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ONA et AXA se séparent sans insulter l’avenir

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Premier groupe privé national, l’ensemble ONA-SNI se distingue désormais par une double démarche stratégique. L’ONA, sous la houlette de M. Bendidi, sera créateur de valeur pour ses actionnaires à travers l’exercice direct du management et la possession de la majorité du capital dans toutes les sociétés du groupe qui opéreront dans le champ financier. Nulle volonté hégémoniste ou attitude xénophobe dans cette stratégie, mais l’expression de la capacité d’assumer les premiers rôles dans des métiers et secteurs que ONA et ses filiales, Attijariwafa bank, Wafa Assurance, etc, connaissent parfaitement.
La SNI, qui est plutôt un holding de participations financières stricto sensu, aura une attitude différente, celle de confier à des opérateurs reconnus, locaux (en l’occurrence ONA) ou étrangers, le soin et la responsabilité de manager les sociétés de son périmètre. C’est ainsi qu’on comprend la césure opérée entre la situation qui prévalait jusqu’à présent au niveau d’Axa Assurance Maroc et celle qui est toujours valable entre la SNI et le Groupe Lafarge pour les cimenteries ou avec le géant mondial de la sidérurgie, Arcélor-Mittal dans Sonasid.  Pour des secteurs et des métiers qu’il ne saurait assumer pleinement, le holding SNI préfère et continuera de préférer l’association avec les meilleurs !
Seul hic dans cette configuration qui ne remet pas en cause la volonté des dirigeants du groupe managé par SIGER de poursuivre un partenariat fécond avec les grands investisseurs internationaux, le différend qui oppose depuis plusieurs mois ONA à Auchan, différend porté devant une commission d’arbitrage et dont la sentence est attendue dans les trois semaines à venir. En la matière, il ne s’agit nullement d’une question portant sur la hauteur des participations en capital, mais sur l’interprétation des clauses du contrat afférentes à la gestion et au développement du partenariat dans le domaine bien précis de la grande distribution. Pour M. Bendidi, en effet, une structure managériale bicéphale, comme existant aujourd’hui, est insuffisante pour gérer et développer un secteur (Acima, Marjane) qui a connu une forte croissance ces dernières années et qui aspire annuellement à l’ouverture d’un hyper marché  et de quatre supermarchés par trimestre. ONA souhaite donc porter le directoire à trois membres quand le groupe de Gérard Mulliez préfère en rester au statu quo.
Quoi qu’il en soit, la cession de sa participation dans Axa Maroc apportera près de 3 milliards de dirhams à ONA qui compte bien s’en servir pour des investissements très capitalistiques dans Maroc Connect (aujourd’hui WANA), le secteur financier ou les grands projets structurants.

Les grands projets d’AXA
AXA, quant à lui, ne se libère certainement pas de son partenariat avec l’ONA de bon cœur, du fait de l’appui qu’il pouvait en retirer dans l’exercice de son activité, mais doit tout du moins apprécier deux choses. La première, c’est qu’il garde des relations avec le groupe Siger, notamment au niveau des opérations commerciales réalisées à travers le courtage d’Agma-Lahlou-Tazi et la seconde, c’est qu’il pourra se consacrer à ses projets de développement au Maroc. Car, il ne faut pas croire qu’il est si facile d’implanter de nouvelles activités au Maroc et de les rentabiliser. L’offshoring en est un bon exemple. C’est une activité très complexe et le Maroc impose des conditions en tant que pays d’accueil, alors que le pays d’origine, la France dans ce cas d’espèce, impose les siennes.  Ainsi, pour développer de l’offshoring bancaire ou pour le crédit, un organisme bien précis, la Banque de France en l’occurrence, ne permet pas d’aller exercer cette activité dans n’importe quel pays et à n’importe quelles conditions. Impossible donc de pratiquer ce métier si la banque centrale française considère que le pays choisi n’est pas fiable en matière de règlements bancaires ou de crédit. Mais le Maroc en tout cas fait partie de ceux qui sont habilités à développer une telle activité.
D’autre part, l’offshoring n’est permis qu’à la condition d’avoir une équipe en place et qui tourne. Pas de création donc et il faut qu’il y ait déjà une société qui pratique l’activité à développer en offshore.
Pour la partie marocaine également, il existe des conditions bien précises. L’agrément est soumis à la preuve qu’une véritable activité sera exercée avec les garanties financières idoines. AXA doit se soumettre à beaucoup d’exigences et respecter un certain nombre de conditions pour pouvoir démarrer l’offshoring, notamment pour développer le métier d’octroi des crédits qui sera traité, pour le Groupe, au Maroc.
Bien entendu, l’offshoring sera fait par les filiales de la société-mère française et non par AXA Assurance Maroc.
ONA comme AXA reprennent ainsi leur indépendance respective, l’un pour se conformer à sa nouvelle politique de partenariat avec les étrangers et l’autre pour se diversifier au Maroc, se développer conformément à la politique de ce grand groupe international. Tout cela, sachant qu’un partenariat n’est jamais entièrement rompu et qu’en affaires, on a toujours besoin d’un coup de main ….
Never said never, en somme !

Afifa Dassouli



 

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