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La bancassurance en chiffres

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Institutionnalisée seulement avec la promulgation du Code des Assurances en 2002, la bancassurance, néologisme né de la contraction de «Banque» et «Assurance», qui consiste en la distribution des produits d’assurance via le réseau bancaire, occupe de plus en plus une place de choix au niveau du marché des assurances marocaines.
En gros, le secteur compte aujourd’hui 9 acteurs qui distribuent leurs produits à travers plus de 3 700 points de vente. Globalement, la bancassurance s’est développée selon trois modèles plus ou moins différents: la filialisation (Attijariwafa bank-Wafa Assurance et Société Générale-La Marocaine Vie), les accords de distribution entre banques et compagnies d’assurance (BCP-CNIA/Atlanta/RMA Watanya, BMCI-AXA Assurance Maroc/Wafa Assurance/RMA Watanya et CDM-AXA Assurance Maroc/Wafa Assurance/RMA Watanya) et, enfin, la stratégie de groupe liant une banque et une compagnie d’assurance appartenant à un même groupe (BMCE Bank-RMA Watanya).
Du point de vue de la production la bancassurance, celle-ci, après avoir atteint 3,99 milliards de dirhams en 2002, s’est réduite en 2003 et 2004 à 3,48 et 2,89 milliards de dirhams, sous l’effet de l’imposition à l’IGR retenu à la source, des plus-values réalisées au titre des souscriptions dont la durée est inférieure à 10 ans.  Ce sont les  primes liées aux opérations Vie et Capitalisation, composante principale du marché qui ont été affectées. Suite à ce fléchissement, le marché a repris son trend haussier avec des productions s’établissant à respectivement 3,28 milliards en 2005 et 4,26 milliards de dirhams en 2006. Cette production est répartie entre quatre branches d’activité -Assistance, Maladie & Accidents Corporels, Vie & capitalisation et Assurance Crédit. Mais, la branche «Vie & Capitalisation» concentre à elle seule l’essentiel de l’activité soit 86,49 % (963 MDH) et 89,30 % (2 603 MDH) des primes émises respectivement en 2005 et 2006 et, 80 % des commissions perçues aussi bien en 2005 (85,26 MDH) qu’en 2006 (96,43 MDH). De plus, l’activité de bancassurance se concentre entre les mains des grandes et tout particulièrement à travers les opérations «Vie & Capitalisation» qui ont représenté en 2006 plus de 91,66 % de l’ensemble des souscriptions réalisées par Attijariwafa bank (contre 88,3 % en 2005), 98,9 % de celle de BMCE Bank et 64,2 % du Crédit Populaire du Maroc. 
Loin derrière l’activité «Vie & Capitalisation» arrive celle de l’«Assistance» dont les primes émises ont atteint 282,28 MDH en 2006 (contre 266,06 MDH en 2004) représentant ainsi 9,86% du marché de la bancassurance. A noter que plus de 79,11 % du chiffre d’affaires de cette activité a transité par les guichets bancaires en 2006, contre 72,77 % en 2004. Et sur ce marché, le Crédit Populaire du Maroc se taille la part du lion en engrangeant plus de 71,23 % des primes «bancassurance» émises et près de la moitié des commissions perçues.
Les activités «Maladie & Accidents Corporels» et «Assurance Crédit» quant à elles demeurent pour le moment marginales avec à peine un peu plus de 1,2 % des primes émises du marché de la bancassurance.
Et donc, les primes émises sur le marché de la bancassurance ont représenté en 2006 plus de 45,65 % du chiffre d’affaires total du marché relatif à cette catégorie (contre 33,8 % en 2004), et en termes de commissions allouées aux banques, cette proportion a atteint 38,61 %, au titre de ces opérations, contre 29,3 % en 2004.
Par ailleurs, si 9 acteurs se partagent le marché de la bancassurance marocaine, celui-ci reste tout de même fortement dominé par trois acteurs majeurs. En effet, les trois premiers acteurs du marché s’accaparent plus de 80,5% des primes émises en 2006 (contre 84,6 % en 2004). C’est Attijariwafa Bank qui arrive en tête avec 1 053,15 MDH de primes émises contre 757,99 MDH pour BMCE Bank et 538,46 MDH pour le CPM, soit des parts de marché respectives de 36,13%, 26 % et 18,47 %. Certes, on peut qualifier le marché d’être oligopolistique mais celui-ci ne peut que s’étendre compte tenu de ses potentialités. Plusieurs facteurs militent pour son développement. A commencer par le faible taux de pénétration du marché (primes émises brutes/PIB) qui atteint à peine 0,8 % pour la branche Vie qui recèle encore un potentiel de développement très significatif pour les années à venir. D’ailleurs, toutes s’y investissent fortement. La SGMB, forte de sa filiale d’assurance, La Marocaine Vie, occupe déjà la quatrième place du secteur avec 8,23 % de part de marché pour les primes émises en 2006 et compte se renforcer sur ce créneau en misant sur les synergies groupe (banque, assurance, crédit à la consommation, etc.). Idem pour la BMCI qui contrôle 4,32 % des parts de marché du secteur et qui compte sur le renforcement de son partenariat avec Axa Assurance Maroc pour pénétrer davantage le marché.  C’est le cas également du Crédit du Maroc qui affiche de nouvelles ambitions de développement au Maroc et qui en conséquence ne pourra pas négliger ce marché qui présente d’indéniables perspectives de croissance.
Pour le CIH, Barid Al-Maghrib et le Crédit Agricole du Maroc, qui occupe des positions marginales sur ce marché, elles doivent fournir de considérables pour grignoter des part de marché aux mastodontes établis. Le CIH, avec son adossement aux Groupes CDG et Caisses d’Epargne, et donc aux compagnies d’assurance Sanad et Atlanta, a les atouts nécessaires pour figurer parmi les leaders du marché.   
A noter qu’au-delà des performances réalisées par les banques, la bancassurance joue aujourd’hui un rôle capital dans la mobilisation de l’épargne et le financement de l’économie. Outre les volumes collectés, les produits de prévoyance décés-indemnité contribuent à faciliter l’octroi des crédits en confortant la qualité des crédits bancaires et parabancaires.

Moussa Diop



 

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