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"Il faut veiller à la régulation et la liquidité du cours BMCI à la Bourse" Entretien avec M. Joël Sibrac, Directeur Général adj

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Publier le : June 5, 2003

La Nouvelle Tribune : En 2002, les résultats de la BMCI ont été plus modestes que ceux des exercices précédents avec une quasi-stagnation du résultat net de l’exercice à 309 millions de dirhams contre 305 Mdh en 2001. Serait ce dû à la fin de la période de restructuration et donc celle des économies, telle qu’elle a été menée par la banque depuis sa prise de contrôle par BNP Paribas ?

M. Joël Sibrac : En fait, le résultat de la BMCI en 2002 n’est pas en baisse bien qu’il ait effectivement moins progressé que les années précédentes.  Il a augmenté, mais légèrement. D’autre part, je souligne qu’il est l’un des meilleurs de la place. En ce qui concerne les économies, nous continuons à en réaliser puisque le coefficient d’exploitation de la banque qui est le rapport entre les frais généraux et le PNB s’est encore amélioré cette année à 52 % contre 53,4 % en 2001.
Toutefois, l’année 2002 s’est caractérisée par une stagnation relative des crédits comme en attestent les chiffres du secteur élaborés par le GPBM, et aussi une dégradation du risque. Mais la moindre progression de nos résultats est principalement due à un effort supplémentaire de provisionnement. Notre taux de couverture des risques est d’ailleurs de 80 %, en nette amélioration par rapport aux années précédentes. C’est l’un des meilleurs du marché.

Dans le cadre d’un plan lancé en 2001 pour cinq ans, la croissance de la BMCI devrait se baser essentiellement sur l’extension de son réseau et donc la multiplication du nombre de ses agences qui, de 120 unités à la fin 2001, devait atteindre les 150 agences en 2002.
Qu’en est-il de la réalisation des objectifs du plan en 2002 ?

En effet, nous avons un plan en cours d’exécution dénommé " Cap 2005 ", qui prévoit 15 à 20 ouvertures d’agences par an. À ce titre, la BMCI a créé 20 agences en 2002, essentiellement sur l’axe Casa-Rabat. Notre plan prévoit aussi de doubler le nombre de nos comptes de particuliers, pour augmenter la collecte de nos ressources,  mais aussi pour multiplier les clients destinataires de notre large gamme de produits.  La clientèle des particuliers constitue pour la BMCI un axe de développement important, à côté de la clientèle des grandes entreprises et celle des PME-PMI. D’autant plus que la BMCI est suffisamment compétitive en matière d’offre de produits et innove en permanence.
En 2002, les résultats et les réalisations de la BMCI sont conformes aux objectifs du plan stratégique Cap 2005.

En termes de rémunération du capital mesurée par le ROE (retour sur fonds propres), la BMCI poursuivait l’objectif de la porter à 15 % l’an.  L’a-t-elle réalisé en 2002 ?

Absolument. Nous sommes à plus de 14%, soit très proche de l’objectif fixé.

Deux années de suite, la BMCI a proposé à ses actionnaires le paiement de leurs dividendes en actions pour renforcer ses fonds propres par des augmentations de capital réservées à cet effet, qu’en est-il pour 2002 ?

C’est une décision qui relève de l’Assemblée générale des actionnaires. Cette année, nous ne procéderons pas à un paiement partiel des dividendes en actions. En effet, la BMCI a un bon niveau de capitalisation. Rappelons que son capital social s’élève à près de 763 millions de dirhams et ses fonds propres à 2,3 milliards de dirhams.

La BMCI se conforme aux règles prudentielles marocaines et à celles de sa société-mère en l’occurrence les règles françaises. La nouvelle Loi bancaire, qui sera bientôt adoptée, vous permettra-t-elle d’harmoniser ces deux contraintes ? 

Les deux coefficients de mesure de la solidité financière de la banque sont celui de la liquidité et celui de la solvabilité. La BMCI a un coefficient de liquidité de 106 alors que sa référence est 100. Et alors que Bank Al-Maghrib exige un coefficient de solvabilité de 10, la BMCI est à 10,5. Notre banque respecte donc scrupuleusement ces deux règles prudentielles d’importance.
Pour répondre à votre question sur la comparaison des règles prudentielles marocaines et françaises, sachez qu’en nous conformant aux exigences de la Banque centrale, nous sommes également conformes à celles de notre société-mère. Le projet de loi bancaire devrait en effet, renforcer les règles prudentielles, mais la BMCI s’y conformera sans difficultés.


En 2003, percevez-vous une amélioration de la conjoncture ?

En effet, alors que cette année semblait avoir démarré difficilement, il y a eu un réel sursaut depuis mars. Plusieurs projets à l’étude semblent avancés, y compris dans des secteurs sensibles comme le tourisme.

La BMCI vient de lancer un autre programme de rachat de ses propres actions. Cette banque a été un précurseur en la matière. Pouvez-vous nous donner les résultats des programmes précédents et leur impact sur le flottant du titre BMCI. Les objectifs de celui en cours sont-ils différents ?

Nous considérons que c’est le devoir de notre banque de veiller à la régulation du cours et surtout à la liquidité de l’action BMCI en bourse. C’est pour cela que nous lançons des programmes de rachats d’actions. Cette année, nous lançons un troisième programme, dans la lignée des précédents. Il s’étale sur 12 mois, porte sur un maximum de 5 % du capital dans une fourchette de prix de 475 à 750 dirhams.
Les résultats des programmes précédents montrent que notre intervention sur le marché a porté sur moins de 1 % du capital et que le marché est souvent auto-régulateur.
C’est ainsi que le programme de rachat de l’année 2000 a réalisé des achats cumulés de 30 028 actions BMCI et 3100 ventes. Le second, en 2002, a porté sur 45 370 achats et 71 439 ventes pour maintenir le cours de l’action BMCI. 
Le troisième programme agira dans le même sens.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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