A force de persuasion et de sensibilisation au sujet de la tendance baissière du Taux maximum des intérêts conventionnels (TMIC) des établissements de crédits et par ricochet de son impact négatif sur les conditions d’exploitation des sociétés de crédit à la consommation, les professionnels du secteur du crédit à la consommation, regroupés au sein de l’APSF (Association Professionnelle des Sociétés de Financement), semblent finalement entrevoir une lueur d’espoir sur leur principale revendication martelée au cours de ces dernières années lors de toutes les rencontres avec les autorités de tutelle. En effet, et pour la première fois depuis son instauration en avril 1997, le TMIC a vu sa tendance baissière s’inverser au mois d’octobre 2006 en remontant à 14 %, contre 12,90 % auparavant. Avant cette inversion de tendance, et suite à une succession de baisses, le TMIC, plus communément appelé TEG (Taux effectif global) est passé de 20,42 % en avril 1997 à 12,90 % en avril 2006, perdant au passant 7,52 points. Cette chute inexorable s’est traduite par une pression sur les marges des opérateurs se traduisant par une fragilisation des sociétés du secteur, particulièrement pour les entités qui ne sont pas adossés à des groupes financiers solides leur assurant des coûts de refinancement faibles. Face à cette donne, les professionnels du secteur s’étaient résolus à écarter de leur champ certains clients présentant des profils de risque relativement plus élevés (artisans, chauffeurs de taxis, commerçants, etc.) et/ou à octroyer des crédits de petits montants (crédits inférieurs à 5 000 dirhams) qui sont coûteux, en attestent les taux appliqués par le micro-crédit, même si comparaison n’est pas raison. A titre d’exemple, font remarquer les professionnels, en France, les taux appliqués aux crédits à la consommation pour de petits montants varient entre 20 % et 25 %.
Nouveau mode de calcul
De l’avis des professionnels du secteur, le nouveau TMIC de 14 %, en vigueur depuis le 1er octobre 2006, a l’avantage d’arrêter “l’hémorragie” mais ne résout pas le cœur du problème. Et pour cause, les autorités n’ont pas réellement, à leur avis, touché le fond du problème. Certes un nouveau mode de calcul a été adopté. Le nouveau taux est ainsi défini sur la base d’un taux moyen pondéré des crédits à la consommation (TPMcc), majoré de 200 points de base et de la variation des taux des dépôts à terme (TMIC= TMPcc + 200 pbs + variation des taux des dépôts à terme). Si la nouvelle formule est plus avantageuse que l’ancienne, la remontée du TMIC en est une illustration, il n’en demeure pas moins que partant du fait que la détermination du TMPcc repose sur les crédits à la consommation octroyés aussi bien par les sociétés du secteur que ceux accordés par les banques, celui-ci est appelé à reprendre son trend baissier sous l’effet des banques qui, concurrence oblige, multiplient des offres à des taux inférieurs à 10 %. En plus, les banques croulant sous l’effet de surliquidités structurelles rechignent de plus en plus les dépôts à terme, ce qui ne manquera pas de tirer les rendements de ces taux vers le bas. Face à cette situation, et afin de résoudre définitivement le problème du TMIC, les professionnels souhaitent la définition d’un taux par nature de crédit, de risque et par montant, soulignant qu’ainsi le secteur pourra promouvoir certaines formules de crédits à même d’intéresser une plus grande frange de la population.
Moussa Diop
Le crédit à la consommation en chiffres
Le crédit à la consommation (prêt personnel, découvert bancaire, crédit renouvelable, location avec option d’achat, etc.), distribué aussi bien par les banques que les sociétés de crédit à la consommation, constitue une composante essentielle importante de l’endettement des ménages avec une part de 34 % de celui-ci en 2005. L’encours global des crédits à la consommation des établissements de crédit était estimé à 36,4 milliards de dirhams à fin 2005, soit 12 % du total des concours à l’économie.
En 2005, les crédits distribués uniquement par les sociétés de crédit à la consommation ont atteint 12,4 milliards de dirhams en hausse de 17 %, par rapport à l’exercice précédent, portant l’encours du secteur à 23,8 milliards de dirhams.