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Banques-PME : Une campagne de sensibilisation pour démystifier les vieux clichés

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Longtemps, Banques et PME se sont regardées en chien de faïence. Les premières accusant les secondes de manque de transparence, d’être mal encadrées et en conséquence trop risquées pour tout octroi de crédit, et les secondes répliquent en accusant les banquiers de mettre toutes les PME dans le même sac et de ne leur prêter qu’à compte gouttes et avec des conditions draconiennes, exigeant à chaque fois des garanties personnelles en plus de celles liées au projet à financer. S’il y a de part et d’autre des vérités dans les allégations de chaque camp, il n’en reste pas moins vrai que cette situation, très préjudiciable à l’économie nationale, sachant que la PME représente environ 95 % du tissu productif national et participe de manière substantielle à la création d’emplois, ne pouvait perdurer dans un contexte marqué par la mondialisation et son corollaire d’intensification de la concurrence. La prise de conscience des deux acteurs économiques de la nécessité de trouver un terrain d’entente, aidée en cela par les le Gouvernement et Bank Al-Maghrib s’est traduite par la signature d’une convention entre les deux parties devenues partenaires.
Et c’est pour ancrer ce partenariat à l’échelle nationale que Bank Al-Maghrib, en collaboration avec le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM), la Commission PME de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), l’Agence Nationale de la PME et la Caisse centrale de Garantie (CCG), a lancé une campagne nationale de sensibilisation sous le thème: «pour un meilleur partenariat Banques/Petites et Moyennes Entreprises au service du Développement Humain». 
A travers cette campagne de sensibilisation qui touchera 9 régions (voir calendrier du déroulement des rencontres), ces initiateurs visent à mieux sensibiliser le réseau bancaire et les Petites et Moyennes Entreprises (PME) au niveau de chaque région sur les mesures prises pour apporter des réponses appropriées aux préoccupations des entreprises et ce dans le cadre d’un partenariat effectif et durable. «L’objectif de cette campagne est de desserrer les contraintes structurelles qui entravent l’activité des PME», a d’emblée laissé entendre M. Abdellatif Jouahri, Gouverneur de Bank Al-Maghrib, pour qui, «le coût élevé du crédit aux PME et le phénomène du rationnement s’expliquent souvent par l’existence d’imperfections dans le fonctionnement du marché du crédit». Et ces imperfections, poursuit-il, «sont généralement liées à des problèmes de transparence au niveau de la comptabilité des entreprises, des difficultés à réaliser les garanties dont disposent les créanciers et l’indisponibilité d’une information fiable et en permanence actualisée sur l’endettement et la situation financière des emprunteurs».

Transparence
Partant, la stratégie de Bank Al-Maghrib pour améliorer le fonctionnement du marché du crédit pour la PME «vise essentiellement à favoriser le développement de l’information financière», note M. Jouahri. C’est pourquoi, l’institut d’émission encourage la mutualisation de l’information financière, la mise en place de méthodologies de rating et de scoring pour améliorer l’analyse du risque de crédit par les banques et la normalisation de l’information comptable. Afin de mettre à la disposition des banques des informations fiables sur l’endettement des entreprises, elle projette la mise en place d’un Crédit Bureau pour traiter les informations positives et négatives sur les entreprises clients. Selon M. Abderrahim Bouazza, Responsable de la Direction de la Supervision Bancaire -Bank Al-Maghrib, «l’expérience a montré que les pays qui se sont dotés de dispositifs performants dans ce domaine, enregistrent un taux de pénétration du crédit très élevé et une réduction notable des défauts de paiement». Dans le même ordre d’idée, la Banque Centrale incite les banques à se préparer progressivement à l’adoption des méthodes de calcul des exigences en fonds propres sur les notations internes (l’approche IRB) et les encourage à utiliser le système de notation dans la sélection des risques, la tarification et l’allocation des fonds propres. En procédant ainsi, les banques pourront fixer la prime de risque, autre variable intervenant dans la fixation du taux d’intérêt, avec discernement. Et concernant les craintes suscitées par l’entrée en vigueur prochainement des règles de Bâle II et son impact sur l’octroi des crédits aux PME, le Gouverneur de Bank Al-Maghrib a tenu à dissiper les appréhensions des dirigeants d’entreprises soulignant que «Bank Al-Maghrib a, dans le cadre des «discrétions nationales» prévues par le dispositif de Bâle II, pris la décision de réduire les exigences en fonds propres devant être constitués par les banques en couverture des risques encourus sur cette catégorie d’entreprises».
Concernant toujours le volet financement, les pouvoirs publics ont en effet pris une série d’initiatives visant à renforcer les ressources financières dédiées aux PME, en mobilisant en leur faveur des lignes de crédit à des taux concessionnels et en mettant en place des fonds de garantie, dont le dernier en date a pour objet la restructuration des dettes des entreprises. Toutefois, sur ce point, tout ne semble pas aller au mieux dans le meilleur des mondes. En atteste le retard pris dans le processus de mise à niveau du tissu économique national et ce malgré la pléthore des mécanismes mis en place par les autorités, via l’ANPME et la CCG, pour aider les entreprises à se moderniser.

Manque de confiance
Pour M. Salaheddine Mezouar, Ministre de l’Industrie, du Commerce et de le Mise à niveau de l’Économie, «l’accès au financement est d’autant plus ardu que les instruments existants sont dispersés entre de multiples institutions de crédit, que leur octroi est indifférent au cycle et aux besoins de l’entreprise, et que les financements accordés dans le cadre de la coopération internationale sont peu accessibles aux PME». En clair, pour le ministre, «les mécanismes de garantie ne fonctionnent pas», et pour cause, «le problème est tout simplement celui du manque de confiance entre les acteurs (banques et PME)». Étant donné qu’on est aujourd’hui dans une logique de compétition mondiale exacerbée, «banques et PME doivent accepter de gérer dans l’incertitude et de prendre des risques dans l’incertitude», a martelé M. Mezouar. En guise de réponse, M. Othman Benjelloun, Président du GPBM, a souligné qu’«individuellement, les banques, chacune selon sa stratégie et son organisation, ont mis en place ou renforcé les dispositifs de proximité et décentralisation, de conseil et d’assistance, de célérité dans les traitements des demandes de crédits et ce afin de faciliter l’accès des PME aux crédits bancaires pour la création ou l’extension de leurs projets».
Sur ce point, l’enquête trimestrielle sur les taux d’intérêt débiteurs, menés depuis peu par Bank Al-Maghrib auprès des banques, indique que la détente des taux d’intérêt observée sur le marché bénéficie de plus en plus aux PME, même si pour M. Bouazza, cette baisse des taux, induite par l’infléchissement de certains paramètres influant sur le niveau des taux d’intérêt (coût des ressources, baisse des frais généraux, baisse du coût du risque, etc.), «est plus significative pour les grandes entreprises». N’empêche, la tendance baissière des taux est irrévocable du fait de l’intensification de la concurrence au sein du système bancaire. Enfin, signalons qu’aujourd’hui, plusieurs banques ont mis en place des guichets dédiés aux entreprises, et particulièrement aux PME, et ont étoffé leurs offres produits et services en les adaptant aux besoins et spécificités des PME tout en réduisant et de manière substantielle les taux d’intérêt.  

Moussa Diop

Programme des rencontres régionales
Fès Samedi 2 décembre 2006
Tanger Samedi 9 décembre 2006
Oujda Samedi 16 décembre 2006
Laâyoune Samedi 23 décembre 2006
Agadir Samedi 6 janvier 2007
Marrakech Samedi 13 janvier 2007
Rabat Samedi 20 janvier 2007
Casablanca Samedi 27 janvier 2007 



 

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