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Les petits porteurs exclus des OPV à la Bourse de Casablanca

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Mais, au-delà de l’aspect fiscal, les sociétés commencent à utiliser le marché comme une source de financement puisque les introductions en bourse par augmentation de capital sont les plus fréquentes. En outre, le marché financier concurrence de mieux en mieux les crédits bancaires comme en témoignent les baisses de taux d’intérêt.  Du côté de la demande, on peut également faire le constat que les souscripteurs se diversifient du fait que les OPCVM sont désormais des institutionnels à part entière, aux côtés des traditionnels zinzins que sont les caisses de retraite, les compagnies d’assurances et les banques. Enfin, les personnes physiques gros porteurs sont considérés aujourd’hui comme des acteurs à part entière. En effet, si avec la réforme du marché boursier en 1993 et la vague des privatisations qui s’en suivi, les petits porteurs étaient une cible privilégiée pour les introductions en bourse, cette catégorie d’acteurs est désormais quasiment négligée.
Finies les décotes sur les prix d’introduction pour inciter tout particulièrement les "petits porteurs" à devenir actionnaires des sociétés cotées. Évacués les arguments économiques selon lesquels il fallait développer l’épargne pour en faire une source de financement classique FBCF (formation brute de capital fixe) de l’investissement.
Et surtout, disparue la volonté de cultiver cette catégorie d’intervenants à la Bourse pour en démocratiser et populariser l’accès et créer une catégorie d’intervenants dynamiques et utiles pour un marché boursier, celle des spéculateurs.
On aurait pu, certes, croire le contraire en considération de la tranche réservée aux personnes physiques, qui reste importante dans les OPV atteignant parfois les 40 % de l’opération, sauf que le montant de souscription autorisé peut atteindre, comme dans le cas de Addoha, 30 000 titres ou 17,5 millions de dirhams. Avec de tels montants, on peut raisonnablement devenir de très gros porteurs, même si le taux de satisfaction est faible. Et cette catégorie de gros actionnaires personnes physiques est dorénavant reconnue et recherchée. Elle intègre les calculs préalables de réussite d’une opération d’introduction en bourse. De la même manière que l’on compte plus sur les institutionnels que sur les personnes physiques parce que l’on sait que les premiers peuvent drainer de gros montants de souscriptions, on s’appuie pour la même raison sur les personnes physiques gros porteurs, connus pour détenir de gros portefeuilles de titres.
Quid alors des petits porteurs en faveur desquels un minimum d’actions servies était imposé dans les OPV ?
En effet, dans la préoccupation de la création d’une catégorie d’intervenants en bourse "petits porteurs", la tranche qui leur était réservée imposait un minimum servi à l’ensemble des souscripteurs dans un premier temps. Et dans un second temps, les demandes supérieures étaient satisfaites au prorata des actions disponibles. En janvier 2006, une circulaire du CDVM a interdit le minimum servi pour éviter les utilisations de cartes nationales multiples et des procurations de complaisance. Cette nouvelle réglementation a ouvert aux personnes physiques la possibilité de souscrire le maximum autorisé et  sur plusieurs comptes bancaires d’ailleurs, pour s’assurer le plus grand nombre d’actions attribuées. Résultat, la sur-souscription d’une OPV, laquelle se traduisait par un nombre  important de souscripteurs, se mesure aujourd’hui uniquement par l’importance des volumes. Mais surtout, dans la catégorie des personnes physiques, on ne distingue plus les petits porteurs. On constate que ces derniers, eu égard à la définition qui leur a été donnée au moment des privatisations, participent peu directement aux OPV. Dans certains cas, les souscriptions de moins de 100 actions, qui peuvent représenter beaucoup d’argent pour un petit porteur, ne sont même plus traitées.
Il serait donc plus logique et plus bénéfique qu’ils s’orientent vers les OPCVM, lesquels exerceraient ainsi pleinement leur rôle de collecte de l’épargne et de gestion collective, en principe donc moins risquée et plus rentable.

Afifa Dassouli



 

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