La mobilisation de l'épargne a toujours été considérée comme l'un des objectifs fondamentaux des réformes du secteur financier au Maroc. Lors de la déclaration gouvernementale du Premier, ministre M. Driss Jettou, l'impératif d'accroître l'épargne à un niveau à même d'assurer une croissance forte, soutenue et créatrice d'emplois productifs a été rappelé. Pour y arriver, la stratégie adoptée devrait s'articuler autour de deux axes principaux: l'augmentation du taux d'épargne de près de 4 à 5 points de PIB à l'horizon 2007 et le renforcement de la part de l'épargne mobilisée, notamment celle à moyen et long terme. Dans cette stratégie, les banques sont appelées à jouer un rôle central en matière de collecte d'épargne. Elles sont appelées à élargir leur couverture du territoire afin de contribuer à l'amélioration de la bancarisation de l'économie marocaine jugée encore très faible et permettre ainsi le drainage des importants gisements d'épargne.
Afin que les objectifs fixés ne restent pas une fois encore au stade de vœux pieux, le ministère des Finances et de la Privatisation a souhaité concrétiser certaines mesures jugées nécessaires pour permettre une plus grande mobilisation de l'épargne par les banques.
Des produits incitatifs
C'est ainsi qu'il a été procédé dernièrement au relèvement du plafond auquel sont soumis actuellement les comptes sur carnet. Désormais, les épargnants disposant d'un compte sur carnet ont la possibilité d'effectuer des versements, au rythme de leur moyen, et ce jusqu'à un plafond de 300 000 dirhams, contre 150 000 auparavant. Ces comptes, qui ne sont pas mobilisables par chèque ou cartes bancaires sont rémunérés au taux réglementaire en vigueur qui est de 2,15 %. Outre le relèvement du plafond à 300 000 dirhams, les autorités envisagent de réduire la durée minimale des dépôts à terme de 3 mois à 1 mois seulement et ce dans l'optique, dit-on au niveau du ministère des Finances, de renforcer la concurrence bancaire au niveau de la collecte de l'épargne.
Seulement, si ces mesures peuvent favoriser d'une certaine manière la mobilisation de l'épargne, il n'en demeure pas moins qu'elles n'assurent pas vraiment le drainage d'une épargne longue à même de contribuer au financement de l'investissement productif créateur d'emplois. A ce niveau, les autorités tergiversent encore. Si l'épargne-logement, l'épargne institutionnelle et le placement boursier sont considérés comme des instruments à même de contribuer à la collecte d'une épargne longue indispensable pour une croissance dynamique, il n'en demeure pas moins que les produits d'épargne incitatifs fiscalement tardent à voir le jour au grand dam des épargnants, investisseurs et professionnels du marché financier. Tout le monde a encore en tête l'engouement qu'avait suscité l'annonce de la mise en place des Plans d'épargne en Actions (PEA) avant que la mouture présentée par les autorités ne désenchante le microcosme financier. Aujourd'hui, l'attentisme des investisseurs est grand. Le développement de nouveaux produits tels les PEA, le Plan d'épargne salarial et le Plan d'épargne logement, fiscalement avantageux constitue une nécessité pour le décollage de l'économie marocaine où le taux d'épargne reste encore à un niveau faible.
MD