| | Articles » Finance | | La CDG s’engage dans le rachat de la dette BNDE d’un montant de 3,2 milliards Dh |
|---|
Auteur : Publier le : June 19, 2003
Il faut rappeler à ce sujet que la BNDE est fortement endettée avec un encours global d’emprunts de 3,2 milliards de dirhams dont une partie, soit 720 millions de dirhams, garantis par l’État donc antérieurs à 1996 et 2,48 milliards de dirhams non garantis par l’Etat. Il s’agit d’émissions obligataires pour 1,74 milliard de dirhams et de certificats de dépôts pour 1,4 milliard de dirhams. Ce sont des titres de créances non cotés en bourse et négociables sur le marché secondaire. Effectivement donc, la BNDE est lourdement endettée, à long terme de surcroît et à des taux relativement élevés. De plus, la banque d’affaires qu’elle veut devenir n’a pas les mêmes besoins en ressources longues et pour les mêmes montants, comme cela s’imposait à la BNDE ancienne version. Toutefois, il est clair qu’il ne s’agit pas aujourd’hui pour la CDG de procéder à un retraitement de la dette de la BNDE mais tout simplement de la rembourser par anticipation pour ne pas déclarer cette banque en cessation de paiement. Car la BNDE, sur la base de sa situation financière à la veille de sa reprise par la CDG, n’était certainement pas en mesure d’honorer sa dette. C’est dans ce contexte donc que la CDG a lancé depuis le début de la semaine un programme de rachat de la dette de la BNDE en commençant par celle non échue et non garantie par l’Etat et portant sur des obligations ou certificats de dépôts. Dans le cadre de ce programme, la CDG a entrepris des négociations avec les différents créanciers de la banque et en premier les OPCVM par l’intermédiaire de leur association professionnelle l’ASFIM. En effet, la CDG se devait de faire accepter à ces derniers un abondement d’intérêts sur la base des difficultés financières de la BNDE. L’affaire a donc été conclue avec l’ASFIM pour un rachat des obligations ou des certificats de dépôts de la BNDE détenus par les OPCVM aux taux des bons du Trésor, majorés de 350 points de base. La CDG affirme avoir choisi de commencer la réalisation de son plan de rachat de la dette de la BNDE avec les OPCVM parce qu’ils représentent pour la plupart des épargnants personnes physiques. Mais, la Caisse s’est également engagée à réaliser ce programme dans son ensemble avec les OPCVM tout comme avec les institutionnels dans le respect d’une équité totale. En d’autres termes, la CDG ne rachètera pas la dette BNDE détenue par les institutionnels à un taux supérieur à celui négocié avec les OPCVM. Elle s’inscrit dans une démarche consensuelle et négociée avec tous les créanciers de la banque et espère ramasser les titres représentatifs de celle-ci dans les meilleurs délais et conditions. Ainsi, la CDG s’impose le principe d’un traitement égalitaire entre tous les créanciers de la BNDE d’autant qu’elle même et sa filiale le RCAR font partie de ces créanciers. Dans cet esprit et pour ce faire, un comité de suivi du programme de rachat de la dette de la BNDE a été constitué. Il est notamment présidé par le ministre des Finances et compte en son sein, outre les représentants de la CDG et de la BNDE, ceux de Bank Al-Maghrib. C’est Safabourse, la société de bourse de la BNDE et donc dorénavant de la CDG qui est en charge du ramassage des titres obligataires et certificats de dépôts BNDE. Mardi dernier, elle avait déjà réalisé quelque 350 millions de dirhams de rachats, ce qui n’est pas en soi une mince performance, même si le chemin est encore long compte tenu du montant colossal de la dette de la BNDE. Un nouvel effort financier d’importance que la CDG s’engage donc à supporter. Afifa Dassouli
|
|