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La nouvelle politique monétaire de Bank Al-Maghrib déclinée par M. Jouahri

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Cette adaptation de la politique monétaire s’est traduite par l’établissement d’un cadre de diagnostic des risques inflationnistes reposant sur une analyse formalisée intégrant un large éventail d’indicateurs relatifs aussi bien à la sphère financière (monnaie, crédit, taux d’intérêt et des marchés de capitaux) qu’à la sphère réelle (production, demande, prix et coûts des facteurs de production et marché de l’emploi). C’est dans cette optique qu’un premier rapport sur le diagnostic des risques inflationnistes a été établi en décembre 2006 au profit du Conseil de la Banque laissant apparaître la persistance des risques de tensions inflationnistes. L’institut d’émission a réagi par la suite «en maintenant ses interventions sur le marché monétaire principalement par les reprises de liquidité sur appel d’offres à 7 jours avec un taux porté à 2,75 %», a expliqué M. Jouahri. Afin d’affiner encore plus ses analyses, la Banque Centrale a entrepris le développement d’une base de donnée à haute fréquence et a mené des études de fond sur un certains nombre de facteurs dont: la demande de monnaie, les déterminants de l’inflation et les dynamiques de crédit, etc. Ces études ont permis à Bank Al-Maghrib de mieux asseoir ses décisions de politique monétaire et ont contribué à l’élaboration de l’indice d’inflation sous-jacente et des modèles de prévision de l’inflation.

Ciblage de l’inflation

Cette adaptation de la politique monétaire n’est qu’une étape dans la politique de stabilité des prix que s’est fixée Bank Al-Maghrib du fait que la tendance mondiale des Banques centrales est pour des stratégies monétaires basées sur le ciblage de l’inflation. Reste que «la stratégie de ciblage de l’inflation requiert des préalables», fait remarquer le Wali de Bank Al-Maghrib, parmi lesquels un cadre macroéconomique viable, une situation saine des finances publiques, un système bancaire solide et un régime de change plus flexible. Les dernières souplesses apportées au régime de change entre dans le cadre d’une transition graduelle vers un régime de change plus flexible. Et afin de mieux cerner les tenants et les aboutissants d’une stratégie de ciblage de l’inflation, Bank Al-Maghrib organisera, en collaboration avec le FMI, un séminaire régional sur le ciblage de l’inflation le 4 avril prochain. Cette rencontre, qui verra la participation des pays du Maghreb, de l’Egypte, de la Jordanie, du Liban et des experts de renommée internationale provenant d’Amérique Latine, de la Turquie et d’autres contrées, permettra au gendarme de la politique monétaire de jauger les différentes expériences entreprises dans certains pays, notamment ceux d’Amérique Latine.

Outre la problématique fondamentale de l’inflation, le Gouverneur de Bank Al-Maghrib a souligné que des avancées importantes ont été réalisées au niveau de la restructuration du système bancaire, le renforcement de la solidité et de la stabilité du système bancaire à travers l’adoption des normes internationales en vigueur et l’amélioration des relations Banques/clients en vue d’augmenter le taux de bancarisation, de favoriser le développement des services bancaires et faciliter l’accès de la clientèle, notamment les PME, au financement bancaire. C’est dans cette optique également que s’inscrit l’introduction de mode de financement alternatifs (produits islamiques) visant à satisfaire la demande d’une catégorie de population et qui pourrait contribuer à une meilleure bancarisation de l’économie.

Bâle II

Enfin, et en matière de respect des nouvelles normes édictées par Bâle II, M. Jouahri a été catégorique. Les banques marocaines sont tenues toutes à se conformer à la norme standard de Bâle II et ce à fin juin 2007. Aucune exception n’est tolérée. C’est dans ce cadre que l’Etat va débloquer 1,7 milliard de dirhams au profit du Crédit Agricole du Maroc pour aider celle-ci à se conformer aux nouvelles exigences de Bâle II.

Moussa Diop

Situation du secteur bancaire en 2006
L’année 2006 a été marquée par l’élargissement du réseau du secteur bancaire de manière substantielle avec l’ouverture de 223 guichets bancaires portant ainsi le réseau bancaire à 2 446 points de vente. En tenant compte de Barid Al-Maghrib en passe de devenir une véritable banque, le réseau passe à 4 130 guichets, soit une densité de 7 300 habitants par guichet. Ces ouvertures d’agences se sont traduites par des politiques de recrutement soutenues du secteur bancaire dont les effectifs se sont accrus de 5,7 % à 25 686 agents. Concernant l’activité du secteur, celle-ci est marquée par une hausse de 18 % du total de bilan du secteur. L’encours global des crédits  poursuit son trend haussier et à progresser de 17,7 % à 327 milliards de dirhams, stimulé notamment par les crédits immobiliers qui ont progressé de 28 % pour représenter 27 % de l’encours net des crédits à la clientèle. Les ressources bancaires ont progressé de 17 % pour atteindre 434 milliards de dirhams. Les dépôts non rémunérés représentent 57,8 % du total des dépôts. Quant à ceux des MRE, ils ont progressé de 10,5 % à 97 milliards de dirhams.
Par ailleurs, les créances en souffrance du secteur bancaire se sont fortement contractées de 18 % à 35,8 milliards. Le taux de risque (rapport entre les créances en souffrance et l’encours de crédits) est ainsi tombé à 10,9 % à fin 2006, contre 19,4 % en 2004.



 

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