Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Dossier Bancassurance : Les derniers chiffres d’un secteur en plein essor

Auteur :

La bancassurance s’est beaucoup développée au Maroc depuis sa réglementation par le Code des Assurances. En 2006, elle a réalisé des performances impressionnantes,  soit un total de primes émises de près de 3 milliards de dirhams et quelques 118,6 millions de dirhams de commissions engendrées. Mais, il faut savoir qu’il y a, au moins, deux types de stratégies de bancassurance. La première est offensive et se matérialise par l’acquisition par une banque d’une compagnie d’assurances. La banque devient alors maître du métier et développe des moyens importants pour déployer cette activité à travers son réseau. L’autre se traduit par un partenariat commercial entre une banque et une compagnie d’assurances. Celle-ci lui offre des produits que la banque se limite à distribuer.
Au Maroc, les deux stratégies coexistent même si, de plus en plus, les grandes banques ont des filiales d’assurance, comme le Groupe Attijariwafa bank et le Groupe BMCE Bank.  
Réciproquement, des compagnies d’assurances distribuent leurs produits à travers des partenariats commerciaux avec les banques, tels AXA avec la BMCI et le Crédit Du Maroc, la CNIA, Atlanta et la SANAD avec la  BCP, le CIH ou le Crédit agricole, tandis que les compagnies d’assurances mutualistes se contentent de servir leurs propres clients.

Les atouts de la bancassurance
Les avantages de passer par la bancassurance plutôt que par une compagnie d’assurance classique sont nombreux pour les clients.
En premier lieu, la bancassurance leur permet de souscrire à des produits bon marché, parce qu’il s’agit d’une distribution large qui pousse les compagnies à consentir une tarification très compétitive.  La banque négocie avec sa compagnie ce que l’on appelle la vente de masse, qui lui permet de réduire les prix au maximum, contrairement à la vente individuelle.
Le courtier, quant à lui, devra inclure tous ses frais de démarchage envers la clientèle pour calculer ses gains au moment où la banque travaille à la marge, emploie ses agences et sa force de vente pour proposer des produits d’assurance qu’elle commercialise en masse à côté d’autres services bancaires, dits classiques. C’est donc, une action commerciale à la marge. D’ailleurs le réseau traditionnel ne s’intéresse pas à la vente individuelle de ce type de produits. Par contre, les compagnies d’assurance s’intéressent, elles, à la vente à titre collectif, à des entreprises qui comptent plusieurs dizaines de salariés.
La vente individuelle se concentre donc sur la bancassurance, tandis que les intermédiaires en assurances s’orientent beaucoup plus vers la vente de produits à la PME et à la grande entreprise.
Par ailleurs, la bancassurance présente un caractère de proximité alors que les compagnies d’assurances recourent à des courtiers, lesquels sont obligés de se déplacer pour gagner la clientèle. Un client qui fréquente couramment son agence bancaire est ainsi mis en situation d’obtenir des renseignements et des offres sur des produits d’assurance en profitant des conseillers d’agence qui le connaissent depuis longtemps, donc dans un climat de confiance.

Un packaging simple
En deuxième lieu, les banques ont développé des produits simples, avec des contrats facilement compréhensibles et des propositions de packages souvent liées aux crédits.
Toutefois, la bancassurance ne concerne que les assurances de personnes, d’assistance et d’assurance-crédit.
Pour ce qui est des assurances de personnes, il s’agit des produits d’épargne retraite, d’épargne éducation, mais aussi des produits d’assurance  décès et de santé.
Par exemple, pour les retraites complémentaires, on assiste depuis quelque temps à une prise de conscience, les personnes s’y engagent de plus en plus par le biais de la bancassurance, sachant que trop rares encore sont les entreprises qui proposent à leurs salariés « un deuxième étage » au niveau de leur retraite alors que la retraite de base s’avère souvent insuffisante en termes de revenus.
Cette tendance est encouragée par les avantages fiscaux que l’Etat consent à ceux qui contractent une retraite complémentaire.
La bancassurance occupe sur le segment de l’assurance vie une part de marché qui tourne autour de 80% à 90% pour ces produits.
Le succès de la bancassurance est aussi beaucoup dû à la simplification des produits objet de la distribution massive.
En effet, le processus de simplification des produits d’assurance est un phénomène réel. Il y a quelques années seulement, les produits d’assurance vie étaient extrêmement sophistiqués en termes de technicité et de calcul de l’épargne.
Aujourd’hui, les produits de bancassurance sont similaires aux produits bancaires, simples et accessibles. Le client peut suivre par exemple l’évolution de son épargne. Il sait qu’elle est rémunérée à un taux minimum garanti et qu’à la fin de l’année, il bénéficie d’un bonus supplémentaire puisque la compagnie place l’argent et distribue 90 % des bénéfices.
De plus, il y a aujourd’hui une grande souplesse dans les produits et notamment ceux d’épargne retraite. Un client peut cotiser jusqu’à 70 ans, s’il le désire. Il peut sortir quand il veut, voire demander une avance et effectuer des retraits partiels. Ce qui n’était pas le cas pour les produits classiques.

Le « plus » fiscal
Par ailleurs, les avantages fiscaux sont probants pour un produit d’épargne retraite et sont incomparables avec les produits d’OPCVM  qui sont, eux, fiscalisés. En effet, l’épargne retraite est totalement défiscalisée en cas de non-déduction des cotisations du revenu.
Quant à l’épargne éducation, c’est un produit défiscalisé si les prestations sont servies après 10 ans, et fiscalisé à l’IR sur la plus-value (c’est-à-dire le cumul des intérêts perçus) si les prestations sont servies avant 10 ans. Ce type d’épargne marche très bien car les clients sont conscients qu’une grosse dépense les attend à partir du moment où l’un de leurs enfants atteint les dix-huit ans.
De plus, ce produit bénéficie d’une clause spéciale d’assurance qui permet à l’enfant bénéficiaire, en cas de décès du parent, de recevoir jusqu’à sa majorité, une rente éducation trimestrielle égale à trois fois la cotisation mensuelle. Ainsi, pour un enfant d’un an qui bénéficiait d’une cotisation épargne éducation de 2000 dirhams par mois, l’assurance s’engage à payer pendant dix-sept ans, chaque trimestre, la somme de six mille dirhams par trimestre, moyennant, certes, au moment de la cotisation, le paiement d’une prime d’assurance équivalente à 5% du montant des cotisations.
En plus de cette rente éducation trimestrielle, l’assurance continue à alimenter le compte épargne jusqu’à la majorité de l’enfant bénéficiaire.
Il s’agit donc de deux garanties essentielles, la rente éducation et la poursuite de l’épargne.

Des produits variés
L’assurance Vie prévoyance comporte pour sa part le décès. Il s’agit généralement d’une formule liée au solde du compte, qu’il soit débiteur ou créditeur, afin d’intéresser les clients de la banque. La prestation est servie aux bénéficiaires sous forme de  capital.
Ce capital est indexé sur le solde du compte. S’il est débiteur, c’est l’assurance qui paie le débit et non la famille de l’assuré. S’il est créditeur, l’assurance paye l’équivalent du montant aux héritiers.
Ce produit compte une dizaine d’options au moins. Cela démarre à 20 000 DH et peut aller jusqu’à un million de dirhams.
Il y a aussi l’assurance Vie qui garantit les crédits.
Les autres assurances de prévoyance sont relatives aux accidents de la vie privée notamment la couverture des frais médicaux et d’hospitalisation.
Généralement, Ces produits  se déclinent en plusieurs options afin que toutes les catégories de clientèle puissent s’y retrouver, selon leurs revenus.

Afifa Dassouli



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com