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Assurance et réassurance des catastrophes naturelles en Afrique : Mise en place des régimes obligatoires d’assurances face aux d

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L’amplification de la fréquence des catastrophes naturelles –tremblement de terre, inondations, sécheresse, ouragans, tsunami, invasion acridienne, etc.- qui frappent le continent africain et leur potentialité de destruction énorme dépassent largement le plafond des indemnisations que permettent les formules classiques d’assurances, si indemnisation il y a, suscitent de vifs débats entre Pouvoirs publics, compagnies d’assurance et de réassurance et société civile. Dans ce cadre, le centre Africain des Risques Catastrophiques (CARC), en collaboration avec la Banque Mondiale, l’Organisation des Assurances Africaine (OAA) et la Société Centrale de Réassurance (SCR) –filiale de la Caisse de Dépôt et de Gestion, Maroc-, a organisé les 13 et 14 novembre 2006 à Casablanca une conférence régionale portant sur le thème: “L’Assurance et la Réassurance des Risques de Catastrophes Naturelles en Afrique”.
Dans son discours de bienvenue, M. Mustapha Bakkoury, Directeur Général de la CDG et Président de la SCR est revenu sur l’exposition du continent aux catastrophes naturelles soulignant “qu’entre 1901 et 2006, pas moins de 65 tremblements de terre dont les plus catastrophiques ont touché l’Afrique du Nord (Agadir et al Hoceima au Maroc, Al Asnam et Alger en Algérie) et 481 inondations ont été enregistrées au niveau du continent causant plus de 40 000 morts, autant de blessés et des dégâts matériels importants”. Si les changements climatiques expliquent en partie la recrudescence de ces catastrophes, “les conséquences de celles-ci ne sont plus acceptables”, fait remarquer M. Bakkoury. Partant, il appelle à “la mise en place d’un nouveau paradigme visant à réduire les coûts sociaux et économiques des catastrophes naturelles au niveau du continent”. Cela passera notamment par “la capitalisation des expériences réussies dans d’autres régions du monde aussi bien au niveau de la prévention que de la couverture des personnes touchées par les catastrophes naturelles”, conclut le Président de la SCR.

Coûts colossaux

Ces solutions sont d’autant plus urgentes que les coûts des dégâts des catastrophes naturelles ne cessent de croître. Ainsi, et au niveau mondial, ceux-ci sont passés de 75,5 milliards de dirhams durant la période 1950-1959 à 660 milliards de dollars pour la période 1990-1999, soit en moyenne environ 74 milliards de dollars par an. Et pour 2005, tiré par l’impact de la catastrophe de Katrina, la facture des catastrophes naturelles est montée à plus de 81 milliards de dollars.
Sur le continent africain, où les catastrophes naturelles sont permanentes, particulièrement la sécheresse, l’impact est plus significatif en ce sens que les Etats sont incapables de faire face à ces événements qui se traduisent souvent par une paupérisation accrue des populations, l’exode rural, et des conséquence économiques et environnementales difficilement chiffrables. Les réponses apportées à ces catastrophes dans le cadre des approches “post-désastre” “ont montré leurs limites et leur inefficience sur le plan macro-économique du fait que les Etats touchés sont souvent obligés de réallouer leur budget pour faire face aux effets des catastrophes” a de sa part souligné M. Olivier Mahul. Partant, et du fait du lourd tribu que payent les agriculteurs lors des sécheresses et de la permanence de celles-ci, M. Ahmed Zinoun, Administrateur Délégué de la SCR et Président du CARC, fait remarquer que “la mise en place d’un système d’assurance agricole doit être généralisée pour assurer un revenu aux agriculteurs durant les années difficiles”. Pour cela, et partant du principe de solidarité national, il importe aux participants “de proposer des solutions idoines aux pouvoirs publics, aux compagnies d’assurance et à la société civile”, ajoute t-il.

Partenariat Public-Privé

Il n’en demeure pas moins que tous les intervenants sont d’accord sur un fait essentiel que le faible développement des marchés financiers et l’état des finances publiques de la plupart des pays africains constituent des limites à la mise en place des systèmes de gestion des risques catastrophiques efficients à même d’atténuer l’impact négatif des catastrophes naturels. Pour y remédier, une plus grande implication des pouvoirs publics, des compagnies d’assurances et de réassurance et de la société civile est recommandée par tous les intervenants. Ainsi, et partant d’un système de solidarité, et selon certaines expériences, les législateurs de plusieurs pays ont mis en place des systèmes originaux d’indemnisation des dommages des catastrophes naturelles. La place de l’Etat est centrale dans ce dispositif et se justifie essentiellement par les limites de l’“assurabilité”. L’Etat jouera ainsi un rôle de tampon en cas de survenance de catastrophes naturelles provoquant des dégâts matériels aux coûts financiers importants à même d’entraîner des déséquilibres au niveau des secteurs des assurances. En France par exemple, la Caisse Centrale de Réassurance (CCR), contrôlé entièrement par l’Etat français, offre aux compagnies d’assurances et de réassurance des couvertures illimitées grâce à la garantie de l’Etat. Toutefois, si les pays développés sont à même de faire face aux conséquences des catastrophiques naturelles, les pays en développement, par contre, avec leurs moyens limités, ne peuvent supporter le coût de ces catastrophes. Partant, les intervenants appellent de leur voeux la mise en place de partenariats Publics-Privés pour le financement des catastrophes naturelles. Cela ressort d’ailleurs dans le cadre du projet de couverture de mise en place du régime de couverture des risques catastrophiques au Maroc. Ce projet prévoit ainsi, dans son volet allocataire, la possibilité aux victimes des événements naturels qui ne disposent pas de couverture, de bénéficier des indemnisations ou des allocations du Fonds national de solidarité créé dans ce cadre. Ce Fonds, géré par la SCR, devra bénéficier des concours financiers des compagnies d’assurances, des régies de distribution d’eau et d’électricité, des sociétés exploitant les autoroutes, les aéroports, les ports, les chemins de fer, les réseaux de télécommunication,  etc. En plus, il pourra faire appel à l’épargne publique en bénéficiant de la garantie étatique.

Moussa Diop

Le Centre Africain des Risques Catastrophiques (CARC)
Le CARC est une entité de l’Organisation des Assurances Africaines (OAA) créée en juin 2004 à Tunis, en partenariat avec la CNUCED et la Banque Mondiale. Il a pour mission de coordonner les activités d’intérêt commun aux membres l’OAA pour développer l’assurance et la réassurance des risques catastrophiques et promouvoir la prévention et la protection contre ces risques en Afrique. Dans ce cadre, il:
- assiste les Pouvoirs publics et les compagnies d’assurance et de réassurance africaines dans le développement de produits et de programmes de couvertures assurantielles des risques catastrophiques;
- contribue à la sensibilisation du public dans les pays africains sur la nécessité des couvertures d’assurances des risques catastrophiques en favorisant l’évolution de la couverture assurantielle;
- aider à la promotion des pôles de compétences africaines dans les métiers directement liés au développement des assurances des risques catastrophiques (modélisation des risques, tarification,, réglementation, technologies d’information, etc.
- faciliter les partenariats interafricains et les coopérations internationales en offrant un lieu permanent d’échange d’expériences et de coopération économique et technique;
- encourager la recherche et la promotion de méthodes visant à réduire et à prévenir les risques catastrophiques.



 

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