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Zouhair Chorfi, DG du Trésor, invité d’Aswat-La Nouvelle Tribune : La croissance serait de 5,4 % en 2007

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“La semaine des marchés financiers”, une émission hebdomadaire de la radio « Aswat », réalisée en partenariat avec La Nouvelle Tribune a reçu cette semaine M.  Zouhair Chorfi, Directeur du Trésor, à l’occasion de l’émission obligataire de 500 millions d’euros de l’Etat à l’international.
Comme nous l’avons déjà écrit dans le précédent numéro de notre hebdomadaire, ce come back sur le marché international des capitaux est incontestablement un succès. Cette réussite s’évalue, selon M. Chorfi, à deux éléments fondamentaux qui sont la demande supérieure de 3,5 fois à l’offre et la prime de risque d’à peine 55 points de base contre 225 lors de la dernière émission de l’Etat à l’international, en 2003.
Ces deux indicateurs, incontestablement, témoignent de l’enthousiasme des investisseurs français, allemands, suisses et anglais que M. Fathallah Oualalou, ministre des Finances, accompagné de cadres du Trésor dont son Directeur, a rencontrés lors des différentes étapes d’un récent road show. Ils témoignent, également, de la confiance nouvelle et entière dont jouit aujourd’hui le Royaume sur les places financières internationales.
En effet, la prime de risque exigée, de 55 points de base donc,  est de quatre fois inférieure à celle de 2003, mais surtout, bien inférieure à celle de 130 points de base (p)b d’un emprunt lancé au même moment par l’Ukraine, le pays est-européen qui est le plus souvent comparé au Maroc par les institutions européennes alors qu’un autre pays de la région, Israël, n’a pu sortir une nouvelle dette tant le spread qui lui était imposé, la rendait chère. 
M. Chorfi a attiré l’attention des auditeurs avisés de cette émission sur la dernière notation du Maroc, celle d’«investment grade», elle-même résultant des réformes macroéconomiques réussies menées par le Maroc, de la politique des grands travaux et du décollage de la croissance, comme en atteste l’explosion des crédits à l’économie au premier semestre de l’année en cours. Ils ont, en effet, connu  un encours de plus de 8 milliards de dirhams quand ils s’établissaient à 10 fois moins, il y a à peine deux ans !
La croissance induite est, d’ailleurs, de plus en plus indépendante de l’agriculture. En effet, 2007, année de sécheresse, connaîtra une  baisse du PIB agricole de 18% et une croissance globale d’au moins 5,4 %.  
Par ailleurs, le Directeur du Trésor a expliqué aux auditeurs que l’émission internationale a également atteint deux autres objectifs qualitatifs. Elle a permis à l’Etat marocain de transformer une dette ancienne en devises, plus chère, par une émission plus récente à un taux d’à peine 5,5%, sans engendrer de suppléments de liquidités sur le marché des capitaux marocain sachant qu’il s’agit respectivement de 500 millions d’euros contre 480 millions. Cette émission marque d’ailleurs le remboursement total et définitif de la dette contractée par le Royaume au moment du PAS durant la décennie 1980.  De même, l’Etat a pu maintenir sa présence sur le marché international des capitaux, alors que le reliquat de la dette extérieure du pays expirait en 2008.  Toutefois, le Royaume ne profitera pas de cette alternative de financement au détriment du marché des capitaux marocain.
Le Trésor, comme l’a affirmé M. Chorfi, essaye d’y maintenir une présence continue, y compris parfois à de faibles montants pour éviter que les investisseurs nationaux ne se détournent de lui. Car aujourd’hui, et depuis le second semestre 2006, la situation de la trésorerie publique est excédentaire du fait de l’augmentation des recettes fiscales et notamment de l’Impôt sur les Sociétés, consécutive à la bonne santé de l’économie et donc des entreprises.
Le Trésor, d’ailleurs, se destine à devenir un opérateur du marché des capitaux à part entière puisqu’il est désormais autorisé à placer lui-même ses excédents de trésorerie auprès de Bank Al-Maghrib ou auprès des banques commerciales de la place par l’intermédiaire du marché interbancaire.
En conclusion, M. Chorfi a affirmé que la dernière notation de notre pays devrait servir à tous les opérateurs marocains qui veulent intervenir sur le marché international. C’est déjà le cas de BMCE Bank dont l’Assemblée Générale des actionnaires vient d’approuver un programme d’obligations subordonnées de deux milliards d’euros. La BMCE vient d’ailleurs, dans le cadre d’une première tranche, de lancer une émission d’un montant de 100 millions d’euros sur dix ans, avec une prime très inférieure à 100 pb, pour financer son développement à l’international.

Afifa Dassouli



 

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