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Secteur bancaire : L’encours des crédits immobiliers particuliers en hausse de 6,07 % à 57,06 milliards de dirhams

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Selon les statistiques définitives publiées par le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) et relatives à l’activité du secteur bancaire à fin avril 2006, on note globalement, une faible progression des ressources bancaires et une légère contraction des emplois durant les quatre premiers mois 2006. Les ressources des établissements bancaires se sont établies à 388,93 milliards de dirhams, en amélioration de 1,24 %. Plus de 95 % des ressources sont constituées de dépôts de la clientèle dont la structure montre la prédominance de l’apport des comptes chèques en progression de 3,45 % à 150,76 milliards de dirhams. Cette hausse s’explique en partie par l’augmentation sensible des ouvertures de comptes au niveau des guichets bancaires. En effet, face à la faible bancarisation au niveau du Royaume, les banques font d’énormes efforts pour appâter une clientèle potentielle encore nombreuse en jouant notamment sur la proximité, qui se traduit notamment par la multiplication d’ouverture d’agences. Loin derrière, les ressources provenant des comptes courants et des comptes d’épargne se sont également appréciées respectivement de 2,83 %, à 60,62 milliards de dirhams, et 3,77 %, à 50,38 milliards de dirhams. Par contre, les dépôts à terme ont reculé de -2,33 % pour ressortir à 96,66 milliards de dirhams. A noter qu’environ 38 % des dépôts à terme, soit 36,68 milliards de dirhams, concernent ceux des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Cette baisse peut s’expliquer par les arbitrages faits par les épargnants au profit d’autres produits de placement plus rémunérateurs tels les investissements au niveau du marché boursier qui génèrent une rentabilité (dividende et plus-values) conséquentes moyennant une prise de risque élevée, certes.

Coefficient d’emploi de 71,65

Du côté des emplois, on note une légère contraction de -0,53 % à 278 ,66 milliards de dirhams. De ce côté également, ce sont les créances sur la clientèle qui s’accaparent plus de 91 % des crédits à l’économie distribués par les banques. Les crédits d’équipement, qui sont des crédits à moyen et long terme visant l’acquisition de terrains, d’outils de production nécessaires à la création et/ou le développement des entreprises…, ont enregistré un léger recul de -0,32 % à 54,22 milliards de dirhams. Par rapport à la même période de l’exercice précédent, la progression de cette catégorie de crédit a été de 3,27 %. Reste qu’en l’absence de données détaillées sur l’affectation précise des crédits d’équipement, il reste difficile de se faire une idée quant au regain de confiance des acteurs économiques. Si pour les quatre premiers mois de l’année en cours, les crédits d’équipement ont légèrement baissé, les observateurs tablent sur un certain regain d’intérêt des opérateurs économiques pour l’investissement. En effet, plusieurs facteurs se sont liguées aujourd’hui pour favoriser l’acte d’investir. A commencer par la conjoncture économique plutôt favorable. La bonne année agricole, la bonne tenue des secteurs non agricoles -commerce, BTP, transport, communication, etc.-, l’impact des réformes entreprises au cours de ces dernières années et l’effet des politiques de grands travaux ont stimulé la croissance économique du Royaume. Ainsi, à prix courant, le PIB au titre du premier trimestre a augmenté de 9,3 % par rapport à la même période de l’année précédente et le Plan table même sur un taux de croissance du PIB de 7,3 % en 2006. cette croissance devrait donner plus de visibilité aux opérateurs économiques et les inciter à investir. Par ailleurs, l’intensification de la concurrence au niveau du secteur bancaire et qui commence à se traduire par une baisse des coûts de financement des entreprises ne manquera pas d’impacter positivement sur l’investissement des entreprises. Sur ce point, la décision prise dernièrement par le Groupe Banques Populaires et visant à ramener le taux des crédits d’investissement à 5,50 % constitue certainement un élément psychologique important à même de redonner aux opérateurs économiques le goût d’investir. Cette initiative qui intervient dans un environnement bancaire marqué par une surliquidité structurelle du système ne manquera pas de faire des émules au niveau du secteur au grand bonheur des dirigeants d’entreprises, particulièrement des PME. Par ailleurs, la création par les banques de centres d’affaires dédiés aux entreprises, particulièrement aux PME qui constituent plus de 92 % du tissu industriel national, montre la volonté claire affichée par les banques d’accompagner les entreprises dans leurs processus d’investissement. 
Si les crédits d’équipement ont affiché une légère décélération durant ces quatre premiers mois de l’année 2006, ce ne fut pas le cas pour les crédits immobiliers. Ces crédits, consentis par les banques pour financer l’acquisition d’une résidence principale ou secondaire ou des travaux importants dans l’une ou l’autre continuent à afficher des taux de croissance appréciables. La concurrence acharnée que se livrent les banques sur ce créneau à travers des offres plutôt alléchantes -taux relativement bas, quotité de financement atteignant parfois les 100 %, durée de remboursement supérieure à 20 ans ..., et la forte demande se sont traduites par une hausse de l’encours des crédits immobiliers particuliers de 6,07% à fin avril 2006 pour ressortir à 57,06 milliards de dirhams.
Enfin, le repli des crédits à l’économie (-0,53 %) combiné à l’appréciation, légère certes, des ressources bancaires (1,24 %) s’est traduit par une baisse du coefficient d’emplois de -1,75 % à 71,65%.

Moussa Diop

12,4 milliards de dirhams de créances en souffrances nettes de provisions et d’agios réservés

Depuis le début de l’année, les créances en souffrance du secteur bancaire ne cesse de baisser. Les créances en souffrance nettes de provisions et d’agios réservés ont chuté de -16,76 % pour ressortir à 12,38 milliards de dirhams à fin avril 2006. Cette forte baisse s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs dont l’impact positif des politiques de recouvrement des créances en souffrance, entreprises par les établissements bancaires de la place, la sélectivité des banques en matière d’octroi de crédits et de la volonté affichée par les banques à nettoyer leurs bilans pour se conformer aux nouvelles exigences de Bank Al-Maghrib. Ainsi, et sur ce dernier point, on peut signaler que les banques n’ont pas ménagé leurs efforts en matière de provisionnement au cours de ces dernières années. Même si celles-ci ont enregistré une baisse de -12,48 % depuis le début de l’année, elles s’établissent tout de même à 26,8 milliards de dirhams à fin avril 2006. En tenant compte des agios réservés sur la clientèle de 5,07 milliards de dirhams, le taux de couverture des créances en souffrance ressort à 68,29 %, en baisse de -8,20% par rapport au niveau de couverture en fin 2005.



 

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