Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Le leasing, une contribution structurante au développement économique du Maroc

Auteur :

Le secteur du crédit-bail a enregistré une croissance de 29,6% en 2006 soit 10,53 Mrd de dirhams de crédits distribués. Le crédit-bail mobilier domine toujours avec 84% du total production en 2006 contre seulement 15% pour le crédit-bail immobilier. Toutes les branches ont évolué à la hausse entraînées par une explosion du crédit-bail automobile.
Les parts de marché 2006 des 7 sociétés pour un total de production 2006 se distribuent de la façon suivante:
Wafabail occupe 25,8% du marché avec une production de 2 718 Mdh, Sogelease 19,0% avec 2 004 Mdh, Maghrebail 15,9% avec 1 680 Mdh, BMCI Leasing 13,3% avec 1 400 Mdh, Maroc Leasing 12,2% avec 1 282 Mdh, Chaabi Leasing 10,1% avec 1 068 Mdh et  CDM Leasing 3,6% avec 381 Mdh.
Pourtant, les sociétés de leasing ont fortement réduit leur activité en ce début de 2007, recherchant les paradis fiscaux compte tenu de la suppression introduite par la loi de finances 2007 du remboursement de TVA. En effet, les sociétés de leasing préfèrent financer les secteurs d’activités soumis à des taux de TVA faibles pour minimiser le poids du non remboursement de cette dernière. Ce sont les voitures de luxe qui en prennent un coup, le secteur est unanime sur ce type de financement. Il porte sur des montants élevés et est soumis au taux de TVA maximum de 20%. 

Le leasing, une activité structurante

Dans ce contexte de  polémique sur la question de la TVA entre la Direction des Impôts et les sociétés de leasing, il nous a donc semblé intéressant de publier les arguments d’une étude de l’APSF sur cette activité, appuyés une étude de la SFI rendue publique en août dernier.
Ainsi, selon l’APSF, l’activité du crédit-bail s’inscrit dans l’ensemble dans une trajectoire très prometteuse dans notre pays.
Sur le plan réglementaire, une nouvelle loi bancaire est entrée en vigueur le 14 février 2006. Cette loi ne limite plus le crédit-bail immobilier au seul usage professionnel et étend les opérations de crédit-bail aux opérations de location de fonds de commerce à l’exclusion des opérations de cession-bail.
Après avoir affiché une progression de 26% en 2005 par rapport à 2004, les financements en crédit-bail ont crû de 29,6% en 2006.
Ces financements ont totalisé en 2006 10,5 milliards de dirhams, à raison de  8,9 milliards pour le crédit-bail mobilier (CBM), en progression de 28,2%, et de 1,6 milliard pour le crédit-bail immobilier (CBI), en progression de 37,9%.
À la fin 2006, l’encours comptable net des actifs immobilisés en crédit-bail s’établissait à 15,4 milliards de dirhams pour le CBM, en progression de 24,6% et de 4,8 milliards de dirhams pour le CBI en progression de 28,4 %.
C’est à partir de 1995 que l’on constate un nouvel élan pour le crédit-bail au Maroc. Le secteur qui compte désormais sept  intervenants renoue à cette époque avec une croissance annuelle moyenne à deux chiffres, autour de 17%.
L'intérêt croissant des entreprises au crédit-bail s'explique par plusieurs facteurs, notamment :
- les avantages spécifiques dont a été doté le crédit-bail par rapport à d'autres formules de financement.
- les actions de communication menées par les opérateurs et la profession autour du crédit-bail et, en conséquence, la meilleure perception de ce type de financement par les clients potentiels.
- l'entrée de l'économie marocaine dans un processus de mise à niveau des entreprises, en anticipation ou à la réponse à l'ouverture de ladite économie. Dans cette phase de mise à niveau, l'appel au renouvellement des équipements se précise, ce dont témoigne la hausse des mises en force du secteur depuis 2000 notamment avec l'entrée en vigueur de l'accord d'association avec l'UE.
- le lancement, depuis quelques années par les pouvoirs publics de larges chantiers d'infrastructure.
- l'émergence de nouveaux métiers, notamment les nouvelles technologies de l'information, dont les équipements sont sujets à une obsolescence rapide.

Comme partout ailleurs !

Ce développement conséquent du crédit-bail est conforme aux évolutions constatées dans le monde. En effet, une étude de la SFI, datée d’août 2006, souligne le caractère stratégique et même incontournable du crédit-bail dans le processus de développement des économies émergentes et dans la consolidation des PME-PMI dans ces pays.
«Crédit-bail et marchés émergents», tel est l’intitulé de l’étude de la Société financière internationale (SFI). Ce document présente les 20 années d'expérience du crédit-bail acquises par la filiale de la Banque Mondiale et montre combien le crédit- bail a aidé le secteur privé des économies en développement en donnant un élan à la croissance du secteur financier et en facilitant à de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) l'accès à des moyens de financement.
«Les sociétés de crédit-bail contribuent au développement des marchés financiers en permettant aux PME qui, jusque-là, avaient recours uniquement à des financements informels et à l'autofinancement, d'avoir accès aux marchés des capitaux et à des ressources domestiques». C’est là le point de vue de Mme Farida Khambata, Directeur du Département central des marchés financiers à la SFI. «En apportant notre aide à la création de sociétés de crédit-bail, nous espérons toucher un plus grand nombre de PME et à un moindre coût que par l'intermédiaire de nos programmes de financement direct. Il convient aussi de souligner que le crédit-bail est l'un des trois moyens par lesquels la SFI s'emploie à améliorer l'accès des PME à des financements par le canal d'intermédiaires financiers - les autres étant les lignes de crédit octroyées aux banques et les fonds de capital-risque.»
Un huitième de l'investissement privé mondial est financé par le crédit-bail et cette proportion atteint jusqu'à un tiers dans certains pays. C'est dans les pays en développement que le crédit-bail connaît la croissance la plus rapide.
L'étude attribue la popularité du crédit-bail à sa disponibilité, à sa commodité, à sa souplesse et à des coûts de transaction inférieurs à ceux des prêts bancaires. Les PME ont plus facilement et plus rapidement accès au crédit- bail qu'à des prêts classiques, parce que le premier exige rarement la constitution des sûretés extérieures ou la présentation d'une série de bilans.

Afifa Dassouli



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com