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Loi de Finances 2007 : La mise en place au Maroc d’une politique économique

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En effet, la situation financière de l’Etat s’est beaucoup améliorée depuis le début de la décennie 2000 lui permettant de plus en plus de prendre les mesures d’accompagnement nécessaires à la réalisation de ses objectifs. Sans revenir sur les années budgétaires difficiles durant lesquelles le Maroc connaissait de grosses difficultés au point de devoir se soumettre à un Programme d’Ajustement Structurel sous le contrôle du FMI tout au long de la décennie 80, le Budget de l’Etat, dans les années qui ont suivi, a continué d’être un simple descriptif des dépenses de fonctionnement et des recettes fiscales. Il mettait seulement en exergue un déficit financé par une dette publique, extérieure et intérieure, croissante. C’est ainsi que la définition d’une politique économique traduite par des orientations stratégiques appuyées par des incitations fiscales n’existait pas.
Aujourd’hui, un tel constat n’est plus de mise. L’Etat est devenu entrepreneur et investisseur à travers la réalisation de grands travaux d’infrastructure. Le budget d’investissement, qui fut longtemps insignifiant, passe de 21 à 26 milliards de dirhams pour 2007, augmentant ainsi de 21 %.  Il s’appuie, en outre, sur des orientations sectorielles bien définies et financées par des budgets conséquents.
En outre, M. Oualalou, dans le projet de Loi de Finances pour 2007, lance une politique d’incitations à la consommation des ménages en accordant à une classe moyenne naissante des faveurs fiscales sous forme de baisse d’impôt sur le revenu, pour accélérer son développement. Car le nouveau barème de l’IR élèvera le niveau d’exonération pour les petits, améliorera le pouvoir d’achat des couches moyennes et, en troisième lieu, incitera et motivera les cadres qui sont d’un bon niveau. Pour quelqu’un, par exemple, qui dispose de 3548 Dh, la réduction d’impôt sera de 26, 9 %, alors que celui dont le salaire se situe entre 4150 Dh et 12 166 Dh bénéficiera d’une réduction variant entre 21% et 9,2 %. Le contribuable se situant entre 13 000 Dh et 21 333 Dh, bénéficiera d’une carotte fiscale de 8,8 %  à 6,9 %. 
Cette révision prochaine à la baisse des taux de l’IR, marquée également par le relèvement du seuil d’exonération de 20 000 Dh à 24 000 Dh et l’abaissement de 2 points du taux marginal, est déjà bien comprise et bien accueillie au sein de l’opinion publique. Et ce, même si, au plan relatif, ce sont les petits contribuables qui y gagneront le plus, le gain en absolu dépendant du niveau du revenu.
Si le coût pour le Budget de l’Etat de telles mesures est de 2,5 milliards de dirhams, les effets sur la consommation des ménages n’est pas mesurable à ce stade des premières incitations à la consommation des ménages.  Mais, comme le dit M. Oualalou, « notre analyse n’est pas statique, elle est plutôt dynamique ». On assiste ainsi à une redynamisation par l’Etat des facteurs keynésiens de croissance économique que sont l’investissement et la consommation.
Pourtant, une politique économique cohérente et pérenne suppose impérativement une double condition. Elle ne peut être possible qu’à la condition d’une amélioration incontestable de la situation économique, et d’autre part, elle constitue  elle-même un outil de cette amélioration. En effet, c’est la hausse du PIB qui expliquerait les propositions de mesures d’allègements fiscaux du ministre des Finances. Une croissance du PIB, en 2006, qui devrait se situer entre 7,3 % et 7,5 % avec un PIB non agricole à 5 %, marquant désormais l’affirmation de son autonomie par rapport aux aléas climatiques et partant de la croissance.
D’ailleurs, la croissance moyenne du PIB de 4,9 % entre 2001 et 2006 prouve que la base de l’édifice se solidifie. Et si le Produit Intérieur Brut, dénominateur commun de tous les agrégats macroéconomiques, s’améliore durablement, les conditions de toutes les réformes seront créées.  Et la baisse des taux de l’Impôt sur le Revenu, une mesure à la connotation sociale indéniable, n’a été rendue possible que par l’évolution positive de l’économie nationale.
Un tournant économique se confirme au Maroc et il profitera de plus en plus à tous les citoyens !       

Afifa Dassouli



 

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