Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Finance
Bourse de Casablanca : Les «bienfaits» de la correction boursière !

Auteur :

A la même période de l’année dernière (le 09 mai 2006), le marché boursier avait vacillé après un rallye boursier exceptionnel. Cette année, on peut parler plutôt d’un mini-crash tant que la chute des indices du marché a été brusque et forte. En effet, alors que tous les analystes prévoyaient une année de consolidation, les indices MASI et MADEX de la place casablancaise glanaient des performances annuelles respectives de 34,22 % et 34,75 % à la veille du retournement de la situation. Certains dirons que la coupe était trop pleine. Le marché devenait cher et les cours des sociétés cotées déconnectées de leurs fondamentaux. On n’avait l’impression qu’une course au plus haut cours s’était engagée entre certaines valeurs de grande capitalisation, particulièrement les bancaires. D’ailleurs, c’est lorsque celles-ci (Attijariwafa bank, BMCE et BCP) ont cassé le seuil psychologique des 3 000 dirhams l’action que le marché a vacillé. D’ailleurs, dans sa dernière livraison, les analystes d’Attijari Intermédiation recommandent le secteur à la vente estimant «la surcote des banques marocaines à un niveau moyen de 35 %». Les bancaires ne sont pas les seules valeurs concernées par la flambée des cours. C’est le cas également des cimentiers qui tirent certes leur dynamique d’une conjoncture sectorielle très favorable. N’empêche, l’inflation des cours était tellement déconnectée des fondamentaux de certaines valeurs que beaucoup n’hésitaient plus à parler de hausses artificielles. Partant, il fallait s’attendre à une correction du marché. La diffusion des premières notes de recherche recommandant des titres phares de la place à la vente a contribué à précipiter une chute qui n’attendait qu’un effet déclencheur. Et la suite on l’a connaît. Les prises de bénéfices, l’effet moutonnier des investisseurs et la volonté de certains de tirer les cours vers le bas pour mieux profiter d’un nouveau rebond du marché ont fait le reste. Le mouvement vendeur a été tel que le marché a enregistré un volume global de 8 673,5 MDH en cinq séances, soit un volume moyen quotidien de 1 735 MDH! Du coup, et en l’espace de 4 séances –du 09 au 14 mai-, les indices MASI et MADEX ont effacé plus de 50 % de leurs gains cumulés depuis le début de l’année, ramenant leurs performances annuelles à respectivement 16,89 %, à 10 975,88 points, et 16,73 %, à 9 039,44 points. Toutes les grosses capitalisation ont laissé des plumes durant cette correction. Les titres Ciments du Maroc, BCP, Afriquia Gaz et Lafarge ont ainsi cédé respectivement 20,23 %, 19,32 %, 19,10 % et 18,98 %. Du coup, la capitalisation boursière de la place s’est effritée de 72,95 milliards de dirhams en quatre séances pour ressortir à 476,72 milliards de dirhams.
Pour beaucoup, cette correction est salutaire en ce sens où elle a permis de ramener les cours des sociétés à des niveaux plus ou moins correctes et accessibles à beaucoup de bourse. Toutefois, pour les petits investisseurs qui se sont introduits sur le marché lorsque les cours étaient à leur plus haut niveau et qui se sont précipités pour liquider leurs positions pour limiter leurs pertes, c’est le cauchemar. Outre  le fait qu’ils aient essuyé des pertes, le marché a repris sont mouvement haussier. Ainsi, en cours de séance du mercredi, le marché affichait un gain de plus de 3 %. Cette soudaine reprise du marché est expliqué par un certain nombre de facteurs. Outre l’effet baissier des cours rendant le marché plus attrayant, la surliquidité qui prévaut au niveau de la place, entretenu dernièrement par les distributions généreuses de dividendes dont les premiers détachements de coupons ont été encaissés par certains actionnaires, alimentera un nouveau mouvement acheteur. En effet, les investisseurs n’ont pas beaucoup de choix en ce sens où les placements alternatifs à même d’offrir des rendements conséquents sont presque inexistants. Par ailleurs, bien que les cours soient  un peu déconnectés des fondamentaux des sociétés cotées, il n’en demeure pas moins que les valeurs cotées ont montré leur capacité à générer de la valeur pour leurs actionnaires comme en attestent les bonnes performances qu’elles ont enregistré en 2006. Bref, pour nombre d’investisseurs, ce mini-crash est déjà une vielle histoire. 

Moussa Diop



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com