Souvent, et à juste raison d’ailleurs, les observateurs et analystes financiers avançaient que la faible liquidité de la Bourse de Casablanca était un des principaux freins à son développement. En effet, les investisseurs en général, les fonds étrangers en particulier, préfèrent investir sur les places boursières où les titres peuvent être achetés et/ou vendus facilement. Ce qui ne fut pas pendant longtemps le cas au niveau de la place casablancaise où plusieurs titres ne brillaient que par leur illiquidité et enregistraient, au gré de la volonté des investisseurs ou des émetteurs, des variations de cours importantes à la hausse ou à la baisse avec une poignée de titres échangés. Les politiques de rachats de titres initiées par certaines entreprises cotées pour réguler leurs cours après la crise qu’a connue le marché durant la période 1998-2002 ont accentué un peu l’illiquidité du marché en réduisant considérablement les flottants de certaines sociétés qui étaient relativement liquides. Heureusement, la situation s’est améliorée considérablement au cours des deux dernières années notamment à la faveur des nouvelles introductions (plus de 15 nouvelles sociétés en l’espace de deux années et demie) qui se sont traduites par une injection du papier neuf et la surliquidité structurelle du système financier a fait le reste. Du coup, la liquidité du marché est passée de 7,4 % en 2004 à 14,9 % en 2005 avant de bondir de manière considérable en 2006 pour ressortir à 28,2 %. Si en 2005, l’introduction de Maroc Telecom était en grande partie derrière cette amélioration, le bond réalisé en 2006 est surtout à mettre sur le compte de la vedette du marché, Douja Promotion Groupe Addoha. Avec un volume de transactions de 34,11 milliards de dirhams et une capitalisation boursière de 38,47 milliards, Addoha affiche une liquidité exceptionnelle de 88,65 % et est en partie derrière l’appréciation significative de la liquidité du marché. Hors Addoha, la liquidité de la place tombe à 22,09 %. Parmi les valeurs phares de la place, les titres CIH, Managem, BMCE Bank, Samir et Sonasid affichent des ratios de liquidités respectifs de 59,73 %, 57,4 %, 44,86 %, 37 % et 31 %. A l’opposé, les titres Attijariwafa bank, SNI et Lafarge Ciments dégagent des ratios de liquidité respectifs de 15,24 %, 14,16 % et 11 %, largement inférieurs à la moyenne du marché.
Marché concentré
Si globalement la liquidité du marché s’est bien améliorée, il n’en demeure pas moins qu’elle est essentiellement le fait d’une poignée de titres. Les 13 valeurs les plus liquides du marché ont drainé 86 % du volume global engrangé par le marché, soit 101,3 milliards de dirhams sur un total de 117,5 milliards. Les 43 autres sociétés cotées se sont partagées les 16 milliards de dirhams restants. Parmi les valeurs les plus illiquides on citera Oulmès, Sothema B, Acred, Le Carton, Carnaud et Balima. Certaines sont tellement illiquides qu’on se demande réellement l’intérêt qu’elles demeurent cotées à la Bourse. C’est le cas de Balima qui n’a été cotée que durant 4 séances au cours des 11 premiers mois de l’année pour 6 contrats portant sur seulement 44 titres! En gros, il y a en tout une vingtaine de valeurs qui constituent réellement la corbeille et sur lesquels on peut investir et désinvestir plus ou moins facilement. Les autres valeurs étant globalement illiquides avec des amplitudes de variations de cours parfois brusques et très importantes que beaucoup d’investisseurs évitent.
MD