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Western Union, MoneyGram ou la valise du passeur, comment voyage l’argent…

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Le transfert de fonds se pratique depuis toujours d’une banque à l’autre, mais aussi d’un pays à l’autre où il est lié à la présence d’émigrants qui envoient de l’argent à leurs familles demeurées dans leurs pays d’origine,
Les Marocains résidant à l’étranger ont le choix entre plusieurs moyens de transfert de leurs fonds. S’ils sont bancarisés à l’étranger et au Maroc, ils passent par leurs banques respectives. S’ils ont un compte à l’étranger et non au Maroc, on ne peut déterminer si les transferts effectués sont destinés à leur propre épargne ou à leurs familles pour faciliter leur vie quotidienne dans le pays d’origine.
Bien souvent, la famille n’est pas bancarisée au Maroc, voire ne répond pas aux critères minima de bancarisation exigés.
Dans ce cas d’espèces, pour envoyer de l’argent à sa famille, le résident à l’étranger n’a que deux possibilités : soit par le biais d’un service rapide soit par un transporteur « privé » et par essence non autorisé.
Ce service de transfert d’argent rapide se fait  effectivement par Western Union, implanté au Maroc depuis 1995 ou MoneyGram, plus récemment installé dans notre pays.
Les deux sociétés sont d’origine américaine et  de renommée mondiale et sont présentes un peu partout dans le monde.
Au Maroc, les fonds sont donc retirés directement auprès des représentants de ces spécialistes du transfert d’argent sans obligation de passer par un compte bancaire. L’avantage de ce type d’opération est la rapidité car 10 minutes à peine s’écoulent entre le moment où un émigré dépose les fonds auprès d’un guichet Western Union à l’étranger et celui où la famille peut les retirer au Maroc, à condition qu’il y ait un guichet de ladite société à proximité.
Quand il y a un besoin, il peut être satisfait quasi-immédiatement alors que le virement bancaire international prend au moins deux jours. En réalité donc, l’émigré passera par la banque en cas seulement de placement de son épargne dans le pays d’origine.
Le transfert d’argent coûtera plus, cher mais il se justifie par la rapidité de l’opération.
À l’origine du transfert de fonds Wafa Cash est un ancien service de Wafabank qui avait été la première à signer avec Western Union à travers Wafa Monétique.
Aujourd’hui, les représentants de Western Union au Maroc sont la Poste, la SGMB, la BMCI et le Crédit Agricole alors que la BP et le Crédit du Maroc travaillent avec MoneyGram.
Western et MoneyGram eux-mêmes n’ont pas d’agences, mais uniquement des représentants commerciaux qui cherchent des alliances avec les banques qui deviennent leurs mandataires. Western Union, premier installé historiquement au Maroc, occupe 70% de parts de marché et les 30% restants sont répartis entre MoneyGram et l’informel.
Le développement des agences se fait soit en propre, comme La Poste et BMCI, soit par le procédé des franchisés comme Wafa Cash et la SGMB. Les deux plus gros opérateurs sont la Poste et Wafa Cash.
Il faut savoir que le maximum qu’on peut transférer par  l’intermédiaire de Western Union par exemple est de 7500 dollars. Mais il existe des passeurs de fonds qui opèrent sur le marché noir.
Les banques françaises considèrent qu’elles perdent de ce fait le marché des transferts de fonds par les émigrés vers leurs pays d’origine. Elles incitent les émigrés à l’ouverture de comptes auprès de leurs agences afin de ne pas perdre cette manne financière. Elles vont vers les espaces ethniques maghrébins, africains et autres, pour essayer de les bancariser afin d’éviter que les résidents d’origine émigrée ne transfèrent la totalité de leurs revenus vers leurs pays d’origine.

Le pactole des MRE
Sur les 40 milliards de dirhams que transfèrent les Marocains par an, le tiers passe par le canal du transfert rapide, ce qui représente de très gros montants. Bank Al-Maghrib a soumis les représentants de Western Union et MoneyGram  à un contrôle strict, au même titre donc que les établissements de crédits.
Avant la loi bancaire de 2006, les sociétés de transferts d’argent pouvaient se créer sans agrément et échappaient donc à tout contrôle du fait même que l’on ignorait jusqu’à leur existence !
En cas de risque, alors qu’il s’agit de services financiers comme les banques, elles peuvent mettre la clé sous le paillasson sans crier gare et faire perdre l’argent qui est encore « dans le pipe » du transfert. D’où la nécessité d’une réglementation rigoureuse.
Ce même transfert de fonds se développe également à l’intérieur du Maroc pour rendre le même service de mise à disposition d’argent d’une ville à l’autre. Les agences dédiées à ce type d’activité se développent considérablement à travers le pays car les banques cherchent à travers ces agences bancariser les citoyens autant que possible.
Le coût du transfert est à la charge de l’envoyeur. Il est représenté par des tranches dont le minimum est 6,5 euros que se partagent la société de transfert de fonds (par exemple), l’agence qui émet l’opération et celle qui la transmet. Mais chaque pays a sa tarification qui est la contrepartie  du service rapide.

Afifa Dassouli



 

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