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Entretien avec Mohamed Amine Benhalima, DG de Fipar Holding : Nos investissements sont sélectifs dans une logique financière, ce

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La Nouvelle Tribune :
M. Benhalima, vous directeur général du holding  Fipar de l’ex BNDE. Pouvez-vous nous parler de sa reconversion depuis le redéploiement de la BNDE par la CDG ?

Pour répondre à votre question, je vais revenir un peu sur l’activité d’origine de Fipar Holding. Elle a été créée en 1989 par la BNDE en tant que véhicule financier qui accueillait certaines participations financières de la BNDE comme Ciments du Maroc. Il accueillait également des sociétés auxquelles la banque octroyait des crédits en y prenant une part de capital dans l’optique d’en suivre  la restructuration.
Quand la CDG l’a racheté, Fipar Holding avait183 millions de dirhams de total bilan dont le rachat à 100% a été effectué en décembre 2003. L’objectif de la CDG était d’en faire un véhicule d’investissement destiné à prendre des participations financières dans des sociétés, sachant que la Caisse de Dépôt et de Gestion possédait déjà un portefeuille important de participations financières, en dehors de ses filiales.
Dès 2004, la restructuration de Fipar Holding a été entamée afin d’en faire un outil de gestion des diverses participations financières de la CDG. Nous avons dès cette date racheté les participations financières stratégiques de la CDG en respect de notre rôle de gestion pour compte d’autrui et investi dans d’autres participations. Par exemple, Fipar gère HoldCo, qui porte la participation de la Caisse dans Méditel et que Fipar gère, sachant que le capital de HoldCo est majoritairement détenu par la Caisse, mais avec d’autres partenaires, comme le Groupe Akwa, etc.
Fipar est donc le holding de gestion des participations stratégiques de la CDG. Quelle est votre marge de manoeuvre ?
Certes, par participations stratégiques, il faut entendre participations financières à horizon moyen et long terme car quand nous entrons dans le capital d’une société, c’est pour l’accompagner dans la durée.
Mais, cela n’exclut pas de faire des sorties plus tôt, pour des raisons financières ou en fonction de circonstances bien précises. L’opportunité peut, en effet, nous conduire à effectuer des opérations, car on ne conçoit pas la position moyenne long terme de nos participations comme une situation acquise ad vitam aeternam. Par ailleurs, nous ne sommes pas passifs au niveau de la gestion et de la conduite du développement des sociétés dans lesquelles Fipar Holding détient des participations. Par le biais de pactes d’actionnaires, nous nous impliquons et suivons de façon active les diverses évolutions de la société où Fipar Holding est impliqué et en ce sens, nous n’avons donc pas une attitude passive. De plus, notre objectif  est de développer des structures avec des partenaires tout en faisant, chaque fois que cela est possible, jouer les synergies avec notre groupe, la CDG.

Les acquisitions de Fipar sont financées par les propres ressources du holding. Peut-on vous assimiler à une société de capital-risque ?
Effectivement, Fipar finance par ses fonds propres ses acquisitions et détient les moyens dans ce dessein puisque notre capital est actuellement de 1,440 milliard de dirhams.
Nous pouvons comparer Fipar à un fonds de capital-risque du fait que ces derniers font des placements en capital de 500 millions de dirhams, contre 200 ou 300 millions auparavant, sauf qu’ils ne peuvent s’engager au-delà de 10 % du total de leur capital. Fipar Holding étant totalement libre de ce point de vue, ne saurait être classé dans cette catégorie d’opérateurs financiers. Non seulement, nos investissements sont largement supérieurs à ces montants, mais notre horizon d’investissement n’est pas le même. Les fonds de capital-risque ont une durée de vie maximale de dix à douze ans, alors que nous sommes une société anonyme à durée illimitée (99 ans).

Vous avez aujourd’hui plus de trois années de recul. Quelles ont été les acquisitions les plus intéressantes de Fipar Holding ? Favorisez-vous le coté ou le non coté ?
Nos acquisitions en propre s’élèvent à 5 milliards de dirhams, les participations de la CDG, tournent autour de 9 milliards de dirhams, donc le total de notre actif sous gestion est de plus de 14 milliards de dirhams.
Nous sommes actifs sur les deux volets, celui de la gestion de participations cotées et le non coté, avec, il est vrai, une petite préférence pour le non coté. Peut-être parce que ce dernier présente plus d’intérêt en termes de potentiel d’évolution, de structuration, etc.
Mais, le plus important est sans doute la hauteur de notre participation. Avec 10 % du Club Med par exemple, la CDG est aujourd’hui le second actionnaire de cette institution majeure du tourisme et du loisir mondiaux !
Ceci étant, quand nous sommes dans des lignes non cotées, nous prenons des participations  entre 10% et 20 %, sachant, évidemment que tout est dans la taille de la société en question.
De plus, nous avons un fonctionnement bien structuré et les décisions vont très vite puisqu’elles sont prises par un comité d’investissement qui fonctionne à partir de décisions normalisées.

Hormis le Club Med, quelles sont vos acquisitions parmi les plus intéressantes ?
Elles sont nombreuses, mais je citerai notamment notre participation de 20 % dans le capital de la Lydec, acquise avant l’introduction en bourse de ce gestionnaire délégué de Casablanca pour la distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement. Nous avons également fait quelques opérations majeures pour le compte de la CDG, comme l’apport des titres Méditel dans Holdco. La CDG avait environ 9 % du capital de Méditel en direct et après concertation avec le groupe Akwa, qui détenait Holdco, nous avons opéré un rapprochement et logé les participations Méditel de la CDG dans ce holding montant notre participation à 17 %. Autre opération d’importance pour le compte de la CDG, l’acquisition de 40 % des compagnies d’assurance Atlanta et Sanad, qui s’apprêtent d’ailleurs à s’introduire en bourse.

L’acquisition d’une participation dans TUI, l’opérateur de tourisme international d’origine germanique est-elle votre dernière opération ?
Tout à fait et elle est toute récente. Nous avons acquis 4 % du capital de TUI, directement. Cet opérateur gère avec le groupe Tikida des clubs de vacances au Maroc, dispose de 40 % du capital de Jet For You, la low cost privée marocaine, et se spécialise au niveau mondial dans le tourisme puisqu’il s’agit du premier tour opérateur européen.
Notre acquisition a été faite directement par Fipar Holding donc, mais dans le même temps, nous avons créé deux véhicules spécifiques. Le premier s’appelle «Teck Capital Management » et qui va porter l’investissement dans TUI. Il s’agit d’un SPV, «special purpose vehicle », un instrument d’investissement dédié qui portera uniquement la participation de Fipar dans TUI. Cela, avec comme intérêt, une gestion dédiée de l’investissement et notamment le financement de l’acquisition par des fonds propres et de la dette, soit trois milliards de dirhams. Parallèlement, nous avons créé un autre véhicule, Fipar International, qui est une structure similaire à Fipar Holding, mais pour les participations internationales.

Cela veut-il dire que vous avez d’autres projets à l’international ?
Nos investissements sont sélectifs dans une logique financière, celle de l’investissement après des études et une bonne connaissance des opportunités, comme le montre l’exemple de notre partenariat avec le Club Med qui, à partir du projet de la Palmeraie à Marrakech, opéré avec la CDG, a décidé une montée en gamme matérialisée par la création de ses unités «Trident».
Effectivement, nous nous intéressons à des sociétés comme le Club ou TUI parce qu’elles ont des projets et des intérêts au Maroc.
La vocation de Fipar International se définit donc comme une prise de participations financières susceptible d’avoir des externalités positives pour le Maroc. Et dans les objectifs de notre équipe, nous pratiquons une double démarche, celle d’aller à la recherche d’opportunités de partenariat, d’investissement, avec des sociétés de ce genre, mais aussi celle d’accueillir et de recevoir des offres émanant d’opérateurs internationaux intéressés par le Maroc et ses projets de développement, notamment dans le domaine du tourisme. Il est d’ailleurs normal que ce type d’opérateur s’adresse à la CDG sachant que la Caisse est le premier investisseur institutionnel du Royaume.

Quelle est, en guise de conclusion, votre philosophie d’action ?
Nous avons une stratégie de participation bien définie. Historiquement, notre portefeuille de participations était conséquent dans le secteur industriel. À partir de 2005, nous avons souhaité diversifier notre profil de risque, avec la préoccupation fondamentale de la rentabilité financière de nos participations, ce qui implique la diversification de notre portefeuille.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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