Les banques sont habilitées par le Code des assurances à commercialiser les assurances de personnes exclusivement.. L’interdiction de vendre en direct les assurances dommages constitue un manque à gagner pour les banques, d’autant que la bancassurance touche à une grande frange de la population à petites primes servies à travers les réseaux bancaires. Elle se base sur la méthode de souscription liée au prélèvement bancaire qui facilite la vente.
Pour l’assurance dommages, il s’agit d’assurances qui couvrent le risque habitation, le risque professionnel de certaines activités comme les petits artisans ou encore l’intermédiation en bourse devenue obligatoire pour la personne du dirigeant et même l’assurance voiture qui est la chasse gardée des compagnies d’assurances. Il s’agit également des assurances liées à la monétique, comme les cartes bancaires ou celles qui touchent au patrimoine des personnes.
L’intérêt des cabinets captifs
Pour contourner cette interdiction et considérant que les entreprises ont intérêt à regrouper toutes leurs polices d’assurances chez le même intermédiaire, les banques sont en train de créer, les unes après les autres, des cabinets captifs pour s’imposer dans ce secteur. Les cabinets captifs sont destinés à gérer les polices de la banque et de ses filiales, mais aussi le patrimoine des personnes travaillant à la banque ou encore celui des entreprises clientes. Ils interviennent entre les compagnies et les banques. Ces cabinets ont été dûment autorisés par le Code des assurances en 2003 à plusieurs conditions préalables incontournables.
La première est que la personne responsable soit habilitée en se soumettant à un examen de la DAPS. La seconde est que le cabinet soit une entité juridique distincte, même si les banques peuvent en être actionnaires. La troisième restriction imposée va plus loin, exigeant que les cabinets de courtage dits captifs ne soient pas logés dans les locaux des banques.
Concrètement les cabinets captifs ont commencé à naître à partir de janvier 2006. Les grandes banques comme Attijariwafa Bank, BMCE Bank, BCP ont ouvert le bal, mais les autres, comme la BMCI, le CDM et la SGMB n’ont pas tardé à en faire autant pour vendre à leur clientèle des produits dommages, nouvelle activité à fort potentiel. C’est une forme différente de la bancassurance, puisque la commercialisation des produits d’assurance dommage, contrairement à la France comme l’explique M. Villatte dans l’interview publiée dans ce dossier Bancassurance, ne se fait pas au sein des agences bancaires, mais passe par un cabinet de courtage, spécialisé.
Les banques se sont organisé en conséquence en créant deux pôles commerciaux. Le premier s’occupe de la bancassurance et dispose pour ce, du réseau de la banque, le second est dévolu aux intermédiaires dont les cabinets de courtage captifs.
Interpellés pour participer à ce dossier, les dirigeants de ces cabinets au sein de différentes banques ont considéré avoir une activité en phase de démarrage et préféré attendre pour avoir des résultats à communiquer.
Afifa Dassouli