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Arcélor Mittal, une nouvelle donne pour Sonasid ?

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Arcélor Mittal sera donc désormais l’un des cinquante premiers groupes mondiaux, au chiffre d’affaires cumulé de plus de 60 milliards d’euros, qui étendra sa zone d’activités sur la plupart des continents du globe, d’Asie en Afrique, d’Amérique en Europe, en employant plus de 32 000 salariés.
Lakhsmi Mittal, qui a montré sa persévérance et sa pugnacité en cette affaire, obtient 49, 4 % du capital de la nouvelle entité dont 43 % pour lui-même et sa famille tandis que les actionnaires d’Arcélor détiendront 50,6 %  du nouveau groupe qui produira 116 millions de tonnes d’aciers par année.
L’opération devrait donc être finalisée le 5 juillet prochain, malgré les récriminations du russe Severstal qui continuait d’affirmer au lendemain de l’accord qu’Arcélor était tenu de respecter les engagements pris au moment où le dirigeant du groupe sidérurgique installé au Luxembourg, M. Guy Dollé, avait imaginé faire appel au groupe d’Alexeï Mordachov afin de contrer l’OPA de Mittal.
Au final, les actionnaires d’Arcélor sortent gagnants de cette opération puisque l’offre de Mittal a quasiment doublé depuis le lancement de l’Opa à la fin de janvier dernier et que le cours de l’action du géant de l’acier européen continue de grimper sur les places boursières, prenant plus de 8 % à la Bourse de Paris le lundi 26 juin dernier.
Mittal Steel, qui détiendra désormais six sièges sur les dix-huit du nouveau conseil d’Administration, continuera d’avoir les coudées franches dans ses propres entreprises, mais conservera le management et les méthodes de gestion pour les entités issues de l’ancien Arcélor.

Arcélor Mittal et le Maroc

Mittal Steel vient ainsi au premier rang de la scène sidérurgiste internationale. Elle est certainement très peu connue au Maroc, tout comme elle l’était encore à l’échelle mondiale, il y a à peine deux ans, puisqu’elle n’a été créée qu’en octobre 2004. C’est dans les années 70 que Lakhsmi Mittal, le propriétaire de la multinationale à plus de 87 %, a entrepris de développer son entreprise familiale " Ispat ", qui signifie acier en Hindi, en menant une politique très agressive d’acquisitions
Et c’est avec la fusion-acquisition de  l’opérateur américain ISG, qui représente 40 % du marché de la sidérurgie des Etats-Unis, que Mittal Steel est né. Aujourd’hui, Mittal Steel est un grand mondial du marché de l’acier et pèse 58 millions de tonnes de production par an. Arcélor, de son côté, est par contre plus connu chez nous, puisqu’il détient depuis quelques semaines 50 % du holding NSI présidé par Pierre Frentzel, laquelle détient 64,99% du capital de Sonasid, la première société de sidérurgie au Maroc, filiale du groupe ONA aux côtés  de la SNI et des institutionnels  marocains ex-actionnaires de Sonasid comme CIMR, RMA Watanya, AXA Assurance Maroc, MAMDA MCMA  et Attijariwafa bank.
Pour mémoire, Arcélor est né en 2002 de la fusion de la société française Usinor, la luxembourgeoise Arbel et Acéralia l’Espagnole, laquelle était actionnaire de la Sonasid, elle-même cotée à la Bourse de Casablanca.
Pour en venir à l’intérêt que représente pour notre pays une telle opération, il serait intéressant d’évaluer les conséquences qui pourraient en découler pour le secteur marocain de la sidérurgie dans son ensemble et Sonasid en particulier. Pour ce, un élément très important nous interpelle. En effet, l’union de ces deux ténors de la sidérurgie mondiale, qui pèsent ensemble plus de 116 millions de tonnes d’aciers par an, soit 11 % du marché mondial, entraîne un atout de complémentarité géographique. Arcélor est surtout présent en Europe de l’Ouest et en Amérique du Sud alors que Mittal Steel est puissant en Amérique du Nord, en Europe de l’Est, en Asie, en Afrique et au Maghreb. En effet, Mittal Steel contrôle 70 % du complexe de Haja à Annaba en Algérie, et s’intéresse à toutes les sociétés de transformation qui fabriquent des produits élaborés en acier et qui appartiennent encore à des Etats. Mittal a une stratégie africaine qu’elle a développée d’abord en Afrique du Sud où elle contrôle un opérateur qui pèse 7 millions de tonnes, au Nigeria et dans d’autres pays encore où les marchés sont vierges et possèdent de surcroît des matières premières.
Le Maroc peut présenter un intérêt certain pour le futur mastodonte créé par ce rapprochement entre Arcélor et Mittal, alors que  le nouveau groupe détiendra désormais 50 % du capital de NSI citée plus haut, et qu’existent d’autres opérateurs locaux comme Maghreb Steel, Univers Acier, une société turque en association avec  M. Azmi et qui se développe depuis trois ans dans la périphérie de Casablanca et Tout Fer, une société italienne récemment installée.
En effet, le contexte national a évolué d’une situation de quasi-monopole détenu par Sonasid à un marché restructuré de 1,5 million de tonnes, où prévaut une concurrence saine. Cette situation est considérée comme transitoire et peut évoluer au gré des changements mondiaux qui s’opèrent dans ce secteur.
Le Maroc est ainsi concerné par ce rapprochement entre les deux plus grands groupes sidérurgiques mondiaux. D’abord, parce la participation d’Arcélor dans Sonasid  passe entre les mains d’un nouveau groupe où Mittal Steel aura son mot à dire et, secundo, parce qu’il semblerait normal que celui qui vise la première place mondiale et qui est déjà présent en Afrique et au Maghreb, s’essaye à intégrer dans son univers d’autres sociétés marocaines et de pays voisins comme la Tunisie où il est encore absent.

Afifa Dassouli



 

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