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Entretien avec M. Hassan Bernoussi : Les Intégrales, apprécier les acquis, définir les perspectives

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La Nouvelle Tribune : La Direction des Investissements s’apprête à organiser sa grande manifestation annuelle. Quel bilan tirez-vous des précédentes éditions ?
M. Hassan Bernoussi :
C’est effectivement la quatrième manifestation du genre que nous organisons. Chaque année cette conférence s’articule autour de la problématique de l’investissement et nous y associons une thématique d’ordre général. La première année, nous avions traité de «l’investissement, culture et civilisation, liens et impacts» ; la seconde édition fut dédiée à «l’investissement, pacte territorial». L’an dernier la problématique a tourné autour de «l’investissement socialement responsable». Pour cette année, nous mettons en avant une thématique cruciale, «Education, formation, emploi, défis de l’investissement».
Je rappelle également qu’il s’agit, chaque année, d’une conférence ouverte aux nationaux, surtout à eux, en fait et auxquels s’associent des opérateurs et investisseurs étrangers. Bon an, mal an, nous comptons deux cents à trois cents participants étrangers, puisque chaque année, il y a un invité, «hôte d’honneur», qui est un partenaire choisi pour ses compétences particulières par rapport à la thématique traitée.
Cette conférence s’adresse d’abord et avant tout aux nationaux, pour les sensibiliser sur les progrès que nous avons réalisés en matière d’attractivité, mais également sur un certain nombre de sujets qui posent problème.

Cette manifestation est-elle dédiée à tous les porteurs de projets d’investissement ou bien aux seuls investisseurs étrangers ?
Comme vous le savez, il y a fort longtemps que nous ne sommes plus Direction des Investissements Extérieurs, mais Direction des Investissements, tout simplement. Nous traitons des investissements nationaux et étrangers, à la fois. D’ailleurs, j’assure aujourd’hui le Secrétariat général de la Commission des Investissements que préside M. le Premier ministre. Cette commission traite de l’ensemble des projets d’investissement dépassant un montant de 200 millions de dirhams, des investissements qui posent un certain nombre de difficultés et qui n’aboutissent donc pas de ce fait, mais aussi les projets qui sont éligibles au Fonds Hassan II pour le Développement Économique et Social.
Dans cette large palette donc, il y a des projets qui sont nationaux et d’autres d’origine étrangère ou internationale.

Mais l’un des objectifs prioritaires des Intégrales est bien de montrer l’intérêt que le Maroc représente aux yeux des grands investisseurs internationaux ?
Effectivement car lorsqu’on constate qu’il y a une évolution positive importante des investissements internationaux vers le Maroc, il y a immédiatement un gain en crédibilité. Les opérateurs et porteurs de capitaux croient dans les capacités du Maroc et cela induit très rapidement des investissements nationaux conséquents. Chez nous, on perçoit de plus en plus que si les investisseurs étrangers s’intéressent à notre pays, c’est qu’il y a matière à rentabilité et à profitabilité. Cela favorise donc réellement la prise de risques par des investisseurs nationaux et les exemples récents ne manquent pas tels les Groupes Othman Benjelloun, Addoha, Chaabi, etc… Tous aujourd’hui ont déposé des projets d’investissements d’envergure auprès de la Direction des Investissements. Aujourd’hui, on perçoit clairement un changement de cap. Nous avons parlé pendant longtemps du Groupe Inmaar, du Groupe Dubaï Holding, de grands opérateurs internationaux, y compris les Emiratis, mais très prochainement, on parlera des grands groupes marocains.

Pouvez-vous donner quelques exemples de projets concrets de groupes nationaux ?
Le Groupe Chaabi, par exemple, dispose aujourd’hui de six projets d’envergure internationale. Il y a une sucrerie, un laminoir, une cimenterie et plus de huit hôtels en cours de construction, sans compter le développement de la chaîne «Aswak Assalam».
Le Groupe de M. Othman Benjelloun, Finance.com, au-delà de la finance et de l’assurance qui continuent à se développer, entre désormais de plain-pied dans le secteur de l’off shoring.
Quant au Groupe Addoha, ses projets sont connus de tous, puisque plusieurs d’entre eux ont été lancés en présence de SM le Roi.
Ce sont donc des démarches à saluer, car plus nous allons vers des secteurs nouveaux, plus nous ouvrons des opportunités à d’autres opérateurs locaux.
Dans le secteur du tourisme, je citerai le Groupe Berrada, du Palmeraie Golfe Palace, qui investit aujourd’hui pratiquement tous les ans, dans le secteur hôteleir, mais aussi dans la literie, avec le Groupe Dolidol et Layalits. Dans le textile, il y a le groupe Senoussi, qui est en train de monter la plus grosse unité d’Afrique, à Skhirat. Comme vous voyez, le Maroc et les Marocains sont effectivement en mesure de réaliser des choses épatantes.
Il y a donc une mutation effective où l’on passe progressivement de grands groupes internationaux, locomotives de l’économie nationale, à des groupes nationaux, des champions marocains qui, désormais, comptent dans le paysage de l’investissement productif.
Certes, il est encore vrai que dans des secteurs à forte valeur ajoutée, comme l’électronique, l’aéronautique, l’off shoring ou les technologies de l’information, il y a encore une forte prédominance des investisseurs internationaux et particulièrement des investisseurs français.

Faisons donc également le point sur les projets d’investisseurs internationaux…
Pour les grands projets, la presse en a fait ses choux gras, tels les projets touristiques. Aujourd’hui, sur Marrakech, nous avons, à titre d’exemple, plus de dix golfs en projet, en sus des trois golfs existants. Cela vous permet d’appréhender la dimension des complexes de toutes sortes, immobiliers, touristiques, qui sont en cours de réalisation. Dans ce secteur, il y a des investisseurs du Golfe, mais également des Américains, des Anglais, des Français, sans oublier le Groupe Fadesa, espagnol, qui, outre le fameux projet de Saïdia, est également sur Casablanca et Marrakech.
Dans le secteur de l’aéronautique, également, le Maroc commence à occuper une place prépondérante, et pas seulement dans la production d’équipements pour les deux avionneurs mondiaux, Boeing et Airbus. Ainsi, à Casablanca, on citera le démarrage d’un Centre de Recherche et Développement pour l’Aéronautique, un autre centre pour le secteur de la Défense en France, entouré, évidemment, d’une très grande confidentialité, et à Rabat, le démarrage de la construction du Centre de Recherche et Développement de STMicroelectronics.
Le secteur des composants automobiles est représenté par tous les grands équipementiers mondiaux, du Français Valéo à l’Allemand Volkswagen Bornets, sans oublier Yasaki le Japonais ou Delphi, l’Américain. Le dernier en date est Antonin, un investissement espagnol pour les revêtements textiles des véhicules.
Il y a donc un très grand intérêt pour le Maroc et il continue à être soutenu, particulièrement par l’effort que fournit le Gouvernement, notamment dans le secteur agricole. En effet, nous avons mis à la disposition des investisseurs internationaux et nationaux plus de 255 projets représentant 50 000 hectares de terres agricoles. Cette première tranche provient de terres initialement gérées par la Sodéa et la Sogéta et aujourd’hui données en location à des investisseurs privés sur la base de projets solides. Et nous allons passer  d’une agriculture un peu archaïque à une agriculture de qualité, productrice de valeur et cela se fera très rapidement. D’ailleurs, dès 2007, nous lancerons une deuxième tranche de projets agricoles qui seront proposés à des investisseurs privés. Le secteur va donc connaître un développement sérieux, notamment autour de la branche oléicole pour laquelle nous consentons des efforts tout particuliers.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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