“Les mécanismes de garantie ne fonctionnent pas”, annonce M. Salaheddine Mezouar, Ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à Niveau de l’Economie. Ce fut presque la seule phrase qui a tranché avec les discours consensuels de la quasi-totalité des intervenants. Reste à savoir à qui revient vraiment la faute du non fonctionnement des mécanismes de garantie. Ce ne sont pas les produits et services qui manquent. La Caisse Centrale de Garantie (CCG), organisme public assimilé à un établissement de crédit, est l’acteur principal des mécanismes de garantie à travers ses différents domaines d’intervention: garantie des crédit d’investissement, gestion des fonds de cofinancement des programmes de mise à niveau, gestion des fonds dédiés à l’habitat social (Fogarim) et appui à l’auto-emploi avec «Moukawalati». Pour l’entreprise, et particulièrement pour la PME, l’offre diversifiée de la CCG, adaptée au différents cycles de vie de l’entreprise (création, développement et restructuration), a pour but de faciliter l’accès au crédit (cofinancement, garantie des prêts bancaires, etc.) tout en réduisant le coût de financement (cofinancement à taux préférentiel, octroi de subvention, action sur le taux d’intérêt par la réduction de la prime de risques, etc.). Et dans ce cadre, la PME, partant de ses contraintes spécifiques (menaces générées par la mondialisation, problèmes d’accès au financement, fragilité, etc.) jouit d’un traitement préférentiel.
Bilan
Cette préférence ressort d’ailleurs sur le bilan des interventions de la CCG tel que présenté par son Directeur Général M. Houcine Itaoui. Ainsi, et en matière de garantie des crédits en faveur des entreprises, les crédits garantis par la CCG ont atteint 5 milliards de dirhams et ont bénéficié à 1 800 entreprises dont plus de 85 % de PME. Ces garanties ont concerné à hauteur de 70 % des projets de création d’entreprises qui ont nécessité plus de 9,5 milliards de dirhams d’investissement et qui ont généré environ 24 000 emplois. Concernant le cofinancement de l’investissement des entreprises, la CCG a apporté son concours à 250 entreprises dont 85 % de PME pour un montant global de 380 MDH. Ces interventions ont ainsi permis un volume d’investissement dépassant un milliard de dirhams. Clairement, c’est au niveau du cofinancement que le retard semble inquiétant et ce d’autant que la modernisation compétitive des entreprises, terme privilégié aujourd’hui à celui trop galvaudé de la mise à niveau, semble avoir pris du retard alors que le démantèlement tarifaire se poursuit et que les dates butoir des accords signés par le Royaume avec plusieurs partenaires et particulièrement l’Union européenne s’approche d’année en année.
Pour l’avenir, la CCG compte s’adapter aux mutations de l’entreprise en ajustant ses mécanismes d’offre aux besoins des PME non encore couverts, en étendant son champ d’intervention (financement du cycle d’exploitation, couverture des opérations crédit-bail et capital risque, garantie des microcrédits, etc.) et en améliorant continuellement ses modalités d’intervention.
MD