| | Articles » Finance | | Bourse des Valeurs : Addoha, les introductions se suivent et ne se ressemblent pas |
|---|
Auteur :
Primo, on pourrait s’étonner du pourcentage de capital introduit en bourse, sachant que la règle imposant un minimum de titres pour être coté sur le premier marché représente un pourcentage de capital bien inférieur à celui qui est proposé par Addoha aux investisseurs institutionnels et aux personnes physiques. Secundo, pour un nombre d’actions de 4 725 000 au prix unitaire de 585 dirhams, c’est la bagatelle de 2 764 125 000 dirhams que M. Séfrioui compte récolter, d’où la nécessité d’avoir de bons arguments pour convaincre de l’attractivité de l’offre les investisseurs et les épargnants. Enfin, le groupe Addoha intervenant à 80 % de son activité dans le secteur des logements sociaux, lequel bénéficie de plusieurs avantages et facilités octroyés par l’Etat en termes de fiscalité notamment, il fallait à M. Anas Séfrioui préciser et justifier, sinon prouver la rentabilité du Groupe Addoha. Pourtant, celle-ci est facile à démontrer. Il s’agit d’une société de promotion immobilière et de construction d’habitat social, (essentiellement), ce qui en fait quasiment une société de services par ses ratios financiers. En effet, sur les trois derniers exercices, le résultat net est supérieur à 30 % du chiffre d’affaires, ( 32, 2 % en 2003, 30, 6 % en 2004 et 31, 9% en 2005), une rentabilité donc qu’on ne trouve pas dans le secteur industriel… De plus, son chiffre d’affaires a pratiquement doublé sur les deux dernières années en augmentant de 34 % entre 2004 et 2003 et de 49, 4% entre 2005 et 2004, alors que son résultat a suivi le même rythme avec des taux de respectivement de 27 % et 40 %. En outre, le business plan du groupe confirme cette tendance et l’accentue même sur les trois prochaines années, 2006 –2008. M. Séfrioui n’a apparemment pas d’autres intérêts apparents à vouloir partager sa richesse avec d’autres actionnaires que celui de hisser Addoha à un niveau de transparence incontesté, d’institutionnaliser son groupe et de donner à son entreprise une nouvelle image, alors que celle, globale, du secteur, est de son aveu même, bien peu reluisante au Maroc ! Et s’il a opté pour une cession de capital, c’est parce que son groupe possède un niveau très élevé de fonds propres et qu’il n’est pas du tout endetté. Mais, dans le même temps, il avance que de grands projets seront prochainement annoncés, lesquels projets pourraient bien profiter de la manne de 2,7 milliards que M. Anas Séfrioui s’apprête à récolter à la Bourse de Casablanca. Du fait donc d’une capitalisation boursière conséquente, le groupe Addoha jouera dans la cour des grands sur le marché boursier de Casablanca, aux côtés de Maroc Telecom, des grandes banques, des holdings, des cimentières, des sociétés établies dans l’agroalimentaire et des futures voire prochaines introductions en bourse dont les compagnies d’assurances comme Atlanta ou encore RMA Watanya et la Royal Air Maroc. Mais à une différence près, immense incontestablement, c’est que le groupe Addoha est l’œuvre entière d’un privé, une seule personne physique. Chapeau, M. Anas Séfrioui… Afifa Dassouli
|
|