La CIMR a organisé le 24 novembre 2006 la 1 ère édition de «CIMR Finance Day». Il s’agit d’une rencontre avec la presse que la Caisse souhaite institutionnaliser annuellement dans le cadre de sa politique de transparence afin de donner un aperçu sur sa politique de gouvernance, sa politique de placements et de gestion financière, ses résultats financiers, ses perspectives de placements, son expérience à l’internationale et sur diverses autres questions de l’heure touchant de près ou de loin à la question de retraite.
Dans ce cadre, le menu de cette première rencontre a été centré autour de certains points nodaux de la Caisse: la gouvernance en matière de gestion financière du portefeuille CIMR, les performances des différents fonds et les limites réglementaires en matière de placements d’actifs à l’étranger.
Sur le premier point, M. Khalid Cheddadi, Directeur Général de la CIMR a d’emblée souligné que «la CIMR puise sa gouvernance dans les meilleures pratiques existant au niveau international». Et pour implémenter cette pratique au Maroc, la Caisse n’hésite pas, à chaque fois qu’elle le juge nécessaire, de faire appel aux grands cabinets et consultants internationaux pour l’accompagner.
Globalement, et depuis la réforme de la gestion financière de 2003, «le dispositif de gouvernance de la CIMR a instauré le principe de la délégation de gestion suivant en cela la tendance mondiale des caisses de retraites», explique M. Cheddadi. A titre d’exemple, les actifs gérés en délégation représentent en moyenne 35 % des actifs totaux des caisses de retraite sur le continent européen. Le dispositif de gestion mis en place repose sur deux volets: stratégique et tactique. Au niveau stratégique, «le conseil d’administration de la CIMR, au sein duquel siègent les managers des plus grandes entreprises du Royaume, sur proposition du Comité de Pilotage, définit la stratégie financière globale et par classe d’actifs», a expliqué M. Nabil Ahabchane, Chef Département Gestion du patrimoine. Sur le plan tactique, «les actifs délégués sont confiés par mandat à des sociétés de gestion de portefeuille sous la surveillance étroite de la Direction Financière de la CIMR», ajoute t-il. Cette délégation de gestion repose sur trois principes fondamentaux: la mise en place des règles de gestion formalisées et approuvées par le Conseil d’administration, l’accompagnement quasi systématique par des consultants externes dans toute la réflexion et la mise en œuvre des stratégies par classe d’actifs, et, enfin, l’audit de la gestion financière par un organisme indépendant.
Rendement absolu
Cette logique de prudence et de transparence se reflète également au niveau de la conception des portefeuilles CIMR. Sur ce chapitre, «la Caisse conçoit ses portefeuilles selon les tendances des différents marchés financiers et ce tout en respectant, quelles que soient les conditions, les hypothèses actuarielles qui imposent un rendement de 5 % sur le long terme nécessaire à la pérennité du régime», révèle M. Ahabchane. Et afin d’être certain que les contraintes imposées dans le cadre de l’allocation d’actifs sont respectées, la CIMR recourt au service d’un consultant externe avec comme principale mission de décortique l’allocation stratégique des actifs de la Caisse, de répartir l’actif à gérer entre les classes et de définir les règles de rebalancement du portefeuille. Dans tous les cas, chaque portefeuille doit répondre à un certain nombre d’exigences dont le rendement absolu et permanent supérieur à 5 % à long terme, une liquidité suffisante des actifs pour permettre au régime de faire face à ses engagements, etc. «Tout ce montage a pour but de permettre à la CIMR d’obtenir le meilleur rendement tout en optimisant la maîtrise du risque», fait remarquer M. Nour-Eddine Jaoudi, Directeur Administratif et Financier de la CIMR.
Et sur ce point, on peut dire que la CIMR a réussi son pari. A fin septembre, le portefeuille CIMR, toutes classes confondues, s’élevait à 18 milliards de dirhams. Le portefeuille Actions Directes ressortait à 7,58 milliards de dirhams et s’est, depuis, renforcé sous l’effet de la flambée des cours boursiers. A noter que par prudence, aucune valeur cotée ne représente plus de 15 % du portefeuille Actions Directes de la Caisse. Ces placements devront offrir des plus-values latentes évaluées à plus de 2 milliards de dirhams en 2006.
Bonnes performances
Sur le marché actions, et afin de mieux surveiller son univers d’investissement et pouvoir anticiper sur le comportement des valeurs en portefeuille, la CIMR met en place une veille active des secteurs dans lesquels elle investit. Dans ce cadre, elle compte désormais commander aux meilleurs brokers de la place des études payantes sur certaines sociétés cotées et secteurs d’activité exigeant en contrepartie plus de rigueur aux sociétés de bourse sélectionnées. Ainsi, des procédures d’alerte et des stratégies de rebalancement sont-elles mises en place pour réagir rapidement au cas de retournement d’un marché. Et sur ce point, les yeux des gérants de la Caisse sont rivés sur le marché boursier. «Nous avons une petite appréhension sur 2007 et ce d’autant que les taux obligataires sont à leur plus bas niveau», a laissé entendre M. Cheddadi. Cela est d’autant plus dommageable que «nous ne pouvons pas profiter de manière raisonnable des décorrélations avec les marchés étrangers à cause de la réglementation des changes qui impose un seuil maximum de placement de 5 % du portefeuille à l’étranger».
Outre le portefeuille Actions Directes, le portefeuille CIMR Obligations Délégués affiche à fin juin 2006 une performance de +32 % par rapport à sa valeur de décembre 2005 pour ressortir à 8,2 milliards de dirhams. Cette performance témoigne de la justesse de la politique de délégation de la gestion d’actifs.
En plus des deux classes d’actifs cités (Actions directes et Obligations déléguées), qui représentent plus de 90 % de la valeur du portefeuille de la CIMR, le reliquat des placements de la Caisse concernent les fonds dédiés, le fonds CIMR International, le private Equity, les fonds actions non cotées, l’immobilier et l’or.
Moussa Diop
Politique de réalisation des plus- values
Partant du constat que la réalisation des plus-values a, de tous temps, été source d’impertinence des résultats financiers des institutionnels, et dans un souci de transparence volontariste accrue, la CIMR a adopté et figé une méthode de calcul et de réalisation des plus-value de fin d’année. Cette méthode repose sur trois principes fondamentaux:
- les plus-value reflètent les performances du marché actions de l’année lissé sur 10 ans;
- l’algorithme de calcul doit aboutir à une augmentation du stock de plus-value à long terme
- le pourcentage des plus values ne doit pas dépasser 5 % du matelas de plus value total qui sont estimées pour 2006 à 6 milliards de dirhams.