 2005, les centres d’appels et l’activité de tournage de films étrangers dans notre pays ont pu bénéficier d’une innovation majeure, celle du contrôle a posteriori de l’Office des Changes. Cette mesure était rendue nécessaire du fait que ce sont là deux activités émergentes en voie de constante progression.
En 2006, les réformes et aménagements se sont poursuivis d’abord dans l’esprit d’une mise à niveau du régime général des règlements entre le Maroc et l’étranger, par une refonte, ensuite, du système de change manuel et l’institution de bureaux de change. Il y a également lieu de noter la mise en place d’un système de crédit à l’exportation et la refonte du régime des assurances en devises.
L’Office des Changes s’est également attelé à la redéfinition des dispositions de la réglementation des changes régissant les voyages d’affaires autres que ceux des exportateurs, à l’intention des PME, d’une part, et des grandes entreprises, d’autre part.
Enfin, l’année 2006 a connu la codification des textes de la réglementation des changes en matière de commerce extérieur, pour les importations comme les exportations. De même, l’autorisation pour les non-résidents porteurs de projets d’investissements d’accéder aux crédits bancaires locaux ainsi que la libéralisation des implantations bancaires à l’étranger et la libéralisation des investissements à l’étranger liés à la promotion des exportations de biens et de services.
Convertibilité totale, des contraintes objectives
Bien qu’inscrite dans les objectifs de la politique économique et financière des pouvoirs publics, souhaitée ardemment par les opérateurs et les investisseurs et recommandée par les institutions internationales, la convertibilité totale du dirham ne peut être réalisée totalement du fait de contraintes objectives, endogènes et exogènes.
Celle-ci réalisée, cela impliquerait notamment la levée de toutes les restrictions sur les exportations de capitaux par les résidents au Maroc et l’abandon de l’obligation de rapatriement des recettes d’exportation de biens et de services.
Des limites incontournables existent donc parmi lesquelles il convient de citer le risque d’instabilité du système financier national, la relative fragilité des équilibres extérieurs, mais aussi les contraintes de l’environnement économique et financier international.
Il est toutefois acquis comme le confirment les huit dernières réformes annoncées hier par le Ministre des Finances que les missions et la nature de l’Office des Changes sont en mutation profonde afin de conformer cette institution aux exigences nouvelles du développement économique du Royaume.
Afifa Dassouli