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Entretien avec Mme Latifa Echihabi, Directeur Général de l’Agence Nationale de la PME

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La Nouvelle Tribune: dans le cadre de cette campagne de sensibilisation, quel sera le rôle de l’ANPME?
Mme Latifa Echihabi :
L’ANPME aura dans cette campagne de sensibilisation un rôle très actif. Ayant participé activement à l’élaboration de son schéma, nous allons être un acteur dans sa mise en œuvre partant de l’offre de services de l’Agence pour l’amélioration de l’accès des PME aux financements bancaires. Partant, nous allons agir en amont selon trois axes majeurs. Le premier axe vise à aider les PME à se rapprocher du langage bancaire en agissant sur la transparence de leurs comptes. Dans ce cadre, nous avons mis en place un outil dénommé «Système d’Information Comptable et Financière (SICF)» qui est à la disposition des PME qui souhaitent jouer la transparence en produisant des états financiers transparents tels qu’exigés par Bank Al-Maghrib. L’ANPME a aussi mis en place d’autres mécanismes et outils d’aide au profit de la PME et de ses dirigeants et parmi lesquels le coaching financier, la préparation des business plans, le diagnostic de l’entreprise, la formation des chefs d’entreprises, la gestion financière, etc. Le deuxième axe a pour objectif de rechercher les voies et moyens devant contribuer à ce que les Banque se rapprochent de la PME. Dans ce cadre, nous avons déjà signé trois conventions avec trois Banques de la place pour mener ensemble des campagnes au niveau des régions pour le bénéfice des entreprises clients. Toujours dans ce sens, nous organisons aussi des formations au profit des cadres des banques d’affaires qui sont en contact avec les PME. De même, nous essayons d’avoir la même compréhension avec le système bancaire de la problématique des PME en réalisant des études et surtout en alimentant les banques en informations fiables afin qu’elles puissent avoir une vue assez objective des PME et de leur environnement sectoriel. Le troisième axe se matérialise par la mise à la disposition des PME des mécanismes de financement adaptables aux besoins spécifiques des entreprises. C’est ainsi que le FOMAN a été rénové à deux reprises pour lui permettre de couvrir de nouveaux métiers devenus stratégiques pour le Maroc tout en assouplissant ses conditions d’accès afin de toucher de plus en plus de PME. C’est dans ce cadre également que nous avons lancé le Fonds Istimrar.

On note une pléthore de fonds et de services sous-utilisés. Et dernièrement vous avez encore lancé un nouveau fonds Istimrar. Quelle est la philosophie qui sous-tend le lancement de ce fonds?
Nous sommes partis du constat, lors des différentes rencontres que nous avons eues avec les PME, que certaines d’entre elles avaient des projets de développement viables avec des business plan clairs. Toutefois, elles ne pouvaient pas réaliser leurs projets du fait tout simplement qu’elles étaient asphyxiées à cause des dettes court terme qui plombaient leur trésorerie. Partant, nous avons lancé le fonds Istimarar, un fonds de garantie géré parla CCG, destiné à appuyer la restructuration des dettes bancaires des entreprises surendettées. Avec le fonds Istimrar, les PME auront la possibilité de renégocier leur dette court terme pour le transformer en endettement moyen et long terme et bénéficier par la même occasion des révisions à la baisse des taux d’intérêt appliqués au financement. Ainsi, et selon des cas concrets, certaines PME ont vu leur taux d’intérêt passer de 9 % - 12 % à seulement 5,5 % -6 %. Le gain en charge financière réalisé n’est pas négligeable et contribue à l’amélioration des capacités de financement des PME qui en ont grandement besoin pour se moderniser et se développer.

Comment expliquez-vous qu’en dépit de la pléthore d’instruments financiers et de services mis en place au profit de la PME, le processus de modernisation compétitive des PME accuse du retard ?
Sur cette question de retard, il faut être très relatif et garder à l’esprit que lorsque nous parlons de modernisation compétitive nous faisons allusion à une approche globale et donc qui touche tous les acteurs économiques du pays et non seulement l’ANPME, la CCG où les Banques. C’est tout l’environnement de la PME qui doit suivre avec la même cadence. Seulement, et si et à l’heure actuelle, et au niveau de certains maillons du processus de la chaîne de modernisation compétitive, nous sommes très en avance, par contre, sur d’autres, et non les moindres, nous accusons des retards très significatifs.
C’est d’ailleurs l’une des raisons principales de cette campagne de sensibilisation dans le cadre de laquelle nous allons une fois de plus attirer l’attention des dirigeants d’entreprises sur l’existence aujourd’hui d’un environnement très propice au développement des PME, les opportunités énormes qu’offrent  les marchés local et international, l’existence de multiples instruments de financement et de services à valeur ajoutée à même de répondre à tous les besoins des PME, etc. Et, in fine, c’est aux dirigeants des PME de les utiliser pour moderniser leurs entreprises et pouvoir faire face à la mondialisation de l’économie et donc à l’intensification de la concurrence.

Propos recueillis par
M.D.



 

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